« Un espoir renaît à gauche » : comment Michèle Rubirola est devenue maire de Marseille – Le Monde

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Soutien du Printemps Marseillais. Elections municipales à Marseille, le 4 juin 2020 FRANCE KEYSER / MYOP POUR « LE MONDE »
Par et

Publié aujourd’hui à 05h45, mis à jour à 07h27

« Vous m’embrassez, monsieur le maire ? » C’est Michèle Rubirola qui fait la demande, ce samedi 4 juillet. Jean-Claude Gaudin a quitté son bureau, où il suit depuis le matin l’élection par le nouveau conseil municipal de celui ou de celle qui va lui succéder.

Exceptionnellement, ce gros mangeur a même renoncé à s’attabler dans un de ses restaurants favoris du Vieux-Port pour avaler un plateau-repas insipide. Quand, à 14 heures, après six heures de folle tension, il devine que la candidate du Printemps marseillais vole vers la victoire, il emprunte le couloir souterrain qui mène à l’hémicycle. D’un pas lent, il sort de la coulisse et vient passer l’écharpe tricolore à « madame la maire », comme Michèle Rubirola souhaite qu’on la nomme. Un petit moment d’élégance dans cette foire vociférante.

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Le plus étonnant de cette histoire, c’est que ce face-à-face est une première ou presque. Il y a quelques jours encore, Jean-Claude Gaudin ne connaissait pas Michèle Rubirola. « J’ai dû la croiser deux ou trois fois », confiait le vieux maire le jour du second tour. Jamais il ne l’aurait reconnue dans la rue. Cette femme à laquelle il passe silencieusement le témoin, il ne lui avait pas adressé la parole avant de la recevoir courtoisement dans son bureau, deux jours plus tôt. Et, comme beaucoup, il ne l’avait pas vue venir.

Samia Ghali, Michèle Rubirola et Benoît Payan à Marseille, le 4 juillet.

C’est la part fascinante de cette aventure. Qui aurait imaginé Michèle Rubirola, médecin de 63 ans et parfaite inconnue, faire basculer Marseille à gauche, après vingt-cinq ans de règne sans partage de la droite ? Qui aurait misé sur le Printemps marseillais lors de sa création officielle, à la mi-octobre 2019 ? Peu de monde.

Une militante « historique » des Verts

Le 13 juillet 2019, dans le quotidien La Provence, l’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert écrivait que Martine Vassal, candidate de la droite, avait « tout pour elle, la compétence, l’aura, l’expérience. Il ne lui manque que le succès (à venir, en 2020). » Quant à Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône et néomarseillais, il observait sans sympathie cette drôle de coalition de gauche et n’a soutenu le Printemps marseillais qu’en mars, au lendemain du premier tour de l’élection municipale.

Martine Vassal, candidate de la droite aux élections municipales, à Marseille, le 4 juillet.

L’euphorie de la victoire a gommé le souvenir des écueils du début. Les piliers du Printemps marseillais n’ont pas été prophètes en leur parti. Ses élus « viennent de loin », a rappelé samedi Michèle Rubirola dans son premier discours de maire.

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