Typhon Hagibis au Japon. Au moins onze morts, les secours sur le pied de guerre – Ouest-France

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Au moins onze personnes sont mortes au Japon après le passage du typhon Hagibis dans la nuit de samedi à dimanche. Les soldats japonais s’activent, ce dimanche, pour porter secours aux habitants.

Les soldats japonais s’activaient dimanche pour porter secours aux habitants piégés par les nombreuses inondations provoquées par le puissant typhon Hagibis, qui a tué au moins onze personnes et fait une douzaine de disparus.

Maisons submergées, glissements de terrain, cours d’eau en furie : la tempête chargée de pluies d’une intensité « sans précédent » a semé la désolation en traversant le centre et l’est Japon dans la nuit de samedi à dimanche.

D’importantes inondations étaient signalées dans la région centrale de Nagano, où une digue a lâché, déversant les eaux de la rivière Chikuma sur une zone résidentielle dont les habitations ont été inondées jusqu’au premier étage.

Perchés sur leurs balcons, des habitants en détresse agitaient des serviettes à destination des hélicoptères de la chaîne de télévision publique NHK et des Forces japonaises d’autodéfense, tandis qu’un flot boueux grondait alentour.

Un hélicoptère des forces japonaises d’autodéfense survole, le 13 octobre 2019, un quartier résidentiel sous les eaux à Nagano, au centre du Japon. | KYODO / VIA REUTERS

« Nous avons pendant la nuit émis des recommandations d’évacuation à l’attention de 427 foyers comprenant 1 417 individus », a précisé à l’AFP Yasuhiro Yamaguchi, un responsable des secours de la ville de Nagano.

« Nous ne savons pas exactement combien d’entre eux sont réellement affectés », a-t-il ajouté, précisant que l’eau continuait de monter dans les quartiers d’habitation, bien que le niveau de la rivière ne s’élevait plus.

Des images aériennes montraient une rangée de trains à grande vitesse Shinkansen submergés par une eau boueuse dans un dépôt de Nagano.

Des trains à grande vitesse Shinkansen à Nagano le 13 octobre 2019. | KYODO / VIA REUTERS

Quelque 7,3 millions de Japonais avaient reçu des consignes d’évacuation samedi après des précipitations records. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont suivi ces consignes, non obligatoires. Elles étaient accueillies dans des gymnases ou salles polyvalentes avec de la nourriture d’urgence, de l’eau et des couvertures.

L’intensité « sans précédent » des précipitations selon l’Agence météorologique JMA avait poussé celle-ci à émettre son niveau d’alerte aux pluies maximale, réservé aux situations de catastrophe prévisible.

Hagibis avait touché terre samedi peu avant 19 h (12 h, à PAris) et atteint la capitale japonaise vers 21 h, accompagné de rafales de vent allant jusqu’à près de 200 km/h, selon l’Agence.

Une douzaine de personnes disparues

Dimanche matin, le ciel de la capitale, noir de pluie la veille, était limpide, une légère brise soufflait et la chaleur des automnes tokyoïtes reprenait ses droits.

Dès samedi matin, les franges de Hagibis avaient fait un mort dans la région de Chiba (banlieue est de Tokyo), un homme retrouvé dans une camionnette renversée, selon les pompiers.

Dans la ville de Kawasaki, près de Tokyo, un sexagénaire a été retrouvé mort dans sa maison noyée sous plusieurs mètres d’eau.

Plusieurs glissements de terrain ont été signalés, notamment dans la région de Gunma (au nord de Tokyo) où deux personnes sont mortes, selon les autorités locales, un sexagénaire et un homme dont l’âge n’a pu être précisé.

Une femme a été retrouvée en état d’« arrêt cardiorespiratoire » – un terme souvent employé au Japon avant la confirmation du décès par un médecin – après avoir été extirpée par les secours de sa maison ensevelie par un glissement de terrain à Samigahara, au sud-ouest de Tokyo, selon les médias japonais.

Une autre femme a été trouvée en arrêt cardiorespiratoire dans un fossé dans la région Tochigi (centre) et le corps d’un employé municipal de 25 ans qui rentrait du travail a été découvert non loin de son véhicule envahi par les eaux, selon des responsables locaux.

La NHK a compté près de 100 blessés et la disparition d’une douzaine de personnes.

Un cargo sombre

Parmi les disparus, on comptait huit personnes à bord d’un cargo qui a coulé samedi soir dans la baie de Tokyo. Les garde-côtes ont indiqué avoir sauvé quatre membres d’équipage du navire battant pavillon panaméen mais être toujours à la recherche des autres.

« Dans la maison, l’eau est montée plus haut que le niveau de ma tête, ce qui a retourné tous les meubles à l’intérieur. C’est comme dans une machine à laver maintenant », a raconté à l’AFP Hajime Tokuda, un employé dans la finance vivant à Kawasaki (ouest de Tokyo). Il s’est réfugié chez des parents dont la maison a elle aussi été inondée. La mésaventure s’est bien terminée : sur le bateau de sauveteurs.

À Higashi Matsuyama, dans la région de Saitama (nord-ouest de Tokyo), des cultivateurs de riz et de fleurs comptaient dimanche leurs pertes, l’eau ayant envahi des entrepôts pleins de récoltes toutes fraîches.

« Jamais nous n’avons connu une telle inondation dans ces alentours », a expliqué un agriculteur qui n’a pas voulu donner son nom.

Plusieurs cours d’eau sont sortis de leur lit samedi, dont le fleuve Tama à l’ouest de Tokyo, qui borde des zones densément peuplées.

De nombreux débris flottent dans un quartier résidentiel de Kawasaki, près de la rivière Tama, le 13 octobre 2019. | KIM KYUNG HOON / REUTERS

Les autorités ont aussi libéré partiellement l’eau de plusieurs barrages qui menaçaient de déborder, ce qui augmentait toutefois les craintes d’inondations en aval.

Rugby : un 3e match annulé

La tempête a aussi bouleversé l’organisation de deux compétitions sportives organisées au Japon : les qualifications du Grand Prix de Formule 1 de Suzuka (centre) ont été reportées à dimanche matin, tandis que deux matches du Mondial de rugby qui devaient se tenir samedi (France-Angleterre et Nouvelle-Zélande-Italie) avaient été annulés dès jeudi.

Les responsables du Mondial ont annoncé dimanche l’annulation d’un troisième match, Namibie-Canada, prévu à Kamaishi (nord). Un crève-cœur pour cette commune quasiment rayée de la carte par le tsunami de 2011 et qui voyait dans cette rencontre un symbole de sa résurrection.

La rencontre entre l’Écosse et le Japon dimanche, décisive pour l’Écosse mais longtemps menacée, a finalement été maintenue.

Le typhon a par ailleurs paralysé les transports dans la grande région de Tokyo, en ce week-end prolongé par un lundi férié : liaisons aériennes, ferroviaires et lignes de métro ont été suspendues samedi.

Le Japon est frappé par une vingtaine de typhons chaque année. Avant Hagibis, Faxai avait tué au moins deux personnes début septembre et provoqué d’importants dégâts à Chiba.

Partager cet article La chute de poteaux électriques a détruit de nombreuses habitations à Chiba, situé à 40 kilomètres de Tokyo.

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