Trump à propos de l’hydroxychloroquine : « J’ai commencé à en prendre, j’ai entendu beaucoup de bonnes histoires » – Le Monde

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Le président Donald Trump, le 18 mai à la Maison Blanche.

Le président Donald Trump, le 18 mai à la Maison Blanche. EVAN VUCCI / AP

Donald Trump ne renonce pas. Malgré l’absence de résultats probants, le président des Etats-Unis continue de défendre le recours à un traitement antipaludéen, l’hydroxychloroquine, pour lutter contre le Covid-19. Lundi 18 mai, il a d’ailleurs assuré prendre tous les jours un cachet de ce médicament « depuis une semaine et demie », avec l’accord de son médecin.

« J’ai commencé à en prendre parce que je pense que c’est bon, j’ai entendu beaucoup de bonnes histoires » à ce propos, a-t-il ajouté, précisant qu’il n’est pas porteur de l’infection. « Vous seriez surpris de découvrir combien de personnes en prennent, en particulier celles qui sont en première ligne » dans les hôpitaux, « avant d’attraper » le virus, a-t-il ajouté.

Donald Trump s’est entiché très tôt de ce médicament. Il en a vanté les vertus supposées au plus fort de l’épidémie, en mars et en avril, alors que ses experts, à commencer par le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, plaidaient la prudence et insistaient sur la nécessité de tests conduits de manière scientifique.

« Vous connaissez l’expression, je l’ai utilisée pour certaines raisons : Qu’est-ce que vous avez à perdre ? Qu’avez-vous à perdre ? (…) Si cela fonctionne, il serait dommage de s’en priver », assurait-il ainsi en avril au cours de l’un de ses briefings quotidiens consacrés à la pandémie.

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Querelle politique

Très vite, le recours à ce qu’il présentait comme un « game changer » [qui change la donne] est devenu une querelle politique. D’autant qu’une animatrice de la chaîne conservatrice Fox News suivie assidûment par le président, Laura Ingraham, a pris fait et cause pour l’hydroxychloroquine, obtenant même selon la presse américaine la faveur d’une entrevue à la Maison Blanche pour défendre directement le médicament auprès du président.

Le lobbying a payé : le 28 mars, la Food and drug administration (FDA) a accordé une autorisation d’urgence pour permettre aux hôpitaux d’utiliser de l’hydroxychloroquine provenant du stock national américain pour traiter des patients qui ne seraient pas autrement admissibles à un essai clinique. Un mois plus tard, le 24 avril, la FDA a fait cependant un pas en arrière en mettant en garde contre « les sérieux problèmes de rythme cardiaque » entraînés par le recours à ce médicament. Donald Trump a d’ailleurs cessé de le mentionner.

Lorsque Fox News l’a interrogé à propos de ce silence lors d’un entretien, le 3 mai, le président a eu la formule suivante : « Voici à quoi nous sommes réduits dans ce pays : les démocrates, la gauche radicale, tout ce que vous voulez, préfèrent voir des gens, je vais être très gentil, je ne vais pas dire mourir. Je vais dire qu’ils préféreraient que les gens ne se rétablissent pas parce qu’ils pensent que ce serait bon pour moi si ça marchait. »

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