Troisième confinement : ce n’est plus qu’une question de jours – Le Journal du dimanche

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Le reconfinement n’est plus qu’une question de jours. Face à la persistance de l’épidémie et à la menace d’une accélération fulgurante des contaminations due aux “variants”, plusieurs sources haut placées au sein de l’exécutif l’assuraient samedi au JDD : “La décision est sur le point d’être prise”, seuls le calendrier et les modalités restant en débat. Comme l’an dernier en mars et octobre, Emmanuel Macron devrait l’annoncer en personne aux Français dans une déclaration télévisée – la date de mercredi, jour du prochain conseil de défense, est évoquée, pour une entrée en vigueur du dispositif avant la fin de la semaine, et “au moins pour trois semaines”, selon un ministre important.

Anticipant le choc que cette annonce risque de provoquer parmi la population, le gouvernement réfléchit à la meilleure formule pour cette troisième phase de confinement à venir. La limitation des sorties et des déplacements devrait s’accompagner d’une fermeture partielle (ou d’une réduction des horaires d’ouverture) des commerces “non essentiels”, mais les établissements scolaires devraient rester ouverts, comme l’indique le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, dans l’entretien qu’il nous a accordé. “Maintenir la continuité de l’enseignement reste un marqueur primordial pour le Président, autant pour ne pas creuser les inégalités sociales que pour ne pas empêcher les parents de travailler”, confirme un conseiller informé des discussions en cours.

L’exemple des pays voisins

Dans le but de restreindre la circulation des personnes pour limiter la propagation des virus, les entreprises vont de nouveau être invitées à aménager les conditions de travail de leurs salariés. Si le scénario d’un télétravail obligatoire n’est pas envisagé, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a déjà convié les représentants des syndicats et du patronat mardi ou mercredi pour aborder avec eux les “questions sanitaires”. Ce sera l’occasion de préciser les mesures envisagées.

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De son côté, le secrétaire d’État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, lançait dès vendredi sur le site du Figaro un appel à la “prudence” dans la perspective des vacances scolaires de février, tout en remerciant les fédérations professionnelles de l’hôtellerie et du voyage “qui ont pris des engagements de flexibilité ou de remboursement si jamais la situation sanitaire devait conduire à des annulations”…

À en croire les initiés, le choix du reconfinement obéit à une situation d’urgence sanitaire. Certes, l’épidémie a décéléré cette semaine en Europe, mais elle flambe en Espagne et au Portugal et provoque des hécatombes en Allemagne (qui a dépassé jeudi le total de 50 000 morts) et en Grande-Bretagne (1.000 morts par jour en ce moment). Et en Irlande, la situation paraissait stable jusqu’en décembre avant une hausse quasi verticale des contaminations. La multiplication des mesures de confinement dans les pays voisins a augmenté la pression sur le gouvernement, au point que Jean Castex a plaidé plusieurs fois, depuis la fin de l’année, pour une décision du même type.

En France, où l’on dénombrait 24.000 nouveaux cas samedi, le couvre-feu à 18 heures semble avoir eu un effet positif dans les 15 départements qui y ont été soumis les premiers (une baisse de 10% à 15% des contaminations y a été enregistrée), mais les dernières projections de l’Inserm et de l’Institut Pasteur, scrutées par l’Élysée, font redouter une hausse exponentielle des infections, principalement à cause des fameux “variants” anglais et sud-africain. Sans compter la crainte d’un “effet galette des Rois”, évoquée par certains experts, s’il s’avérait que les familles ont baissé la garde pendant l’Épiphanie.

L’alerte des épidémiologistes

L’addition de ces facteurs a conduit nombre d’épidémiologistes à donner l’alerte au sommet de l’État et à plaider pour un troisième confinement immédiat. “Il faut confiner dès maintenant puis assouplir les règles dès que le nombre de cas diminuera”, recommande Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie à la Pitié-Salpêtrière. “L’enjeu, c’est de tasser la courbe”, résume, en écho, un conseiller gouvernemental.

Face à ce défi, la solution d’un confinement limité aux week-ends pour compléter le couvre-feu durant la semaine semble avoir été jugée insuffisante, le premier ministre plaidant pour des mesures radicales. Mais à l’Élysée, la prise en compte de “l’impact social et moral” de nouvelles restrictions a été source d’hésitation jusqu’à ces derniers jours.

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“Le Président doit intégrer les exigences sanitaires mais aussi leur acceptabilité par la population”, explique un initié. Or, selon un sondage publié cette semaine par Les Échos, 72% des Français s’attendent à un reconfinement, mais seulement 41% le souhaitent – soit nettement moins que lors des deux précédents confinements. Né vendredi sur les réseaux sociaux, le hashtag #JeNeMeConfineraiPas figurait samedi parmi les sujets les plus partagés sur Twitter. La bataille contre la contagion sera aussi une affaire de conviction. 

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