Violences conjugales : une enquête ouverte après une “défaillance” suivie en direct par Emmanuel Macron – franceinfo

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Lors d’une visite à la plateforme d’accueil téléphonique des violences conjugales, le président de la République a entendu un gendarme refuser son assistance à une femme en détresse qui venait de porter plainte pour menaces contre son mari.

Passé l’agacement, place à l’enquête avant de possibles sanctions. La gendarmerie nationale a annoncé, mardi 3 septembre, l’ouverture d’une enquête interne après la prise en charge “défaillante” d’une femme menacée par son mari et dont l’appel à la plateforme d’accueil téléphonique des violences conjugales avait été suivi en direct par Emmanuel Macron. 

Avant l’ouverture officielle du Grenelle des violences conjugales, le chef de l’Etat s’est rendu avec des journalistes au siège parisien du 3919 où il avait entendu un gendarme refuser son assistance à une femme en détresse qui venait de porter plainte pour menaces contre son mari. “Vous êtes à la gendarmerie ? Vous êtes en danger, votre mari est au domicile. Les gendarmes peuvent vous accompagner”, rassure Elena, une écoutante. Mais non, les gendarmes refusent catégoriquement, se désole la victime. La scène agace visiblement le Président de la République, toujours à l’écoute.  “Ils doivent porter assistance aux personnes en danger”, insite cette membre de la cellule d’écoute. Ils ne veulent pas, lui répond l’épouse.

Le président, qui jamais n’interviendra, secoue la tête, indigné. Elena insiste, en pure perte. “Mais c’est votre mission, de porter assistance aux personnes en danger. Non, non, je ne veux pas vous apprendre votre métier… cette dame est menacée de mort, vous attendez qu’elle soit tuée ? Non, je ne suis pas sourde…!” Pendant un quart d’heure, très calmement, l’écoutante plaide, en vain.

Elena lance un regard interrogatif au chef de l’Etat et change d’angle d’attaque. “Est-ce que le colonel veut bien me parler ? Non ? Et il vient de sortir ?” De guerre lasse, un gendarme a pris le combiné. “Bonjour monsieur, est-ce que vous pouvez la raccompagner chez elle ?” Non lui répond le militaire, “il faut un ordre d’huissier. Et ce n’est pas dans le code pénal”.

Enervé, le président s’empare alors d’un stylo et lui écrit sur un calepin quelques arguments pour tenter de convaincre le gendarme: “l’huissier appliquera une décision de justice. C’est au gendarme de la protéger dans un contexte où le risque est évident”. L’écoutante lance alors au gendarme : “Non il n’y a pas besoin d’un huissier de justice ! C’est le droit, pas la justice pénale”. Mais le gendarme ne cède pas. “Je pense que c’est de la mauvaise volonté”, lâche enfin Elena avant de lui souhaiter une bonne journée. Emmanuel Macron sourit de l’euphémisme. Elena reprend la victime en ligne et l’oriente vers une association locale puis raccroche.

“Ca vous arrive souvent, ça ?” lui demande aussitôt le président. “Oh oui, et de plus en plus”, rétorque Elena. “Dimanche, pareil, la gendarmerie a refusé de prendre la plainte d’un dame.” “Il n’était pas agressif”, poursuit le président, “il dit juste qu’il n’y a rien dans la code pénal de prévu. Bien sûr on peut faire passer le message localement. Mais c’est un problème de formation et de perception du danger. Pas de décret ni de loi.”

“Même si le contexte du cas évoqué doit être précisé, la prise en compte de cette victime en difficulté apparaît totalement défaillante”, a réagi dans la soirée auprès de l’AFP la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), annonçant l’ouverture d’une enquête administrative confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) “pour déterminer les circonstances de ce manquement”.

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