Une nouvelle capitale provinciale conquise par les talibans, à une centaine de kilomètres de Kaboul – Le Monde

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L’alarmante offensive des talibans se rapproche dangereusement de la capitale, Kaboul. Les insurgés islamistes contrôlent désormais la ville de Ghazni, capitale de la province du même nom située à 140 kilomètres au sud-ouest de la capitale afghane. Nasir Ahmad Faqiri, chef du conseil de la province de Ghazni, cité par l’Agence France-Presse (AFP), affirme que « l’essentiel » de la ville « est tombé aux mains des talibans ce matin. Ils ont pris le contrôle de zones-clés : le bureau du gouverneur, le quartier général de la police et la prison ».

Un membre de ce même conseil, Amanullah Kamrani, cité par Associated Press (AP), confirme qu’il existe des poches de résistance, notamment la maison du gouverneur. Les talibans, eux, ont revendiqué la prise de la ville en diffusant des vidéos et des photos en ligne.

En une semaine, ils ont désormais pris dix des trente-quatre capitales provinciales que compte l’Afghanistan. Ghazni est celle qui est, pour l’instant, la plus proche de Kaboul ; outre une nouvelle victoire militaire médiatisée, elle fournit aux talibans un avantage opérationnel : ils se rapprochent de la capitale à la fois par le nord, après avoir fait tomber mardi la ville de Pol-e Khomri, et désormais par le sud. Contrôler Ghazni leur permet aussi d’influer sur l’axe reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane du Sud.

Lire l’analyse : L’ombre du Pakistan derrière l’avancée des talibans en Afghanistan

Selon une étude des services secrets américains, citée par l’agence Associated Press, si l’offensive talibane continue à ce rythme, la ville de Kaboul pourrait tomber sous leur contrôle d’ici à trente jours, et l’ensemble de l’Afghanistan dans quelques mois.

Sur le plan diplomatique, le régime afghan du président Ashraf Ghani multiplie les appels à l’aide pour gérer la catastrophe humanitaire en cours. Des dizaines de milliers de personnes ont trouvé refuge dans des camps au sein du pays pour fuir les combats qui visent désormais les centres urbains.

L’Afghanistan ne cache plus une certaine rancœur vis-à-vis des Etats-Unis, restés vingt ans dans le pays, mais dont les derniers éléments doivent partir d’ici à la fin du mois. Mardi 10 août, le président américain, Joe Biden, a assuré « ne rien regretter de [sa] décision ».

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Le Monde avec AFP et AP

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