Un missile nord-coréen a survolé le nord du Japon – Le Monde

Un homme passe devant un écran de télévision diffusant un reportage sur le lancement d’un missile nord-coréen tôt le matin, qui a déclenché une alerte d’évacuation au nord-est du Japon, à Tokyo, le 29 septembre 2022.

Alerte évacuation dans le nord du pays, programmes télévisés suspendus, transports interrompus… Le Japon s’est réveillé, mardi 4 octobre au matin, avec une menace au-dessus de sa tête. La Corée du Nord a lancé un missile balistique non identifié qui a survolé le nord de l’Archipel, a annoncé l’armée sud-coréenne.

Le missile est passé au-dessus de la région japonaise de Tohoku, dans le nord du pays, sans faire ni victime ni dégât, a déclaré, de son côté, le secrétaire général du gouvernement nippon, Hirokazu Matsuno, lors d’une conférence de presse d’urgence tenue à 8 h 10 (1 h 10 en France) : « La Corée du Nord a lancé à 7 h 22 un missile balistique dans la direction nord-nord-est. Il a survolé notre terre dans le nord du pays et serait tombé dans l’océan Pacifique, hors des eaux territoriales, aux alentours de 7 h 49. » C’est la première fois qu’un missile passe au-dessus de l’Archipel depuis 2017.

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« Il s’agit d’un acte de violence qui fait suite à des tirs répétés et récents de missiles balistiques. Nous condamnons vigoureusement cela », a déclaré le premier ministre japonais Fumio Kishida à la presse. A Séoul, le président Yoon Seok-youl promet une « réponse ferme et [la prise] de mesures appropriées en coopération avec les Etats-Unis et la communauté internationale ».

Dans la foulée, Washington a promis, après consultation avec le Japon et la Corée du Sud, une réponse « robuste » à ce tir. Le conseiller américain à la Sécurité nationale Jack Sullivan a en outre dit vouloir réaffirmer « l’engagement à toute épreuve » de son pays à ses alliés asiatiques. Même ton du côté du commandement américain de la région Asie-Pacifique. « Les États-Unis condamnent ces actions et appellent la RPDC à s’abstenir de tout nouvel acte illégal et déstabilisateur », a-t-il déclaré dans un communiqué.

La Corée du Nord, qui détient l’arme nucléaire, a engagé une campagne d’essais intensifs de ses armements cette année ; elle a culminé il y a quelques jours avec quatre tirs de missiles balistiques de courte portée.

La chaîne publique NHK a basculé en mode « J-Alert », le système qui prévient les Japonais en cas d’urgence. Le bandeau indique qu’un missile a survolé le pays. A Tokyo, le 4 octobre 2022.

Le missile lancé mardi matin a conduit à une rare activation du système J-Alert, qui est apparu sur les écrans de la chaîne nationale NHK, appelant les résidents du nord et du nord-est de l’Archipel à se mettre à l’abri. Deux images de rivage et de ports commerciaux se sont succédé de longues minutes, pour habiller des messages gouvernementaux placardés en rouge et jaune : « Un missile a survolé le pays ! Si vous voyez des débris au sol, ou en mer, ne vous en approchez pas. Contactez votre police locale ou les services d’urgences. ». Par ailleurs, le service a été suspendu sur certaines lignes ferroviaires.

« Une grave atteinte à notre pays »

« Ce tir pourrait avoir un fort impact sur la vie des Japonais. Nous collectons des informations sur les débris tombés. Nous sommes prêts à nous défendre et nous prendrons des mesures. Les actions de la Corée du Nord mettent à mal la région. C’est une grave atteinte à notre pays », a affirmé Hirozaku Matsuno.

Le secrétaire général du gouvernement japonais, Hirokazu Matsuno (au centre), arrive au bureau du premier ministre, à Tokyo, le 4 octobre 2022.

Séoul, Tokyo et Washington ont mené, le 30 septembre, des exercices militaires trilatéraux anti-sous-marins pour la première fois en cinq ans, et quelques jours après que les forces navales américaines et sud-coréennes ont conduit des manœuvres à grande échelle au large de la péninsule. En réponse à ces déploiements, Pyongyang avait lancé, entre le 25 et le 29 septembre, six missiles balistiques à courte portée en direction de la mer de l’Est (mer du Japon).

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La Corée du Nord fait l’objet de sanctions des Nations unies pour ses programmes d’armement et les négociations sont depuis longtemps dans l’impasse. Le pays a conduit un nombre record de tests d’armes cette année et revu sa législation pour rendre « irréversible » son statut de puissance nucléaire.

Le Monde avec AFP

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