Washington autorise Huawei à se fournir en puces automobiles

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Washington autorise Huawei à se fournir en puces automobiles

Si la rupture est consommée entre Washington et Huawei, cela n’empêche pas le géant chinois de collaborer de manière épisodique avec les autorités américaines. La firme de Shenzhen aurait ainsi reçu des Etats-Unis l’autorisation d’acheter des puces pour la partie “composants automobiles” de son activité. Comme le rapporte l’agence Reuters, les autorités américaines ont bien accordé des licences autorisant les fournisseurs de matériel électronique et les fondeurs à vendre des puces à Huawei pour les composants de véhicules comme les écrans vidéo et les capteurs.

Cette approbation, si elle est motivée par des raisons financières, constitue toutefois un changement de taille par rapport à la position habituelle des Etats-Unis à l’égard de Huawei, soupçonné de longue date de collusion avec le gouvernement chinois. Pour rappel, le géant technologique chinois fait depuis 2019 partie de la “liste noire” américaine, ce qui l’empêche de se fournir en matériel auprès des entreprises américaines sans l’obtention d’une licence spéciale à acquérir auprès des autorités américaines.

Dans ce contexte de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, Washington est même allé plus loin, en 2020, en ajoutant de nouvelles restrictions à cet embargo de fait. Les autorités américaines, emmenées par une administration Trump intransigeante à l’encontre de Huawei, ont ainsi interdit aux entreprises étrangères de vendre des puces à la firme de Shenzhen si celles-ci contiennent des équipements américains. En parallèle, Washington a également exercé de fortes pressions sur ses alliés traditionnels pour exclure Huawei de leurs réseaux 5G, en raison de crainte d’espionnage de la part de Pékin.

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Un bol d’air de faible portée pour Huawei

Bien que Huawei ait nié à plusieurs reprises ces allégations, l’Australie, la Suède, le Royaume-Uni, ou encore la France, dans une certaine mesure, ont banni le géant des équipements de réseau de leurs réseaux 5G. Une sanction lourde de sens pour Huawei, qui a fait état d’une forte baisse de son chiffre d’affaires au premier semestre 2021, son activité à la fin du mois de juin faisant état de 320 milliards de yuans de ventes, contre 454 milliards de yuans à la même époque l’année dernière.

La décision de Washington d’autoriser Huawei à se fournir en puces pour développer son activité automobile constitue donc un bol d’air pour la firme de Shenzhen. Reste que cette autorisation ne pourra peut-être pas suffire pour Huawei, qui risque comme ses concurrents de subir de plein fouet les effets de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, limitant de fait ses ambitions dans le secteur de l’automobile.

Pour rappel, les constructeurs automobiles traditionnels ont eu du mal à produire des voitures depuis le début de la pandémie, en raison de la pénurie de puces, la production de voitures de certains pays ayant été réduite de moitié pendant cette période. Ford, par exemple, a perdu environ 700 000 véhicules dont la production était prévue pour le deuxième trimestre de 2021, tandis que General Motors a déclaré que ses pertes causées par la pénurie de semi-conducteurs pourraient lui coûter jusqu’à 2 milliards de dollars de bénéfices.

La pénurie sévit toujours

En France, le groupe automobile Stellantis – né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) – a également annoncé en fin de semaine dernière que la pénurie de puces allait affecter sa production, provoquant une mise à l’arrêt temporaire de deux de ses usines françaises, à Rennes et Sochaux. Le dirigeant de Stellantis, Carlos Tavares, déclarait le mois dernier qu’il ne s’attendait pas à un retour à la normale avant fin 2022. Dans sa stratégie pour faire face à la pénurie, le constructeur prévoit notamment de modifier la gamme des puces qu’il utilise, et de donner la priorité à ses véhicules les plus rentables.

De son côté, la direction du géant allemand Volkswagen a indiqué qu’elle pourrait être contrainte de réduire encore sa production en raison de la pénurie de semi-conducteurs. « Nous nous attendons actuellement à ce que l’approvisionnement en puces au troisième trimestre soit très volatil et serré », a indiqué le groupe allemand. L’état-major de Volkswagen s’attend désormais à ce que la situation s’améliore d’ici la fin de l’année, et prévoit de compenser le déficit de production au second semestre.

Les prévisions de Gartner sont proches des estimations publiées par les constructeurs automobiles mondiaux. Selon le cabinet d’études, la pénurie mondiale de puces qui frappe un certain nombre de secteurs – à commencer par les PC, tablettes et consoles de jeux, en passant par le secteur bancaire, l’électroménager et bien sûr l’automobile – ne devrait pas se résorber avant une bonne partie de l’année 2022.

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