Il semble que la police a tenté une intervention sur le campus situé sur la péninsule de Kowloon, mais que celle-ci ait été repoussée par les manifestants déterminés à tenir leurs positions. 

Nouvelle escalade de tensions à Hong Kong. Des manifestants prenant part à la contestation prodémocratie ont incendié, lundi 18 novembre, l’entrée du campus hongkongais où ils sont retranchés, afin d’empêcher une intervention de la police. Les forces de l’ordre menacent de leur côté de répondre avec des “balles réelles” aux “armes létales” des protestataires, après qu’un policier a été blessé au molet dimanche par une flèche tirée par un manifestant. 

Plusieurs explosions très fortes ont retenti lundi à l’aube, avant qu’un mur de flammes n’apparaisse à l’entrée de l’Université polytechnique de Hong Kong (PolyU), désormais le bastion de la contestation. Il semble que la police a tenté une intervention sur le campus situé sur la péninsule de Kowloon, mais que celle-ci ait été repoussée par les manifestants déterminés à tenir leurs positions. La police dit avoir tiré trois balles au petit matin près de l’université, en précisant que personne n’avait été blessé.

La Chine a maintes fois averti qu’elle ne tolérerait pas la dissidence, et l’inquiétude monte dans l’ex-colonie britannique, face à la possibilité d’une intervention chinoise pour mettre fin à cette contestation. Le mouvement prodémocratie, qui a débuté en juin, atteint depuis quelques jours de nouveaux sommets de violence.

France 2

Le campus et l’entrée toute proche du Cross Harbour Tunnel – un des trois tunnels routiers desservant l’île de Hong Kong, bloqué depuis mardi – ont été le théâtre d’affrontements toute la nuit, alors qu’un appel à “défendre la PolyU” avait été lancé. Un blindé de la police a notamment été incendié par des cocktails Molotov, alors que les forces de l’ordre tentaient de reprendre le contrôle d’un pont-passerelle enjambant les postes de péage du tunnel.

Aux abords du campus, les manifestants se protégeaient avec des parapluies des puissants jets d’eau des canons à eau de la police. Les forces de l’ordre ont qualifié le campus de “zone d’émeute”, la participation à une émeute étant passible de dix ans de prison. La police a bloqué ses accès, tandis que son porte-parole, Louis Lau, a adressé une sévère mise en garde sur Facebook.

“Je demande ici aux émeutiers de ne pas utiliser de cocktails Molotov, de flèches, de voitures ou d’armes létales pour attaquer les policiers”, a-t-il dit. “S’ils poursuivaient des actions aussi dangereuses, nous n’aurions pas d’autre choix que d’utiliser la force minimale nécessaire, y compris les balles réelles, pour riposter”.

Lundi, les manifestants retranchés dans le campus redoutaient l’assaut. “J’ai peur. Il n’y a pas de sortie, tout ce que je peux faire c’est me battre jusqu’au bout”, a confié un militant. Owen Li, membre du conseil de PolyU et étudiant, a indiqué que la panique s’était emparée des quelques centaines d’occupants du campus. “Beaucoup d’amis se sentent impuissants (…) Nous appelons toute la société à sortir et nous aider”, a-t-il lancé. 

Des journalistes de l’AFP ont observé que les manifestants tentant de quitter le campus étaient parfois accueillis par des gaz lacrymogènes et obligés de retourner dans l’université. Le président de la PolyU Teng Jinguang a pourtant diffusé un message vidéo disant avoir reçu des garanties de la police. “Nous avons reçu des assurances de la police sur le fait que vous pouviez quitter le campus pacifiquement”, a-t-il dit. “Je vais personnellement vous accompagner jusqu’aux forces de police pour assurer que votre cas est traité de façon juste”.

Les protestataires veulent poursuivre lundi les blocages, pour “étrangler l’économie” d’un des principaux hubs financiers de la planète, désormais en récession.

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