Ultimes tractations à Washington pour éviter la paralysie du gouvernement – Le Monde

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Le Capitole, à Washington, le 28 septembre 2021.

C’est une course contre la montre qui se joue pour les parlementaires américains chargés d’adopter un budget avant jeudi minuit s’ils veulent éviter l’assèchement soudain des finances du gouvernement fédéral, alors que le Congrès doit régler en parallèle plusieurs sujets brûlants pour Joe Biden. Les enjeux sont si élevés que le président démocrate a préféré annuler un déplacement prévu mercredi 29 septembre à Chicago pour rester à Washington et mener les négociations avec des élus-clés de son groupe.

L’ex-sénateur, qui vante ses talents de conciliateur, espère extraire ses deux projets titanesques d’investissements, dans les infrastructures et les réformes sociales, de l’impasse où les ont plongés des luttes fratricides entre démocrates. En parallèle, une autre mission cruciale incombe aux parlementaires : éviter en deux temps l’effondrement des finances publiques.

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D’une part, ils doivent approuver dans les prochaines heures un mini-budget valide jusqu’en décembre pour éviter la paralysie du gouvernement fédéral, car la loi de finances actuelle expire jeudi soir à minuit. De l’autre, ils doivent relever d’ici au 18 octobre la capacité d’endettement des Etats-Unis s’ils veulent éviter le premier défaut souverain de la plus grande puissance économique mondiale.

« Le temps est compté, le danger est réel »

Le premier front, approuver un budget temporaire, devrait être le plus facile à régler, car cela fait consensus. Mais dans une ambiance explosive au Congrès, où les divisions partisanes sont à vif, tout se complique. Après une journée d’attente, le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer, a annoncé que le vote aurait finalement lieu jeudi matin, sur un texte qui prolongerait le budget actuel jusqu’au 3 décembre. Les sénateurs républicains devraient voter en nombre suffisant pour que ce mini-budget soit approuvé. Il devra ensuite recevoir dans la foulée le feu vert de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avant de pouvoir être promulgué par Joe Biden.

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Le tout avant minuit, car si cette nouvelle loi de finances n’est pas validée à temps, tous les fonds des services fédéraux seront soudainement coupés vendredi (ce qui est surnommé « shutdown »). Ministères mais aussi parcs nationaux, certains musées et une multitude d’organismes seraient affectés, forçant des centaines de milliers d’employés au chômage technique. Une instabilité dont aucun élu ne veut, au moment où de nombreux autres fronts législatifs agitent Washington. Avec, en premier lieu, le spectre d’un défaut des Etats-Unis.

Car même si un « shutdown » est finalement évité, il restera le problème du plafond de la dette. S’il n’est pas suspendu ou relevé, les Etats-Unis se retrouveront à court d’argent le 18 octobre, a mis en garde la ministre des finances, Janet Yellen. « Le temps est compté, le danger est réel », a martelé Chuck Schumer.

Des réformes à 5 000 milliards de dollars

Les républicains refusent de donner le feu vert à une suspension de la limite d’endettement, qui reviendrait selon eux à faire un chèque en blanc à Joe Biden. Ils exhortent les démocrates à l’approuver seuls, à travers une manœuvre parlementaire laborieuse. Mais Chuck Schumer martèle que cette voie serait trop « risquée », et que la dette a jusqu’ici surtout été accumulée sous les précédents présidents.

Les élus de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, ont approuvé de leur côté mercredi un texte prévoyant de suspendre le plafond de la dette jusqu’en décembre 2022. Mais sans aucun soutien républicain, ce projet est mort-né au Sénat. A ce stade, une grande incertitude demeure sur l’issue que trouvera le Congrès.

Le président Joe Biden face à l’équipe républicaine lors du match de baseball entre parlementaires, le 29 septembre 2021, à Washington.

Sur le front des plans Biden, plusieurs dizaines d’élus de l’aile gauche démocrate menacent de faire échouer un vote final sur les infrastructures, prévu jeudi à la Chambre. Ils s’indignent de ne pas avoir reçu de garanties fermes de la part des centristes sur l’avancée du plan de réformes sociales colossales. Le plus grand doute pèse donc sur ces plans au cœur du mandat de Joe Biden, chiffrés actuellement à près de 5 000 milliards de dollars.

Le président a reçu mercredi les chefs démocrates dans le bureau ovale et promis que les efforts de la Maison Blanche pour faire avancer ses projets « continueront demain ». En attendant, tous se sont retrouvés dans la soirée autour d’un terrain de baseball pour un match amical entre parlementaires.

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Le Monde avec AFP

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