Vaccination contre le Covid-19 : comment éviter que l’enthousiasme ne s’essouffle – Le Monde

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Une jeune habitante de Saint-Sauveur-sur-Tinée (Alpes-Maritimes) se fait vacciner, le 26 mai 2021.

En décembre, la position de Laura [qui a préféré, comme les autres témoins, rester anonyme] sur la vaccination contre le Covid-19 était claire : « Pas pour moi, merci ». Mais dès le 11 mai, lors de l’ouverture aux adultes sans comorbidités trouvant un rendez-vous pour le lendemain, cette Lyonnaise de 29 ans s’est dit qu’elle irait se faire vacciner le plus vite possible. Lassée de rafraîchir de manière compulsive, comme des milliers de Françaises et Français, sa page ouverte sur la plate-forme Doctolib, elle a finalement pris un rendez-vous pour le 17 juin, soit deux jours après la date initialement prévue pour l’accès à tous à la vaccination. Dans son impatience, elle hésite même aujourd’hui à chercher un créneau plus tôt.

La chose n’allait pourtant pas de soi pour cette jeune femme élevée par une mère défiante à l’égard des vaccins. « En entendant tout le monde dire qu’ils allaient attendre de voir les effets secondaires des gens vaccinés avant de faire eux-mêmes la démarche, je me suis dit qu’on ne pouvait pas tous attendre. On doit tous faire des efforts pour l’immunité collective et retrouver une vie normale », explique Laura, qui a hâte de retourner au théâtre.

Remontée des intentions vaccinales

Près de cinq mois après le début de la campagne vaccinale en France, tous les adultes sont désormais éligibles à la vaccination contre le Covid-19 – les produits d’AstraZeneca et Johnson & Johnson restant toujours réservés aux plus de 55 ans. Alors qu’en décembre, le taux d’adhésion avait atteint son niveau le plus bas – seulement 40 % des personnes interrogées dans le cadre de l’étude CoviPrev menée par Santé publique France souhaitaient se faire vacciner –, les intentions de vaccination sont remontées (en avril) à 65 % de la population adulte, selon le Cevipof, 13 % hésitant toujours et 20 % se déclarant réfractaires. Des chiffres qui correspondent désormais à l’hésitation vaccinale observée depuis environ cinq ans dans la population française.

Comment expliquer un tel écart entre l’ambiance de la fin 2020, où le gouvernement avançait sur des œufs par crainte de braquer une population réticente aux injections, et celle de ce printemps 2021, où la vaccination s’impose de plus en plus comme ce qui nous sortira de la crise sanitaire ? Dès les premières semaines de janvier, les études internationales montrant le décalage entre la France et d’autres pays avançant à grand pas dans leur campagne vaccinale ont servi d’électrochoc à la population et à l’exécutif sur la nécessité d’aller plus vite pour être efficaces, tendance consolidée par la médiatisation des résultats vaccinaux en Israël et aux Etats-Unis, qui n’ont pas montré de complications particulières post-injection. Enfin, les déboires d’AstraZeneca ont favorisé par contraste le retournement de l’opinion en faveur des vaccins à ARN messager des laboratoires Pfizer et Moderna.

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