Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, réagit à la dixième manifestation qui a eu lieu samedi 19 janvier et aux dégradations constatées dans la ville. L’élu veut exprimer son “ras-le-bol”, alors que la facture des dommages s’élève désormais à 3,5 millions d’euros.

Quelle est votre réaction à cette manifestation et ces débordements ?

Un ras-le-bol complet. C’est un scénario écrit à l’avance. On a beau lancer des appels à la raison auprès des plus responsables des manifestants, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les manifestants organisent une scène de jeu pour les ultras et les casseurs. Il se produit les mêmes débordements contre les services publics, le patrimoine et les biens privés. Et la facture s’alourdit pour le contribuable. Elle est aujourd’hui de 3,5 millions d’euros pour Toulouse. Et l’économie se trouve de plus en plus touchée. Ce mouvement va provoquer des licenciements par dizaines de milliers. 

Les manifestants sont-ils les complices des casseurs ?

Ils ne peuvent que l’être. Ils savent que les manifestations vont déboucher sur de la casse. Malgré ça, ils continuent. Il y a une répartition des rôles : aux ultras, la casse, aux manifestants, la casse sociale. La clientèle de Toulouse a pris l’habitude de ne plus venir. Et derrière les commerces, il y a tout un système économique. Cette casse sociale est organisée par ces manifestants qui pourtant se réclament d’un combat social.

“Indigné et scandalisé”

La façade du Capitole a été dégradée…

Je suis indigné et scandalisé. Le Capitole appartient aux Toulousains. C’est un monument emblématique qui n’est pas un patrimoine comme un autre. Le pouvoir municipal est là depuis très longtemps. C’est un patrimoine civique dans lequel les Toulousains se reconnaissent.

La semaine dernière, une croix gammée y a été taguée…

Ca veut bien dire que l’extrémisme est coupable de tout ça. Les anarchistes aussi. Leur signe y figurait la semaine dernière comme ce samedi. Ils signent leur forfait.

Les commerçants souffrent…

Au-delà des dégâts, c’est ça le drame invisible. Et comme nul ne peut dire quand ce mouvement s’arrêtera, l’atteinte à l’économie et à l’emploi devient une réalité de plus en plus grave. Contrairement à tous les mouvements sociaux, le fait que celui-ci soit sans visage ni organisation ne fait qu’accroître l’angoisse. Tant qu’il n’y a pas d’interlocuteurs, comment traiter les sujets et engager une négociation ? Il y a une volonté de ne pas discuter. Ces gens sont contre la démocratie représentative, ce qu’ils s’appliquent à eux-mêmes. Et cela crée une ambiance d’incertitude totale.


Y avait-il assez de policiers ?

Le préfet en avait demandé. J’en ai demandé à Emmanuel Macron à Toulouse. Nous avons obtenu des moyens comme jamais. Malgré les dégradations spectaculaires, il y a eu moins de casse. La police a, en fait, empêché plus de choses. Il y a d’ailleurs eu 60 interpellations.

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