Villeneuve-la-Garenne : le motard grièvement blessé après avoir percuté une voiture de police porte plainte – LCI

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Villeneuve-la-Garenne : le motard grièvement blessé après avoir percuté une voiture de police porte plainte | LCI

































Police

FAIT DIVERS – Deux jours après qu’un jeune homme de 30 ans a été grièvement blessé après avoir percuté la portière d’un véhicule de police à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), son avocat, Me Gas, a déposé une première plainte ce lundi matin. Il espère maintenant que le parquet de Nanterre saisisse l’IGPN de ces faits.

Le motard de 30 ans grièvement blessé dans un accident impliquant des policiers, samedi 18 avril à Villeneuve-la-Garenne, va porter plainte. C’est l’avocat de sa famille, Me Stéphane Glas, qui le confirme auprès de LCI. Le jeune homme, qui circulait sans casque sur une moto-cross, a subi une fracture ouverte de la jambe gauche, après avoir heurté, autour de 22h, la portière ouverte d’une voiture de police banalisée, qui se trouvait à l’arrêt.

En l’état, la version des policiers et celle de la victime et de certains témoins diffèrent très largement. Me Gas fait le point ce lundi matin avec LCI sur les avancées dans ce dossier sensible, qui a entraîné des échauffourées dans la ville le soir même et les jours suivant ainsi qu’à Aulnay-sous-Bois dans la soirée du 19 avril. 

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Vous avez déposé une première plainte ce lundi matin, pouvez-vous nous en dire plus? 

J’ai effectivement déposé plainte ce lundi matin auprès du procureur de la République de Nanterre des chefs de “violences en réunion avec arme – la voiture étant une arme par destination- et par personne dépositaire de l’autorité publique”. J’ai demandé officiellement dans cette plainte  au parquet de bien vouloir saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), afin de faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé samedi soir vers 21h50 à l’angle de l’avenue de Verdun et de la rue Manet à Villeneuve-la-Garenne. 

Pour le moment, des échanges que j’ai eu avec le parquet, il n’était pas envisagé à ce court terme de saisir l’IGPN. C’est purement et simplement hallucinant parce que l’IGPN est quasiment automatiquement saisie dans les dossiers à partir du moment où il y a des difficultés et qu’un policier est impliqué.

A l’heure où nous nous parlons, le seul service qui est saisi de cette affaire est la sûreté territoriale du 92, sûreté qui est chargée de mener une enquête contre mon client pour mise en danger délibéré de la vie d’autrui. On marche sur la tête. C’est pour cela que je suis allé saisir officiellement le parquet pour que l’IGPN soit saisi de ce dossier. 

Quelles sont les blessures de votre client? 

Il a subi une première opération dans la nuit de samedi à dimanche pour une fracture du fémur et une fracture ouverte à la jambe. Il y a eu un souci au niveau de l’artère de sa cuisse qui a nécessité qu’il soit transféré dans un autre établissement dimanche soir, établissement où il a subi une seconde opération. Il était ce lundi en fin de matinée en salle de réveil et on espère qu’il n’y aura pas besoin d’une troisième intervention. Ça n’est pas exclu à ce stade.

A-t-il pu être entendu? 

Je l’ai eu au téléphone. Il m’a expliqué que samedi soir au moment des faits, il rentrait chez lui en moto. Il habite à 3 minutes des lieux de l’accident. En arrivant au niveau du feu rouge, il a vu une voiture qui était arrêtée. Il n’a pas compris que c’était des policiers car il n’y avait pas de signes extérieurs et que les quatre occupants étaient à l’intérieur du véhicule. En s’approchant de la voiture, il a vu la portière s’ouvrir, il a écrasé ses freins mais n’a pu l’éviter. A partir de ce moment-là bien sûr, il ne se souvient de rien. 

Il n’y a donc, selon votre client, aucun refus d’obtempérer…

Il n’y a absolument pas de refus d’obtempérer. Le fait qu’il n’y ait pas de course-poursuite n’est pas contesté. D’ailleurs c’est moi qui ai indiqué à mon client que c’étaient des policiers qui étaient impliqués. S’il y avait dû y avoir contrôle et si les policiers avaient dû sortir du véhicule, au regard de la configuration des lieux, je ne vous dis pas qu’il se serait arrêté pour montrer ses papiers car je n’en ai aucune idée. Mais ce qui est certain, c’est que si mon client avait souhaité échapper à ce contrôle, il aurait soit fait demi-tour, soit il serait monté sur la voie de tramway. Il n’aurait pas foncé délibérément dans le véhicule de police comme les policiers essaient de l’affirmer pour se dédouaner.

Votre client a-t-il des torts? 

Il reconnaît qu’il ne portait pas de casque, qu’il circulait sur un véhicule non homologué, et qu’il roulait au-delà de la limite autorisée qui était de 50 km/h. Il pense qu’il roulait à 60 ou 70 km/h. Les policiers disent d’ailleurs qu’ils voulaient le contrôler car ils l’avaient vu passer une première fois dans l’autre sens sans casque et que partant de là, ils voulaient le contrôler. Ce qui est normal. Ce n’est pas la volonté de contrôle qui est remise en cause, il n’y a aucun problème là-dessus. Le problème, c’est le moyen de stopper la personne, sans s’annoncer, et en ouvrant une portière. Délibéré ou pas, il y a eu dans le geste des policiers une mise en danger totalement disproportionnée par rapport à l’infraction.

Vous envisagez de déposer ce lundi une deuxième plainte, pourquoi ne pas l’avoir fait ce matin? 

J’attends de voir ce que fait le parquet de Nanterre. On saura dans la journée s’il saisit ou non l’IGPN. J’ai été moi-même en contact avec l’Inspection générale de la police nationale. En tant qu’avocat, je ne peux pas la saisir. C’est le justiciable, donc mon client, qui doit le faire directement. Il faudrait donc que les policiers aillent recueillir sa plainte à l’hôpital. Soit le parquet la saisit, soit l’IGPN décide de son propre chef d’aller voir mon client.

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