Violences policières : Sous la pression, l’exécutif fait des annonces sur le racisme – 20 Minutes

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Christophe Castaner et Emmanuel Macron. — CIAMBELLI/SIPA
  • Ces derniers jours, plusieurs manifestations contre le racisme et les violences policières se sont déroulées en France, après la mort de Georges Floyd aux Etats-Unis.
  • Emmanuel Macron a demandé au gouvernement « d’accélérer » ses propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre.
  • Sous pression, Christophe Castaner a annoncé quelques mesures, comme l’abandon de la méthode d’interpellation policière controversée dite « de l’étranglement ».

« Le racisme n’a pas sa place dans notre société et encore moins dans notre police républicaine », a annoncé Christophe Castaner lors d’une conférence de presse ce lundi après-midi. Au cours d’un week-end marqué par de nouvelles manifestations, contre le racisme et les violences policières, Emmanuel Macron avait demandé dimanche à son ministre de l’Intérieur « d’accélérer » ses propositions sur la déontologie des forces de l’ordre. « Il lui a dit de faire aboutir rapidement le travail engagé en janvier », explique-t-on à l’Elysée.

« Christophe Castaner s’est fait rafaler par le chef car depuis janvier rien n’a bougé »

Il y a cinq mois, le chef de l’Etat avait déjà demandé à Christophe Castaner de plancher sur ce sujet après la mort de Cédric Chouviat lors d’un contrôle et la vidéo d’un policier faisant un croche-pied à une manifestante. Mais jusqu’à présent, aucune mesure n’avait abouti. « Christophe Castaner s’est fait rafaler par le chef car rien n’a bougé depuis janvier », confie Jean-Michel Fauvergue, député LREM de Seine-et-Marne et ancien patron du Raid. « Si on avait lancé des pistes, on aurait eu quelque chose à dire lorsque l’ affaire George Floyd a éclaté. On a que trop tardé, alors qu’il y a une forte pression de l’opinion. »

Un nouveau rassemblement est d’ailleurs prévu dans plusieurs villes mardi, jour de l’enterrement de George Floyd, à l’appel de plusieurs associations antiracistes et soutenu par des syndicats et partis de gauche. La mort de cet Américain noir a remis les violences policières au cœur des débats en France et relancé la mobilisation autour de l’affaire Adama Traoré.

« Aujourd’hui, dans les quartiers populaires, mais aussi lors de manifestations des gilets jaunes, l’usage de la force faite par les forces de l’ordre a suscité énormément de défiance », déplore Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres, ex-LREM et désormais au groupe parlementaire Ecologie Démocratie Solidarité. « Des violences policières ont été commises et n’ont pas toujours été sanctionnées. Ce n’est pas acceptable, et cela abîme le lien de confiance avec l’opinion publique. »

« Le discours a changé, l’Elysée veut envoyer un signal. Il faut des mesures fortes et rapides »

Deux jours avant le second tour de la présidentielle, le 5 mai 2017, Emmanuel Macron avait pourtant promis d’être « intraitable » face aux « comportements déviants » de certains policiers, sur le plateau de Mediapart. « Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on ne mette pas en cause la hiérarchie policière quand il y a de manière évidente un problème. Il faut qu’il y ait des procédures judiciaires », disait notamment le candidat d’En Marche.

Certains macronistes regrettent que rien n’ait changé depuis. « Je suis impatient de voir se concrétiser les promesses de campagne d’Emmanuel Macron, notamment le développement de la police de sécurité du quotidien…. car pour le moment ça piétine, il ne se passe rien », alerte Jean-Michel Fauvergue.

« Les violences policières sont un sujet latent, qui revient aujourd’hui à travers les manifestations et l’affaire Traoré », constate un cadre du parti présidentiel, qui déplore que jusqu’à présent l’exécutif ait laissé « gangrener la situation ». « Aujourd’hui, le discours a changé, l’Elysée veut envoyer un signal. Mais il faut des mesures fortes et rapides ».

Christophe Castaner a prôné lundi une « tolérance zéro » pour les cas de racisme

« Depuis des années, on a parlé de ces problèmes de manière ponctuelle, lors de cas tragiques et médiatiques, pour ensuite mettre la poussière sous le tapis, observe Guillaume Chiche. Il faut des mesures exemplaires et des moyens, car le lien de confiance entre police et population est essentiel. »

Pour le rétablir, Christophe Castaner a avancé quelques pistes ce lundi. Il a annoncé l’abandon de la méthode d’interpellation policière controversée « dite de l’étranglement » et une réforme « en profondeur » des inspections des forces de l’ordre. Le ministre a également prôné une « tolérance zéro » pour les cas de racisme au sein des forces de l’ordre, demandant qu’une suspension soit « systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré ». Appelé à s’exprimer par une partie de l’opposition, Emmanuel Macron, lui, est pour l’instant resté muet.

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