Vaccination contre le Covid-19 : des décisions attendues sur l’ouverture aux adolescents – Le Monde

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Le professeur Alain Fischer, le 25 février à Paris. Selon le président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, la vaccination des 16-17 ans pourrait commencer au début de l’été.

« Vacciné ! » C’est par un simple tweet qu’Emmanuel Macron a annoncé, lundi 31 mai en fin de journée, qu’il avait été vacciné. Il n’a pas précisé quel vaccin il avait reçu. Le chef de l’Etat avait contracté le Covid-19 en décembre 2020.

Comme lui, ce sont désormais toutes les personnes majeures, sans restrictions, qui peuvent se faire vacciner depuis lundi matin. Mais déjà une nouvelle étape se dessine : la vaccination des adolescents. La Haute Autorité de santé (HAS) doit se prononcer cette semaine sur le sujet. Selon le professeur Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, les 16-17 ans seront les premiers sur la liste. Pour cette tranche d’âge, « on a toutes les autorisations possibles, en tout cas pour le vaccin de Pfizer. Donc je pense que c’est une affaire de jours » avant que la décision ne soit prise, a-t-il estimé sur LCI, dimanche 30 mai au soir, ajoutant que la vaccination de ces jeunes pourrait commencer « en tout début d’été ».

Lire le reportage : « Que la vie reprenne ! » : de Paris à Marseille, avec ces Français qui choisissent la vaccination dans l’enthousiasme

En visite ce lundi dans un centre de vaccination de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), accompagné du ministre de la santé, Olivier Véran, le premier ministre, Jean Castex, a affirmé que le gouvernement allait avancer sur ce sujet cette semaine, « après le conseil de défense » qui se tient mercredi matin. Toutefois, le premier ministre a mis en garde : cela « ne doit pas nous détourner de l’objectif d’aller chercher tous nos concitoyens qui restent les plus vulnérables à la maladie », personnes âgées ou souffrant de comorbidités. « C’est indispensable », et « ça a toujours été la stratégie vaccinale de la France : d’abord les plus vulnérables, et ensuite tout le monde », a-t-il insisté.

Pour l’instant, les mineurs qui peuvent se faire vacciner contre le Covid-19 en France sont ceux de 16 à 18 ans atteints de certaines maladies graves (environ 10 000 à 20 000 personnes selon les autorités) ou proches de personnes immunodéprimées.

Atteindre l’immunité de groupe

Sur LCI, dimanche, le professeur Fischer avait rappelé les difficultés engendrées par la pandémie chez les jeunes, certes moins touchés par les formes graves du Covid-19. « Certains adolescents ont beaucoup souffert de cette situation de confinement, de difficultés dans leur vie d’étude ou d’apprentissage. En particulier ceux qui sont dans les conditions sociales les plus difficiles, explique le président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale. Il faut sortir de cela, et l’une des composantes majeures, c’est la vaccination. » D’autant que pour le « M. Vaccin » du gouvernement, cela permettra de limiter la transmission du virus puisqu’« ils participeront donc à l’immunité de groupe ».

Le professeur Fischer s’est également montré favorable à la vaccination des 12-15 ans, pour lesquels l’Agence européenne des médicaments a donné son feu vert vendredi. « La question, c’est quand ?, a-t-il ajouté. Et c’est plus une question pratique de disponibilité de doses et d’organisation entre l’été et la rentrée scolaire. » Selon lui, « on pourrait imaginer de faire intervenir des professionnels de santé dans les écoles ».

Lire l’analyse : Vaccination contre le Covid-19 : comment éviter que l’enthousiasme ne s’essouffle

Objectif de 30 millions de vaccinés à la mi-juin

Outre la vaccination des adolescents, M. Castex a déclaré que le gouvernement avancerait après le conseil de défense sur le sujet « de l’organisation de la campagne de vaccination pendant l’été », et sur celui « des personnes qui ont eu le virus, ont développé des anticorps », pour lesquelles il faut « savoir si on peut ou pas, et dans quelles conditions sanitaires, les dispenser d’une deuxième dose de vaccin ».

A ce jour, 25,5 millions d’adultes ont bénéficié d’une première dose. « L’objectif de 30 millions mi-juin est à notre portée », a considéré le premier ministre en précisant que la France, qui a reçu 12 millions de doses en avril et 15 millions en mai, en recevra 27 millions en juin.

Cet objectif devrait même être atteint le 10 juin, selon Doctolib, soit avec cinq jours d’avance. La plate-forme de prise de rendez-vous estime également que la moitié de la population française aura reçu au moins une première dose de vaccin autour du 21 juin. Lundi, le groupe dénombrait déjà près de 10 millions d’injections programmées au mois de juin, dont 2,3 millions de rendez-vous pour une première dose, alors que tous les adultes de plus de 18 ans sont désormais éligibles à la vaccination sans condition d’âge ni de « comorbidité ».

Tout en se réjouissant de « la reprise des activités économiques », le premier ministre a appelé la population à « respecter la progressivité » du déconfinement et à « ne pas baisser la garde ». Il faut « continuer à respecter jusqu’à nouvel ordre les gestes barrières », a-t-il répété.

Le Monde avec AFP

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