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Utilisation du 49.3 en pleine crise du coronavirus: l’opposition dénonce un timing “cynique, fourbe et grossier” – BFMTV.COM

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Après plusieurs jours de rumeurs et de flottement, Edouard Philippe a annoncé samedi après-midi à l’Assemblée nationale que le gouvernement avait décidé de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer le projet de loi sur la réforme des retraites. Une décision actée dans la matinée au cours d’un Conseil de défense et des ministres exceptionnels officiellement dédié à la gestion de crise sur l’épidémie de coronavirus qui s’installe en France.

Pour l’opposition, outre la décision de recourir à cet article, qui permet d’adopter une loi sans vote à l’Assemblée, le timing choisi par l’exécutif est particulièrement “cynique”. “Ce gouvernement est dans le cynisme absolu, le faire en plein coronavirus, en plein Conseil des ministres uniquement là-dessus, c’est du cynisme le plus total”, a ainsi estimé le patron des députés Républicains, Damien Abad sur France 3.

A droite comme à gauche, les responsables politiques ont fustigé un procédé “inacceptable”, à l’instar du patron du PS, invité ce dimanche sur notre antenne.

“Vous vous rendez compte qu’hier le Conseil des ministres était officiellement consacré à la crise du coronavirus, et qu’ils en ont profité subrepticement, un samedi, pour autoriser l’utilisation du 49.3”, a regretté Olivier Faure qui souligne que “les députés, même de la majorité, n’en avaient pas été informés”.

“La pire des solutions”

Pour Yannick Jadot, “le gouvernement a choisi la pire des solutions”. “Il réunit un Conseil des ministres pour aborder la question du coronavirus (…) et on apprend qu’en catimini c’était essentiellement pour finalement donner l’opportunité au Premier ministre de faire une déclaration sur le 49.3”, a affirmé le leader des Verts sur Europe 1 et Cnews.

Jean-Luc Mélenchon a quant à lui dénoncé un procédé “fourbe, rustre et grossier” tandis que François Ruffin, député LFI, a estimé sur Twitter qu’en agissant ainsi, le gouvernement “ajoute la lâcheté à sa solitude”. La présidente du Rassemblement national considère que le gouvernement “se sert de l’angoisse et de l’inquiétude des Français sur la crise du coronavirus pour pouvoir faire passer ce qui représente un coup de force”.

Des critiques même au sein de la majorité

L’incompréhension dépasse d’ailleurs la seule opposition. Dans les rangs de la majorité, un sénateur a même décidé de quitter La République en marche. Interrogé sur notre antenne, Michel Amiel, candidat aux élections municipales dans les Bouches-du-Rhône, a exprimé son “extrême déception”.

“Pour moi, faire cela au milieu du week-end, en pleine épidémie de coronavirus… c’est nul, tout simplement. Je ne sais pas comment le dire autrement”, a-t-il confié.

Invité sur le plateau du Journal télévisé de TF1 samedi soir, le Premier ministre a assuré que la décision de recourir au 49.3 “n’avait aucun lien avec le coronavirus” mais qu’elle était justifiée par “la logique d’obstruction assumée notamment par Monsieur Mélenchon”.

“Cela fait 12 jours que l’on discute, avec 115 heures de débat où n’ont été étudiés que 7 articles sur 65”, a déclaré Edouard Philippe qui estime qu’on ne peut pas laisser “une toute petite minorité s’accaparer la totalité du temps de parole pour faire en sorte que le débat de fond ne puisse pas prospérer”.

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