Vidéosurveillance : Une société allemande condamnée à 10,4 millions d’euros d’amende

Spread the love
Vidéosurveillance : Une société allemande condamnée à 10,4 millions d'euros d'amende

L’autorité allemande de protection des données de Basse Saxe a infligé une amende de 10,4 millions d’euros à un une société de vente d’ordinateurs portables. Les autorités reprochent à la société d’avoir maintenu ses employés sous surveillance vidéo constante au cours des deux dernières années.

Cette sanction représente l’une des plus importantes amendes imposées en vertu du règlement général sur la protection des données (RGPD) de 2018, non seulement en Allemagne mais aussi dans toute l’Europe.

La société sanctionnée est notebooksbilliger.de AG, un portail de commerce électronique en ligne et de vente au détail qui se consacre à la vente d’ordinateurs portables et d’autres fournitures informatiques.

L’autorité de protection des données pour l’État de Basse-Saxe en Allemagne a expliqué que la société a installé il y a deux ans un système de surveillance vidéo à l’intérieur de ses entrepôts, de ses salles de vente et de ses espaces de travail communs afin de prévenir les vols et de suivre les mouvements de produits.

Les responsables ont déclaré que le système de vidéosurveillance était actif en permanence et que les enregistrements étaient conservés pendant 60 jours dans la base de données de la société.

Les dirigeants pensaient utiliser une solution de surveillance vidéo banale, comme on en trouve dans de nombreuses autres entreprises en Allemagne et dans le monde entier mais, le régulateur allemand des données a estimé qu’il s’agissait d’une atteinte flagrante aux droits des travailleurs.

publicité

La surveillance vidéo constante enfreint le RGPD

“Nous sommes confrontés à un cas grave de vidéosurveillance dans l’entreprise”, a déclaré Barbara Thiel, directrice de l’autorité dans un communiqué de presse publié au début du mois.

“Les entreprises doivent comprendre qu’une telle surveillance vidéo intensive ne respecte pas les droits de leurs employés“.

L’autorité allemande estime que les employés ne doivent pas renoncer à leur droit à la vie privée simplement parce que leur employeur les soupçonne potentiellement de vol.

“Si c’était le cas, les entreprises pourraient étendre la surveillance sans limite”, a déclaré Thiel.

L’autorité allemande explique que la vidéosurveillance ne devait pas être utilisée comme un “moyen de dissuasion” pour prévenir les vols, mais seulement lorsqu’un employeur a des soupçons justifiés à l’égard de certains employés. Dans ces cas, les employés peuvent être surveillés pendant des périodes limitées jusqu’à ce que la suspicion soit confirmée, et non pendant des années consécutives.

“La vidéosurveillance est une atteinte particulièrement intensive aux droits de la personne, car, théoriquement, tout le comportement d’une personne peut être observé et analysé”, a déclaré Thiel.

La dirigeante de l’autorité a déclaré que la surveillance vidéo constante soumettait les employés à un stress et à une pression continue, les poussant à se comporter le plus discrètement possible afin d’éviter d’être critiqués pour leur comportement.

En outre, l’autorité allemande de protection des données a déclaré que la société enregistrait également les clients à leur insu pendant qu’ils testaient des appareils dans ses salles de vente et sans leur consentement, ce qui représentait une autre violation majeure de la vie privée.

Les responsables de l’autorité ont déclaré avoir infligé une amende au détaillant pour ses pratiques de vidéosurveillance constante en dehors du cadre juridique, en invoquant les raisons ci-dessus mais aussi le fait que l’entreprise n’avait pas mis en œuvre d’autres méthodes pour mettre fin aux vols, telles que des contrôles aléatoires des sacs des clients et des employés quittant leurs locaux.

Une amende “aussi mauvaise qu’irresponsable”

Dans une déclaration PDF publiée sur son site web, le PDG de notebooksbilliger.de AG, Oliver Hellmold, a déclaré que l’amende et les accusations de surveillance des employés n’étaient pas fondées.

“À aucun moment, le système vidéo n’a été conçu pour surveiller le comportement ou les performances des employés. Il n’était même pas techniquement équipé pour cela”, a déclaré Hellmold.

Le PDG a accusé l’autorité allemande d’avoir mené une enquête incomplète. Il a fait valoir que ses agents ne se sont pas rendus dans ses locaux pendant les trois années d’enquête et que la société avait auparavant procédé à des ajustements de son système de vidéosurveillance à la demande de l’autorité afin de se mettre en conformité.

En outre, M. Hellmold a qualifié l’amende de disproportionnée par rapport à la taille de l’entreprise et a déclaré qu’ils prévoient de faire appel.

“Il est absurde qu’une autorité impose une amende de plus de 10 millions d’euros sans avoir suffisamment enquêté sur la question. Apparemment, un exemple doit être fait ici, au détriment de notre entreprise”, a-t-il déclaré.

C’est la deuxième amende que l’autorité allemande de Basse Saxe inflige à une entreprise pour avoir surveillé ses employés via vidéosurveillance. L’autorité de régulation des données basée à Hambourg avait déjà infligé une amende de 35,3 millions d’euros à la chaîne de magasins de mode H&M en octobre dernier pour un délit similaire.

Source : ZDNet.com

Leave a Reply