Venu rencontrer des étudiants à Amiens, Macron s’est refusé à ouvrir son portefeuille – Le Monde

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Emmanuel Macron lors d’un débat avec plusieurs centaines de jeunes picards, au cirque d’Amiens, le 21 novembre.

« Allez-y un peu ! Prenez le pouvoir ! » Venu à Amiens, jeudi 21 novembre, pour inaugurer une extension de l’université Jules-Verne, Emmanuel Macron était presque déçu de ne pas avoir été chahuté par les étudiants, alors que l’immolation de l’un d’eux, le 8 novembre à Lyon, enfièvre les campus. « Est-ce qu’il y a des questions plus politiques sur la vie du pays ? », s’est même permis le chef de l’Etat lors d’un débat avec deux cents étudiants, conçu par l’Elysée comme une sorte de thérapie de groupe mais qui s’est avéré un exercice surtout formel.

A l’approche de la mobilisation interprofessionnelle du 5 décembre, qui menace de bloquer le pays, M. Macron a choisi son rôle : démineur en chef. Après s’être occupé des policiers, à qui il a payé une partie de leurs heures supplémentaires, des agriculteurs, qu’il a emmené avec lui en Chine pour les aider à y exporter de la viande bovine, et des personnels des hôpitaux, auxquels il a accordé un plan d’urgence de 1,5 milliard d’euros sur trois ans, le président s’est décidé à se pencher sur la situation des étudiants, qui dénoncent leur précarité et menacent de bloquer les universités.

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Alors que le gouvernement avait tenté de minorer l’acte de Anas K., qui s’était immolé devant le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Lyon après avoir perdu sa bourse d’étudiant, M. Macron a reconnu que l’incident n’était pas seulement « un cas particulier », comme il l’avait qualifié dans un premier temps. « De tels actes ont toujours leur part d’insondable, leur part d’inexplicable (…) mais ils nous rappellent les difficultés étudiantes », a déclaré le chef de l’Etat, lors d’un débat avec plusieurs centaines d’étudiants picards, reconnaissant des « difficultés profondes pour se loger, se chauffer, parfois se nourrir ».

Pas question de jouer au père Noël

Désireux d’éteindre la crise, M. Macron a défendu l’action de Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui l’accompagnait et à qui il a été reproché de ne pas annuler un déplacement en Antarctique au lendemain de l’immolation.

Construction de 60 000 logements étudiants, suppression de la cotisation de Sécurité sociale, mise en place d’une mutuelle à 1 euro… le chef de l’Etat a énuméré tout ce qui avait été fait depuis le début de son quinquennat. Il a même exprimé un mea culpa sur l’augmentation de 5 euros des aides personnalisées au logement (APL) à l’été 2017, dénoncée par les organisations étudiantes. « Je les traîne comme un boulet », a-t-il reconnu.

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