Une infectiologue propose un reconfinement seulement pour “les gens les plus à risque” – BFMTV

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Les individus les plus suceptibles de faire des cas graves de Covid-19 sont aussi ceux qui sont prioritaires pour le vaccin. L’idée est qu’ils s’isolent le temps de le recevoir.

Un confinement pour les personnes à risque seulement? Alors que le nombre d’hospitalisations et de personnes contaminées augmente plus nettement depuis quelques jours, le scénario d’un troisième confinement est sur la table. Mais il pourrait ne ressembler ni à celui de mars, ni à celui de novembre.

“Dans la mesure où les vaccins arrivent, est-ce que ce confinement ne pourrait pas être proposé aux gens les plus à risque? Ceux qui sont le plus à risque d’être hospitalisés, de faire des formes graves, qui sont finalement ceux qui vont être très vite vaccinés”, s’interroge jeudi matin sur BFMTV-RMC Odile Launay, infectiologue et membre du comité vaccin Covid-19.

Une “situation transitoire avant la vaccination”

Cette idée a été évoquée récemment par le Conseil scientifique, dans un avis du 13 janvier, qui conseillait au gouvernement un reconfinement au moins partiel de la France. Il recommandait également un “auto-confinement” pour “la population des personnes les plus âgées ou présentant des comorbidités, dès lors qu’elle n’est pas vaccinée”, précisant qu’il ne s’agissait que d’une “situation transitoire avant la vaccination”.

On ne parle pas forcément d’un confinement dur. Odile Launay évoque par exemple la possibilité d’arriver “à organiser une société qui leur permet d’avoir une vie, d’aller faire leurs courses peut-être à des horaires différentes”. L’idée est de les protéger le temps que le vaccin fasse son oeuvre, et dans le même temps de permettre un certain relâchement des restrictions sur la société.

“On n’a pas la capacité pour l’instant de vacciner toutes ces personnes mais elles vont être vaccinées”, une fois les doses suffisantes reçues, martèle-t-elle. En ce sens, ce confinement ciblé se ferait sur “une période relativement courte”.

“On voit comme les jeunes aujourd’hui sont dans une situation difficile”

“Je trouve que c’est une situation que l’on devrait vraiment envisager de façon sérieuse. On voit comme les jeunes aujourd’hui sont dans une situation difficile, on les entend, ils sont vraiment très en difficulté pour certains d’entre eux”, continue l’infectiologue, pointant notamment du doigt la situation des étudiants.

Ces derniers mois, plusieurs étudiants ont tiré la sonnette d’alarme sur l’état psychologique de certains de leurs camarades, ou le leur. “On a beaucoup d’étudiants qui manifestent un très fort mal-être”, expliquait début janvier sur BFMTV la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, ajoutant que dans certains établissements, “on a une augmentation de plus de 30% des consultations en psychologie”.

Ce confinement ciblé, “n’était peut-être pas envisageable il y a un an, cela avait été proposé à l’issue du premier confinement“, souligne Odile Launay, mais “à l’époque on n’avait pas de vaccin et la situation était difficile, on ne savait pas pour combien de temps ça allait se mettre en place. Aujourd’hui, on a des vaccins, on a des vaccins qui sont efficaces”.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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