Violences et racisme au dépôt du tribunal de Paris : des zones d’ombre demeurent – Le Monde

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Des policiers de l’unité CSI-93, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 2 avril.

Trois jours après les déclarations publiques d’Amar Benmohamed, ce brigadier-chef de 48 ans qui a rapporté au média en ligne StreetPress des faits de violences et de racisme au « dépôt » du tribunal de Paris – ces cellules où patientent les personnes déférées devant la justice avant d’être présentées à un juge –, plusieurs questions restent en suspens.

Lundi 27 juillet, l’homme révélait avoir été témoin, depuis le printemps 2017, de propos racistes et de faits de maltraitance – privation de nourriture, humiliations, injures – imputables à plusieurs de ses collègues. Il expliquait aussi avoir averti sa hiérarchie de la situation à différentes reprises, et notamment par un rapport écrit, le 12 mars 2019, que Le Monde a consulté.

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Dans la foulée, des sanctions administratives – allant du blâme au renvoi en conseil de discipline – ont été annoncées par la Préfecture de police à l’encontre de six policiers. Sur le plan judiciaire, le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour les chefs de « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique », « injures publiques en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » et « injures publiques en raison du sexe ou de l’orientation sexuelle ».

Amar Benmohamed réclame le statut de lanceur d’alerte

Si les décisions ont été rapides depuis les révélations de StreetPress, reste à savoir pourquoi les policiers incriminés n’avaient pas été sanctionnés jusqu’à présent. Saisie dès mars 2019 d’une enquête administrative, l’IGPN a rendu ses conclusions à la Préfecture de police en février. La police des polices recommandait alors différentes sanctions contre les policiers visés et proposait treize mesures devant faire évoluer le fonctionnement du dépôt.

Interrogé par les députés de la commission des lois, mardi 28 juillet, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a notamment affirmé : « Si ces faits sont avérés, il m’appartiendra de savoir pourquoi les préconisations de l’IGPN ne sont pas encore mises en place, pourquoi les sanctions (…) n’ont pas été prises. Elles sont en cours, m’a-t-on dit. » Le ministre a indiqué qu’il devait recevoir la directrice de l’IGPN, Brigitte Jullien, en « fin de semaine ».

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A ce sujet, la Préfecture de police a déclaré au Monde que « le rapport de l’IGPN étant arrivé dans [ses] services peu de temps avant la crise sanitaire, le délai de traitement habituel de la procédure d’instruction des sanctions a été allongé par les mesures de confinement et la suspension des instances disciplinaires ». « En tout état de cause, le préfet de police avait décidé, dès qu’il a pris connaissance du rapport, de suivre les propositions de sanctions émises par l’IGPN pour les auteurs des faits dénoncés par M. Benmohamed », a-t-elle ajouté.

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