Violences policières : Gérald Darmanin assume l’évacuation musclée place de la République – Le Monde

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Lors de l’évacuation de la place de la République, lundi 23 novembre, à Paris.

« J’ai demandé, bien sûr, qu’on évacue cette place. » Jeudi 26 novembre, sur le plateau de France 2, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a assumé avoir donné l’ordre, lundi 23 novembre, d’évacuer la place de la République, à Paris. Un campement de plusieurs centaines de personnes migrantes venait d’y être installé, à l’initiative de l’association Utopia 56. Tandis que, depuis plusieurs jours, les images des violences ayant émaillé cette soirée circulent et que la méthode musclée du préfet de police, Didier Lallement, est sous le feu des critiques, M. Darmanin a pris la responsabilité de l’opération. « Je ne suis pas homme qui recherche des fusibles, a-t-il fait valoir. J’ai demandé, bien sûr, au préfet de police (…) de ne pas laisser une manifestation (…) installer des tentes en plein Paris. »

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La stratégie ainsi revendiquée par la Place Beauvau rompt avec le modus operandi en vigueur dans la capitale depuis les premiers campements de migrants, il y a six ans. « Je n’ai jamais vu ça, explique un membre de l’entourage de la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo. Il y avait jusque-là un accord de principe qui consistait, avant une évacuation, à proposer des hébergements. On n’a jamais d’évacuation sèche dans Paris intra-muros. »

« Un cap a été franchi »

De fait, les associations qui étaient présentes lundi soir place de la République confient leur étonnement. « Un cap a été franchi », considère Louis Barda, de Médecins du monde (MDM). « Je n’imaginais pas une seconde qu’ils ordonneraient l’évacuation, abonde Corinne Torre, de Médecins sans frontières (MSF). Il y avait sur place des élus, des associations, des avocats… Je pensais qu’ils allaient laisser les gens se poser la nuit et qu’il y aurait une évacuation le lendemain après avoir obtenu une entrevue avec le ministère de l’intérieur pour essayer d’organiser une mise à l’abri. »

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L’été dernier, un peu à la manière de l’opération « coup de poing » lancée par Utopia 56 place de la République lundi, MSF avait installé un campement d’une centaine de mineurs isolés étrangers dans un square en plein centre de Paris, pour alerter sur leur situation d’errance. « Le campement avait duré cinq semaines et avait été démantelé avec des propositions de prise en charge », se souvient Mme Torre.

L’implantation de quelque 500 tentes place de la République cette semaine faisait cette fois suite au démantèlement d’un campement à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), mardi 17 novembre. Insuffisamment calibrée, cette opération avait laissé plusieurs centaines de migrants sur le carreau, malgré plus de 3 000 mises à l’abri. « Vu le loupé du démantèlement de Saint-Denis, je pensais qu’il y aurait des discussions lundi », fait à son tour valoir Yann Manzi, d’Utopia 56.

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