Vol détourné par la Biélorussie : l’UE ferme son espace aérien aux avions biélorusses – Le Parisien

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L’Union européenne, par la voix de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, avait promis « une réponse très forte ». Une réponse ferme à ce qu’elle qualifie de « piraterie » et de « terrorisme d’Etat », après le détournement d’un avion de ligne transportant un opposant politique au régime biélorusse, arrêté lors d’un arrêt imprévu à Minsk.

La Biélorussie vient de la recevoir : au terme d’une réunion des Vingt-Sept ce lundi soir, l’UE ferme son espace aérien aux avions biélorusses, et demande à ses compagnies aériennes d’éviter l’espace aérien biélorusse. Elle exige également la libération immédiate de l’opposant biélorusse Roman Protassevitch et de sa compagne Sofia Sapéga.

Le Conseil européen « condamne avec force l’atterrissage forcé d’un avion Ryanair à Minsk (…) qui a porté atteinte à la sécurité aérienne et la détention par les autorités bélarusses » de M. Protassevitch et Mme Sapéga, indique le document.

Les Vingt-Sept demandent en outre « l’adoption d’autres sanctions économiques ciblées » et invitent le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell et la Commission européenne « à soumettre sans délai des propositions à cette fin ».

2000 vols commerciaux dans l’espace aérien biélorusse chaque semaine

Près de 2 000 vols commerciaux passent chaque semaine dans l’espace aérien biélorusse, selon l’organisation Eurocontrol. La compagnie Belavia assure pour sa part une vingtaine de vols chaque jour au départ ou à destination d’aéroports de l’UE.

L’unanimité des 27 est requise pour toute sanction de l’UE. La France et les trois Etats baltes ont plaidé pour une interdiction de l’espace aérien de l’UE aux avions de Biélorussie.

Dimanche, un avion de la compagnie Ryanair effectuait un vol entre la Grèce et la Lituanie, deux pays membres de l’UE et de l’Otan, avant d’être intercepté par un chasseur biélorusse et dérouté vers Minsk, capitale de la Biélorussie.

À son bord, Roman Protassevitch, ancien rédacteur en chef du média d’opposition biélorusse Nexta, qui a été arrêté à son arrivée à Minsk. En début de soirée, l’appareil a finalement pu reprendre son vol à destination de la Lituanie, où il s’est posé avec plusieurs heures de retard sur l’horaire prévu – sans le jeune opposant de 26 ans. Un passager français témoigne dans la vidéo ci-dessous :

Rapidement, l’Union européenne a dénoncé une manœuvre inacceptable. Le Conseil, qui représente les Etats membres, appelle l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à enquêter sur cet « incident sans précédent et inacceptable ». Pour l’OACI, l’atterrissage forcé « pourrait être une violation de la Convention de Chicago », qui protège la souveraineté de l’espace aérien des nations.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’UE sont réunis ces lundi et mardi à Bruxelles, pour un sommet où doivent être abordés une série de questions internationales et le dossier climatique. L’incident du Boeing de Ryanair détourné a été mis à l’ordre du jour pour aborder la mise en place des « sanctions » contre le pays.

Avant le détournement de l’avion, l’UE préparait de nouvelles sanctions contre le régime du président biélorusse, Alexandre Loukachenko, impliqué dans la répression de la contestation de la présidentielle du 9 août 2020, jugée « truquée » par Bruxelles. Environ 88 personnes, dont Alexandre Loukachenko, et sept entités ont déjà été sanctionnées par une interdiction de voyager dans l’UE. Une liste qui pourrait très vite être élargie.

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