ZD Tech : Vote en ligne, l’éternel débat

ZD Tech : Vote en ligne, l'éternel débat

Bonjour à tous et bienvenue dans le ZD Tech, le podcast quotidien de la rédaction de ZDNet. Je m’appelle Louis Adam et aujourd’hui, je vous explique pourquoi le vote en ligne provoque un si vif débat.

Les élections sont passées, et le constat est toujours le même : le taux d’abstention est au plus haut. Pour lutter contre cette tendance, certains ont une solution toute trouvée : instaurer la possibilité de voter en ligne.

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Les Français de l’étranger ont pu voter en ligne cette année

Elire son député ou son président depuis son canapé, sur son smartphone, c’est une perspective qui semble aujourd’hui évidente. Après tout, on déclare et paye ses impôts en ligne, et de nombreuses formalités administratives sont réalisables via internet. Mais pour le vote, c’est un peu plus compliqué.

Pour être tout à fait honnête : le vote en ligne existe déjà dans certains pays, et en France pour certains cas spécifiques. Les Français de l’étranger ont ainsi pu expérimenter cette année la possibilité de voter à distance, directement depuis un service en ligne. Cette option a notamment été ouverte pour les élections consulaires et législatives.

Mais l’élection américaine de 2016 est venue remettre en question ces premières expérimentations. Dans un contexte de doute sur les élections, les autorités ont préféré restreindre cette possibilité.

Une question de confiance…

Le vote en ligne pose des problèmes similaires à ceux du vote électronique. Le vote électronique consiste à enregistrer les votes des électeurs sur un ordinateur dédié. Le vote en ligne fonctionne de la même manière, mais en proposant en plus aux électeurs d’interagir avec le logiciel d’enregistrement des votes à distance, directement depuis leurs propres appareils.

Malheureusement, dans les deux cas, la question de la confiance dans les machines est centrale. Pour les électeurs, il est difficile d’accorder sereinement sa confiance à une machine ou à un logiciel chargé d’enregistrer les suffrages.

Si n’importe quel électeur peut décider d’aller assister au dépouillement des urnes à la fin d’une journée d’élection, le vote électronique et le vote en ligne n’offrent pas cette possibilité.

… et de sécurité !

Outre cette question de la confiance, le vote en ligne doit également faire ses preuves en matière de sécurité. Il est compliqué de garantir que les appareils d’enregistrement des votes sont dépourvus de failles de sécurité permettant à un tiers de modifier le résultat des suffrages exprimés. Toutes les machines connaissent des failles, et les hackers réunis à la conférence américaine DEF CON s’amusent fréquemment à démontrer les faiblesses de ces appareils.

Face au débat, la France opte donc pour l’instant pour la plus grande prudence. Certains pays comme l’Estonie ou la Suisse ont de leur côté choisi d’avancer sur ce sujet et multiplient les expérimentations. D’autres pistes sont envisagées pour réhabiliter le vote électronique, notamment l’emploi de la technologie blockchain.

Mais le système présente d’autres difficultés, notamment lorsqu’il s’agit de passer un vote à l’échelle nationale. On le réserve pour l’instant principalement à des votes de moindre importance, par exemple au sein des entreprises.

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