Après le populaire ancien boxeur Christophe Dettinger, c’est au tour d’Éric Drouet de se présenter devant les juges. Il est convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris ce vendredi, dès 9 heures, pour “organisation d’une manifestation sans autorisation préalable”, début janvier dernier à quelques pas de l’Élysée. Ce médiatique chauffeur routier de Melun avait alors été interpellé durant un rassemblement, sous les flashs de dizaines de smartphones et de caméras.

Un appel lancé pour “une grosse action”

Il faut revenir au lendemain du Réveillon. Dans ses voeux, Emmanuel Macron lance un appel au respect de “l’ordre républicain”. Sa demande ne semble cependant pas atteindre les groupes Facebook des gilets jaunes. Le 2 janvier, Eric Drouet convie ses supporters “à une grosse action”:

“Ce soir, on va faire une grosse action, il faut choquer l’opinion publique. Je sais pas si y en a qui seront avec nous sur les Champs. (…) On va tous y aller sans gilets”, déclare le père de famille dans une vidéo, avant de préciser: “On va y aller en mode pacifique. On va aller déposer des bougies pour ceux qui sont blessés ou décédés. (…) Et vous verrez qu’ils vont pas du tout vouloir qu’on le fasse.”

Le jour venu, celui qui avait déjà appelé à “rentrer à l’Elysée” retrouve ses acolytes sur les Champs-Elysées (environ 80 personnes), à proximité de l’Arc de triomphe, sans toutefois que tous enfilent leur chasuble. Mais la fête est de courte durée. Ils sont rapidement encerclés par les forces de l’ordre, qui procèdent à l’interpellation d’Éric Drouet.

Un restaurant entre amis ?

À la sortie de sa garde à vue, il est mis en examen pour “manifestation non déclarée”. Lui nie toute responsabilité:

«Il n’y a pas eu d’appel, prétend-t-il devant les médias , Ce n’est pas moi, c’est une page, il y a mon nom inscrit nulle part. (…) On essaie de nous mettre l’organisation d’une manifestation non déclarée, alors que là, ça n’avait rien d’une manifestation, c’était un rendez-vous au restaurant.”, avance-t-il.

Mais les autorités estiment au contraire qu’il ne s’agissait pas d’un simple dîner entre amis. Ils reprochent à Eric Drouet de n’avoir pas déclaré en préfecture le rassemblement auquel il appelait sur sa vidéo. Le fait d’avoir “organisé une manifestation sur la voie publique n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration préalable dans les conditions fixées par la loi”, c’est-à-dire déclaré en préfecture, est puni de six mois d’emprisonnement et de 7.500 euros d’amende.

Au-delà des démonstrations juridiques auxquelles la défense et le ministère public vont se plier pour démontrer la responsabilité d’Eric Drouet, le tribunal devra aussi faire face à une foule venue soutenir celui qui est devenu, bien qu’il en conteste la dénomination, l’un des principaux leaders des gilets jaunes.

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