Une enquête ouverte contre Eric Zemmour pour « injures publiques » et « provocation à la haine » – Le Monde

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Dans un discours à l’islamophobie revendiquée, le polémiste s’en était pris, entre autres, aux immigrés « colonisateurs » et à « l’islamisation de la rue ».

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 13h07, mis à jour à 14h20

Temps de Lecture 1 min.

Eric Zemmour à la « convention de la droite », le 28 septembre à Paris.

Trois jours après les propos très controversés du polémiste Eric Zemmour sur l’immigration et l’islam lors d’un événement d’extrême droite diffusé en direct sur LCI, le parquet de Paris a annoncé, mardi 1er octobre, l’ouverture d’une enquête pour « injures publiques en raison de l’origine ou de l’appartenance ou de la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence ». Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Lire l’éditorial du « Monde » : Zemmour et la haine télévisée

Dans ce discours extrême à l’islamophobie revendiquée, prononcé samedi lors de cet événement baptisé « convention de la droite », Eric Zemmour s’en était pris, entre autres, aux immigrés « colonisateurs » et à « l’islamisation de la rue ». Celui qui a été condamné très récemment pour provocation à la haine religieuse a également cité l’écrivain Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement » de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane et ironisé sur les tenues de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, « sommet de la distinction française ».

Embarras à LCI et au « Figaro »

La diffusion en direct sur la chaîne LCI d’un discours d’une telle brutalité a provoqué l’embarras de plusieurs journalistes dans la rédaction. « Zemmour, ils se disent que ça va marcher… Et là, gros malaise, le discours était incroyablement hard-core », explique un reporter. La Société des journalistes a d’ailleurs tenu à se « désolidariser » de la décision de sa direction, qui a reconnu, à demi-mot, une erreur en estimant que « le format » n’était pas « approprié ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a reçu « près de 400 saisines ».

De son côté, la Société des journalistes (SDJ) du Figaro, l’un des employeurs du polémiste, avec RTL et Paris Première, a interpellé la direction du quotidien, lundi 30 septembre, dans un courrier :

« La SDJ s’interroge sur la position, fort commode, de rentier de la polémique qui est la sienne : salarié du “Figaro”, il se lâche à l’extérieur sans retenue, arguant que cela ne regarde pas ses employeurs et collègues de travail. »

« Les journalistes du Figaro, dans leur immense majorité, ne veulent pas être associés à ses provocations. La SDJ demande instamment à la direction de la rédaction de mettre un terme à cette situation ambiguë », poursuit le courrier.

Lire aussi l’entretien : Gérard Noiriel : « Eric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée »

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