Venezuela : le parquet ouvre une enquête contre l’opposant Guaido pour « haute trahison » – Le Monde

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L’opposant, qui s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela en janvier, est une nouvelle fois poursuivi par la justice, accusée par l’opposition d’être proche du président, Nicolas Maduro.

Le Monde avec AFP Publié hier à 19h27, mis à jour hier à 20h26

Temps de Lecture 1 min.

Le chef de l’opposition du Venezuela, Juan Guaido, s’adresse à la presse au siège administratif de l’Assemblée nationale à Caracas (Venezuela), le mardi 3 septembre 2019.

Juan Guaido, qui s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela au mois de janvier, est visé par une nouvelle procédure judiciaire. Le procureur général du Venezuela, réputé proche du pouvoir chaviste, a annoncé, vendredi 6 septembre, l’ouverture d’une enquête contre l’opposant.

Il est suspecté de « haute trahison » ainsi que d’avoir voulu « livrer » à des multinationales l’Esequibo, un riche territoire du Guyana revendiqué par Caracas. « Nous ouvrons une enquête » contre Juan Guaido pour des faits qui constituent « un crime, celui de haute trahison », a déclaré Tarek William Saab dans une allocution télévisée.

Plusieurs enquêtes ont déjà été lancées à l’encontre de Juan Guaido. La justice, que l’opposition accuse de ne répondre qu’au président Nicolas Maduro, le soupçonne notamment de « financement illicite », d’avoir violé une interdiction de sortir du Venezuela et d’« usurpation de la fonction présidentielle ».

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Un message vocal divulgué

Ce dernier chef d’accusation a déclenché une enquête dès le 23 janvier, lorsque Juan Guaido s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela. Il a ensuite été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays. L’immunité parlementaire de M. Guaido, qui préside le Parlement, a déjà été levée, mais il n’a pas été interpellé. Washington a averti que l’arrêter serait « l’ultime erreur » de Nicolas Maduro.

Le président socialiste avait pressé jeudi soir la justice de poursuivre Juan Guaido pour « haute trahison », l’accusant de vouloir « livrer » l’Esequibo à des entreprises multinationales.

Ces accusations se basent sur un message vocal divulgué par le gouvernement chaviste dans lequel une personne identifiée comme étant une responsable de l’administration américaine communique avec un « conseiller externe » de M. Guaido. La personne, présentée comme une responsable américaine, exhorte ce « conseiller » à « changer la position du Venezuela » et à « livrer l’Esequibo » à ExxonMobil et d’autres multinationales, selon le gouvernement de Nicolas Maduro.

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L’Esequibo est un territoire riche en minerais et bordé d’une zone maritime possédant des ressources pétrolifères. Sa souveraineté est réclamée par le Venezuela à son voisin oriental, le Guyana. Caracas conteste une sentence arbitrale rendue à Paris à la fin du XIXe siècle, accordant la région à la colonie britannique de l’époque, et met en avant l’accord de 1966 proposant une solution négociée. La tension a resurgi en 2015, à l’occasion de la découverte de pétrole dans des eaux disputées.

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