Vaccins Sanofi : où en sont les deux projets du laboratoire français ? – RTL.fr

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Il n’est pas le plus avancé de la cinquantaine de candidats engagés dans la course aux vaccins contre le coronavirus mais il est l’un des seuls laboratoires au monde à explorer deux pistes en parallèle. Le groupe pharmaceutique Sanofi développe actuellement deux types de vaccins pour multiplier ses chances de trouver un remède au Covid-19 et endiguer la propagation de la pandémie à travers la planète. 

L’un est basé sur une approche technologique classique, l’utilisation d’une protéine virale recombinante, l’autre sur un mécanisme novateur, le fameux ARN messager.

Contrairement aux sociétés Pfizer, Moderna ou AstraZeneca, le leader français n’a pas encore atteint le stade 3 de ses essais cliniques, celui où des expérimentations sont menées sur plus de 10.000 personnes. Sanofi n’entend pas commercialiser ses doses avant la fin de l’année. Mais il compte proposer rapidement un vaccin qui se conserve facilement et qui soit accessible au plus grand nombre.

Un vaccin à base de protéine virale

Le projet le plus avancé du groupe est un vaccin à base de protéine recombinante adjuvantée développé avec l’entreprise britannique GSK. Il repose sur une technologie déjà utilisée par Sanofi pour produire un vaccin contre la grippe saisonnière, une protéine virale qui permet au virus d’entrer dans les cellules du patient, et sur un adjuvant à usage pandémique conçu par GSK dont le rôle est de mettre en alerte le système immunitaire pour déclencher la réaction de défense. 

Ce type de vaccin est plus long à produire que les vaccins utilisant un brin de code génétique du virus, comme ceux de Moderna ou Pfizer. Le projet est actuellement en phase 2 d’essais cliniques, qui visent à démontrer l’innocuité du vaccin sur 450 personnes. Sanofi et GSK comptent obtenir de premiers résultats courant décembre. La dernière phase sur l’homme devrait être lancée dans les prochaines semaines pour étudier l’efficacité du vaccin sur plus de 30.000 personnes. Une demande d’homologation pourrait être présentée lors du premier semestre 2021 si les données sont concluantes. Sanofi pourrait alors commercialiser son vaccin avant l’été 2021 et venir supporter la troisième phase du plan de vaccination du gouvernement français. 

Sanofi a d’ores et déjà annoncé que ce vaccin serait vendu à moins de dix euros dans les pays développés. Plus cher que celui fabriqué par AstraZeneca, qui sera vendu 2,50 euros la dose à prix coûtant, mais plus accessible que ceux de Pfizer-BioNtech et Moderna dont les prix sont situés autour de 40 euros la dose. Le prix exact sera communiqué après la publication des résultats des essais de phase 1 et phase 2. Il se conservera très facilement entre 2 et 8°.

Le laboratoire français s’est engagé à produire un milliard de doses en 2021, dont au moins 200 millions seront destinées au dispositif Covax pour approvisionner les pays en voie de développement.

Un vaccin à ARN messager

Sanofi développe en parallèle un candidat-vaccin à ARN messager en partenariat avec l’entreprise allemande Translate Bio, spécialisée dans ce domaine. Comme les laboratoires Moderna et Pfizer, le français explore la piste prometteuse de l’acide ribonucléique messager, qui consiste à injecter dans les cellules des patients des brins d’instructions génétiques afin de leur faire produire des protéines spécifiques au coronavirus et déclencher la fabrication des anticorps par le système immunitaire.

Sanofi dit que ce candidat-vaccin a déjà montré de très bons résultats en pré-clinique. Le laboratoire s’apprête à entrer en phases 1 et 2 de ses essais cliniques en janvier ou février puis en phase 3 pour un vaccin qui pourrait être disponible d’ici décembre 2021.

Contrairement à la technologie du virus inactivé ou atténué, le vaccin à à ARN messager est plus fragile. Il ne se conserve pas comme un vaccin classique mais à des températures très précises ce qui pose des défis logistiques. Sanofi est en train de tester combien de temps son vaccin peut être conservé à -20°. Comme les autres fabricants engagés dans cette voie, il devra apporter la preuve de la stabilité de son produit avant de le commercialiser.

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