Vidéo d’un manifestant frappé par un policier : une enquête judiciaire ouverte – Le Figaro

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Alors que ce samedi 18 janvier, les «gilets jaunes» étaient à nouveau dans la rue accompagnés de quelques grévistes, une vidéo a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux. On y aperçoit un homme allongé sur le sol, le visage ensanglanté, devant l’armurerie de la gare de l’Est, au 144 rue du Faubourg Saint-Martin. Il est entouré de plusieurs membres des forces de police, dont un penché au-dessus de lui.

À la huitième seconde de la vidéo, le policier lève le poing, et frappe l’homme une première fois. Il pose ensuite son genou sur le ventre de l’homme, et lui assène un deuxième coup.

«Eh il frappe ! Regardez votre collègue qu’est-ce qu’il fait», s’inquiète la femme filmant la scène, avant d’être repoussée. Il est ensuite impossible d’en voir plus. Lorsque la scène se termine, la femme vient de crier au policier devant elle de «regard[er] ce qu’il fait. Il est en train de le frapper […] Ayez un petit peu de pitié».

Sur un autre angle de la scène, filmée par l’AFPTV autour de 14h30, l’homme, couché sur le ventre et déjà menotté, crie de douleur quand le policier lui appuie son genou sur le bras.

Enquête ouverte

Ce dimanche 19 janvier, le parquet de Paris a annoncé à l’AFP qu’une enquête judiciaire avait été ouverte pour «violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique». Elle est confiée à l’IGPN. «Le préfet de police a demandé à la DOPC de faire toute la lumière sur cette action en ouvrant une enquête administrative interne», a également tweeté la préfecture de police.

Ce n’est pas la seule vidéo de violences policières présumées à avoir indigné sur les réseaux sociaux. Sur une autre, on y voit des membres des forces de l’ordre allant au contact avec des manifestants, donnant de nombreux coups de tonfa aux militants courant ou à terre. La scène est chaotique, on voit des chaussures sur le sol, et quelques manifestants se faire emmener sur le côté par les forces de l’ordre.

Au total, 60 personnes ont été interpellées, dont 45 placées en garde à vue, selon les autorités, lors de ce rassemblement.

Changement de ton

Ces nouvelles enquêtes, judiciaire et administrative, sont ouvertes alors que l’exécutif a changé de ton face aux violences policières. Mardi, le président de la République a fait pression sur le ministère de l’Intérieur en réclamant des «propositions» rapides «pour améliorer la déontologie» des forces de l’ordre. La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait consacré une bonne partie de ses vœux à la police nationale au devoir «d’exemplarité» et à l’éthique.

À Paris, au moins trois enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour des violences policières commises le 9 janvier lors de la manifestation contre la réforme des retraites, dont un tir de LBD à bout portant.

Le 6 décembre, une autre enquête avait été initiée sur la base de vidéos montrant deux policiers frappant une personne au sol lors de la manifestation de la veille contre cette réforme.

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