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« Une quinzaine » de membres de la CGT s’introduisent dans le siège de la CFDT pour y couper l’électricité – Le Monde

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Une nouvelle intrusion a eu lieu, lundi 20 janvier, au siège parisien de la CFDT, dans le 19arrondissement, menée par « une quinzaine de personnes » qui ont coupé l’électricité pendant « quelques minutes », a annoncé la centrale syndicale, trois jours après une première intrusion. L’action est le fait de neuf syndicats CGT de l’énergie d’Ile-de-France (Paris, Essone, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Yvelines, Ouest Ile-de-France et Bagneux), a précisé à l’Agence France-presse (AFP) Cathy Fléchard, de la CGT-Energie Paris.

Dans un communiqué commun diffusé sur Twitter, ces syndicats font clairement le lien avec le projet de système de retraite universel par points que la CFDT soutient. « Berger négocie les couleurs et les formes de nos futures chaînes et celles de nos enfants, sans jamais avoir participé à la grève reconductible contre la retraite à points », écrivent-ils. Ce lundi, le siège confédéral « a perdu l’électricité et c’est la collaboration de classe qui a été plongée dans l’obscurité ». Fabrice Angei, secrétaire confédéral de la CGT, a toutefois pris ses distances avec « ce genre d’opération [qui] n’apporte rien au combat, voire même peut être contre-productif », a-t-il estimé au micro de BFM-TV.

Selon nos informations, l’action n’a pas duré plus d’un quart d’heure. La quinzaine de personnes, cagoulées, s’est rendue dans le sous-sol pour couper l’électricité. Celle-ci s’est arrêtée brièvement avant que le générateur prenne le relais.

« Cette nouvelle attaque (…) est inacceptable », a réagi dans un communiqué la CFDT. Elle « poursuivra son combat pour plus de justice sociale et de solidarité entre les travailleurs sans jamais se laisser dicter ses positions par des actes de violence ou d’intimidation », a-t-elle ajouté.

La confédération indique aussi que ces intrusions font suite à un climat tendu ces derniers jours : « Unions départementales (Perpignan, Caen) dégradées, tracts infâmes avec photos dégradantes, violence envers des militants, voitures rayées… » En juin 2016, lors de la contestation de la loi travail, la façade vitrée du siège de la CFDT avait été dégradée en marge d’une manifestation sauvage.

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Une plainte déposée

Dans la matinée lundi, la CFDT a porté plainte après l’intrusion de vendredi, revendiquée, elle, par la coordination RATP-SNCF, née aux premières évocations d’une grève illimitée, en octobre, contre la réforme des retraites. La centrale syndicale déclare avoir été victime d’un « groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou de dégradation de biens », selon un récépissé délivré par le commissariat du 19e arrondissement dont l’AFP a obtenu copie.

« Ce qui s’est passé vendredi, c’est violent, c’est une forme d’agression », a déclaré le secrétaire général du syndicat, Laurent Berger, lundi matin sur BFM-TV et RMC. Il a notamment raconté qu’un des salariés a « été mis au sol » et un autre « dans la bousculade a eu un doigt abîmé avec interruption temporaire de travail ». « Il y a des salariés qui ont eu des crachats, d’autres des insultes. »

Une violence que relativise la rédaction du site Là-bas si j’y suis, qui a filmé la scène : « Si la situation était tendue, s’il y a eu des “accrochages” verbaux entre grévistes et militants CFDT, rien ne permet de parler “d’intrusion violente” ni même “d’agression” », tempère-t-elle.

« C’est inacceptable. La CFDT, on n’est pas obligé d’être d’accord avec elle, mais dans une démocratie, on reconnaît qu’elle représente 620 000 adhérents », a défendu M. Berger. « La CFDT est libre et indépendante. Quand elle doit critiquer le gouvernement, elle le fait (…) et, surtout, elle a une capacité de proposition. Ce qui dérange peut-être, c’est que la CFDT propose, elle n’est pas dans le binaire, dans tout est parfait ou tout est pourri, elle est dans la nuance », a-t-il poursuivi.

Interrogé pour savoir si la confédération a perdu des adhérents en raison de son soutien à la réforme des retraites, M. Berger a répondu par la négative : « Des gens partent parce qu’ils sont pas contents, d’autres arrivent. »

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