Vaccin Pfizer: Donald Trump juge que l’annonce tardive de cette percée lui a coûté l’élection – Le Figaro

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Alors que le monde entier voyait monter une vague d’espoir mardi, à l’annonce d’un vaccin contre le Covid-19, l’enthousiasme de Donald Trump, lui, n’a pas passé la journée. Douze heures après avoir salué «une excellente nouvelle» sur Twitter, le président américain enrageait sur son réseau social favori, en accusant le laboratoire américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech d’avoir retardé leur annonce pour des raisons politiques.

«J’avais dit depuis longtemps que @Pfizer et les autres annonceraient seulement un vaccin après l’élection, parce qu’ils n’avaient pas le courage de le faire avant. De même, la FDA (Food and Drug Administration, l’agence américaine du médicament, NDLR) aurait dû l’annoncer plus tôt, pas pour des raisons politiques, mais pour sauver des vies!», a-t-il ainsi écrit.

De là à laisser planer le spectre d’un complot, Donald Trump a sauté le pas. «La FDA et les démocrates ne voulaient pas qu’un vaccin me fasse GAGNER, avant l’élection, alors il est sorti cinq jours plus tard – comme je l’ai toujours dit!», a-t-il ajouté dans un autre tweet. «Si Joe Biden était président (Donald Trump ne reconnaît pas la victoire du démocrate, NDLR), vous n’auriez pas le vaccin avant quatre ans, et la FDA ne l’aurait pas approuvé aussi vite. La bureaucratie aurait détruit des millions de vies!»

Le président sortant avait fait du vaccin le centre de ses promesses électorales et l’unique élément de sa réponse à la crise sanitaire, qui a emporté près de 240.000 Américains. Il espérait surtout que l’autorisation tombe avant l’élection afin d’en récolter les fruits politiques.

100 millions de doses

Mais début octobre, l’agence américaine du médicament avait douché ses espoirs, en fixant des critères de durée des essais qui rendaient leur conclusion matériellement incompatible avec l’agenda politique présidentiel. Cette décision avait d’ailleurs surpris, y compris à la Maison-Blanche, beaucoup pensant que la FDA plierait sous la pression de l’Administration Trump. Le patron de l’agence, le docteur Stephen M. Hahn, l’a déjà fait par le passé en autorisant l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19, en dépit de l’absence de preuves de son efficacité.

Cette fois, rapporte le New York Times, le patron de la FDA a reçu toute une série de coups de fil, du directeur de cabinet de Trump, Mark Meadows, de son gendre Jared Kushner, et du président lui-même pour infléchir sa décision. En vain, donc.

Pour les Américains, qui ont précommandé 100 millions de doses, les premières vaccinations pourraient commencer avant la fin de l’année, à condition que l’innocuité soit confirmée, d’ici à la semaine prochaine. Pfizer a alors prévu de déposer une demande d’autorisation à la FDA qui devra trancher si le vaccin est sûr et efficace. La distribution ne serait plus qu’une question de «semaines», a assuré le secrétaire à la Santé, Alex Azar.

Le président élu Joe Biden, qui a mis en place une cellule de crise pour tenter de juguler la pandémie, a sobrement salué l’annonce des Pfizer et BioNTech, tout en insistant sur la nécessité de porter un masque d’ici à la sortie du vaccin.

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