Test Roborock S8 Pro Ultra : Le nec le plus ultra pour un intérieur toujours propre

Après le S8 tout court de Roborock, c’est au tour de sa version Pro Ultra de débarquer à la rédaction. Un robot-aspirateur qui vient couronner la gamme actuelle avec son tarif plutôt salé : 1 499 €. Cela peut sembler plutôt onéreux face aux 699 € réclamés pour acquérir son petit frère. La différence de prix est-elle justifiée ? Voilà un des enjeux majeurs de notre test.

Roborock R8 Ultra

Test réalisé par Emmanuel Armanet

Depuis ses débuts, la marque Roborock fait preuve d’une grande capacité d’innovation, ce qui lui permet de renouveler fréquemment sa gamme de robot-aspirateurs. L’année 2023 ne fera pas exception à la règle et voilà donc l’arrivée de la série S8, celle qui a été dévoilée au CES de Las Vegas en janvier dernier. Quelques mois ont passé et voici les produits qui débarquent sur le marché français.

Pour rappel, la série S8 se compose de trois modèles, le S8 tout court que nous avons testé ici, la version + qui se distingue par la présence d’une station de recharge qui lui permet également de vider son bac à poussière et enfin la version S8 Pro Ultra qui fait l’objet du présent test.

Roborock R8 Ultra

Cette version apporte une nouvelle génération de système de lavage et une station de charge encore plus perfectionnée. Elle est désormais capable de récupérer l’eau sale issue du lavage de la serpillière et de remplir le réservoir d’eau propre du robot qui pourra ainsi fonctionner de manière totalement autonome durant plusieurs jours, voire semaines selon votre rythme d’utilisation.

Prix et disponibilité 

Le Roborock S8 Pro Ultra arrive sur le marché quelques semaines après les deux autres versions. Son prix est de 1 499 € et vous le trouverez sur différents sites avec des offres de lancement. C’est 400 € de plus que le S7 Pro Ultra. Une différence qui fera forcément réfléchir. Les consommables sont par ailleurs déjà disponibles.

Des frères jumeaux ?

De prime abord, le S8 Pro Ultra ressemble comme deux gouttes d’eau au S8 précédemment testé par nos soins. Et pour cause, les deux modèles partagent la même carrosserie que la marque a choisi de proposer en deux couleurs, noir ou, comme notre exemplaire de test blanc.

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Un tapis absorbant ressort parfaitement nettoyé. Et le jouet du chien ne risque rien !

Les mensurations sont identiques, soit 350 x 353 x 96,5 mm, avec la tourelle supérieure accueillant une partie du système de navigation du robot, le LIDAR PreciSense. Cela pourrait empêcher celui-ci de passer sous certains meubles. Nous retrouvons trois boutons sur la partie supérieure de l’appareil pour lancer ou stopper le processus de nettoyage, commencer un nettoyage de zone et enfin pour que le robot revienne à sa station de charge. Le capot se soulève pour accéder au bac à poussières ainsi qu’au filtre HEPA.

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En retournant le robot-aspirateur, on retrouve la nouvelle double brosse centrale inaugurée par le S8, la DuoRoller qui présente une structure en spirale en silicone. Les deux rouleaux permettraient de piéger plus efficacement la poussière et surtout les poils d’animaux domestiques. Roborock demeure fidèle à son unique brosse latérale dont le but est de venir rabattre les saletés vers le centre de l’appareil pour qu’elles soient aspirées ensuite. Cette brosse s’appuie classiquement sur des poils qui finissent par s’user. Les pièces détachées sont faciles à trouver, mais le remplacement de cette brosse latérale nécessite toujours l’emploi d’un tournevis.

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À l’arrière, le pad serpillière en microfibres vient s’accrocher sur son support. Il est commun aux autres modèles de la marque. Là aussi, pas de problème pour en trouver d’autres, y compris des compatibles moins onéreux que les accessoires officiels.

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Le pad serpillière commence à être sale seulement sur ses bordures : le système de nettoyage est donc réellement efficace.

Un nouveau système de lavage

Passons à présent à ce que l’on ne voit pas. L’aspiration passe à la vitesse supérieure avec un nouveau moteur capable de délivrer une puissance d’aspiration de 6 000 Pa comme le S8 classique. Pour rappel, le S7 Pro Ultra de l’année dernière est annoncé pour 5 100 Pa soit quasiment 20 % de moins. Du côté du lavage, il y a du neuf par rapport au S8. Roborock inaugure sa technologie Vibrarise 2.0. Au programme, l’arrivée d’un double module de vibration qui serait deux fois plus efficace. Il permettrait aussi d’élargir la zone de nettoyage. La serpillière distille 3 000 vibrations par minute et exerce une pression sur la surface nettoyée de 6 Nm. Elle se soulève de 5 mm pour éviter de salir un tapis le lequel le robot-aspirateur aurait à passer. Notons que la brosse centrale et la serpillière se relèvent de concert lorsque le robot revient à sa station.

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Le système de guidage s’appuie sur le radar LIDAR, mais aussi sur une caméra infrarouge et de nombreux autres capteurs. Le tout est optimisé par une dose d’Intelligence Artificielle : c’est le fameux ReactivAI qui permet de reconnaître les objets rencontrés par l’aspirateur, jusqu’à 42 types différents qui seront ensuite représentés graphiquement sur la carte de l’application. Ce système évitera au robot de tomber dans des escaliers, mais aussi il sera capable de détecter automatiquement des zones dangereuses ou tout simplement incompatible avec son passage : typiquement le dessous du bureau de votre geek favori !

Une station ultra-complète et encombrante 

Comme annoncé, l’essentiel des différences entre un S8 et un S8 Pro Ultra se fera autour de sa station d’accueil qui nous fait véritablement entrer dans une nouvelle ère. L’objet est encombrant, il faut le savoir avant de craquer.

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Elle comprend dans sa partie supérieure trois bacs. De gauche à droite nous trouvons le réceptacle pour l’eau sale, nous reviendrons sur le principe de fonctionnement, le réservoir d’eau propre et le logement pour le sac dans lequel le robot-aspirateur viendra vider son propre bac à poussière et qui affiche une capacité de 400 ml, soit 50 ml que les autres S8. Notez que son volume peut donner jusqu’à 7 semaines de fonctionnement automatisé. Un chiffre à prendre avec des pincettes puisqu’il dépend de la fréquence d’utilisation et du volume de ce qui est aspiré. Les propriétaires d’animaux domestiques ne comptent pas, a priori, atteindre ces 7 semaines.

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La partie inférieure accueille les contacts permettant au S8 de venir se recharger. On trouve ensuite au fond une brosse rotative qui va venir nettoyer le pad serpillière avec l’injection d’eau. C’est cette eau souillée qui sera récupérée dans le bac évoqué plus haut. Une fois nettoyée, la serpillière sera séchée par de l’air chaud diffusé par deux grilles. Pour cela, le robot-aspirateur se retourne pour adopter le positionnement qui correspond au séchage et au rechargement de sa batterie de 5 200 mAh, rechargement qui serait 30 % plus rapide que sur la précédente génération. C’est assez magique sur le papier, mais qu’est-ce que cela donne en pratique ?

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La brosse au fond de la station bouge de droite à gauche et de gauche à droite pour nettoyer la serpillière.

Une installation simple et une app toujours aussi riche

Il faut commencer par installer la station d’accueil pas très loin d’une prise de courant. La marque conseille de laisser un espace assez important sur ses côtés. Dans les faits, nous n’avons pas vraiment respecté cela, mais le robot n’a jamais eu la moindre difficulté à retrouver sa « maison ». Ensuite, place à l’enregistrement du S8 Pro Ultra dans l’application. Une fois encore, l’opération ne prend que quelques minutes en passant notamment par un QR Code et la connexion en Wi-Fi direct avec l’appareil. On lui envoie ensuite les paramètres du Wi-Fi de la maison et le tout est joué. On n’échappe pas à une mise à jour, Roborock en diffuse vraiment très régulièrement.

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L’application est toujours aussi agréable à utiliser avec beaucoup de fonctionnalités dont la plupart ont été évoquées lors de notre test du S8 « de base ». On retrouve ainsi classiquement la possibilité de programmer le lancement du robot. Rien de bien original vous allez nous dire ? Oui, mais nous pouvons aller plus loin encore. La programmation peut se faire de manière indépendante pièce par pièce ou même étage par étage. Pour chaque programme, vous pouvez définir si le robot doit aspirer seulement ou aspirer et laver. Il est possible d’ajuster l’intensité de l’action selon plusieurs niveaux. Par exemple, pousser les curseurs vers le haut dans l’espace le plus fréquenté par votre animal.

Roborock

Vous en voulez plus ? Pas de souci pour Roborock. Un mode nommé « nettoyage rapide » fait son apparition dans les options « Parcours » et permet d’effectuer un passage rapide pour donner un petit coup de propre dans un espace pas trop sale. La marque annonce un gain de temps de 30 %. La gestion des tapis est aussi très perfectionnée. Nous avons vu que le robot pouvait relever sa serpillière de 5 mm. Suffisant pour les tapis très courts donc, mais pas pour les autres. Pas de souci pour lui puisqu’il peut aussi les contourner. Il pourra au contraire aspirer à pleine puissance lorsqu’il passe sur un tapis tout à fait automatiquement.

Il y a même un mode « Nettoyage en profondeur » dans lequel le robot-aspirateur repasse un coup sur tous les tapis à l’issue de son parcours. Roborock annonce une efficacité de nettoyage des tapis en nette amélioration en donnant un taux de ramassage des cheveux 30 % meilleur. L’application peut aussi optimiser le coût de la recharge en la programmant pour les heures creuses. Il est par ailleurs possible d’ajuster le temps de séchage du pad qui est de 3 heures par défaut. Vous l’aurez compris, les possibilités sont nombreuses. Peut-être trop pour les réfractaires aux nouvelles technologies ou ceux qui cherche la simplicité…

Une aspiration très efficace

Avant de lancer le robot-aspirateur, nous remplissons le réservoir d’eau propre. Il offre un volume conséquent, 2,5 litres, qui devrait assurer une bonne autonomie. Nous vérifions au passage que le sac dans lequel l’appareil va venir vider les poussières est bien en place (le montage est fait à l’usine) et c’est parti !

Roborock

Pour ce test, nous avons décidé de voir les choses en grand en plaçant le Roborock S8 Pro Ultra dans une pièce à vivre de 65 m2 relativement encombrée (canapé, table basse, des fauteuils…) et tortueuse avec une surface aspirée de 38 m2. Le sol mixe de la pierre naturelle, du plancher massif et des tapis ras autour de l’espace fréquenté par un chien à poil long.

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Nous lançons le premier cycle en réglant la puissance d’aspiration sur Turbo et l’intensité de frottement sur Moyen. Le robot-aspirateur se met en branle. Il est relativement bruyant, mais sans que cela soit véritablement dérangeant. Bien entendu, ne comptez pas faire une sieste avec lui en fonctionnement, mais ce n’est pas vraiment une situation commune. Il est possible de finir l’épisode de sa série préférée sans avoir à trop monter le volume. Le premier cycle est utilisé par le robot pour établir la carte de sa zone de fonctionnement. Elle se dessine plutôt rapidement et affiche une précision redoutable : les objets reconnus apparaissent, la structure de la pièce également… Pas d’objets pris dans la brosse centrale, tout se passe sans accroc à un détail près. Une partie du volume est séparée par un seul en bois d’une hauteur de 5 mm. Le robot s’est heurté à lui avant de renoncer une fois sur deux, car oui étrangement, il parvient à passer le reste du temps. Difficile de trouver une explication certaine à cela… Une question d’angle avec lequel l’obstacle est abordé ? La carte est donc précise et nous n’avons eu besoin de déterminer des zones interdites et l’IA du robot ne nous en a pas proposées. De même, les jouets du chien ont été évités tout comme une rallonge électrique. Seul notre petit câble USB est parvenu à piéger le S8 Pro Ultra. Nous l’avons plutôt rapidement ôté de la brosse centrale une fois que le robot-aspirateur nous a appelés à l’aide.

Roborock
L’application cartographie la surface d’action et les obstacles reconnus s’affichent en rouge

L’aspiration affiche une réelle efficacité et rien ne traîne suite à son passage. Ce n’est pas vraiment une surprise sur les sols durs, mais les tapis ressortent impeccables. Un réel plus par rapport à des produits plus anciens.

Vibrarise 2.0, la révolution attendue ?

Nous attendions au tournant la nouvelle technologie de lavage. Tout d’abord, il faut se rappeler que Roborock déconseille d’utiliser un détergent autre que celui vendu sous sa marque. Cela pourrait anéantir la garantie de l’appareil en cas de problème. Mais le détergent officiel n’est vendu que sur Amazon et à un tarif plutôt élevé. Certains n’hésitent donc pas à franchir le pas et ajoutant dans le réservoir d’eau propre un bouchon de produit type nettoyant sol sans rinçage. Pour notre part, nous nous sommes contentés d’eau. N’y allons pas par quatre chemins : le Roborock S8 Pro Ultra est plutôt efficace.

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Il ne s’agit pas d’enlever les taches incrustées et sèches, même son cousin Dyad Pro peut alors avouer ses limites, mais de s’attaquer aux petites tâches récentes et de donner un coup de propre supplémentaire. Les microfibres seront aussi une alliée de poids pour capturer les particules les plus fines comme le limon ramené par le chien et qui tombe une fois la boue sèche. Les taches plus grasses posent problème, mais c’est plutôt logique avec simplement de l’eau il ne faut pas s’attendre à un miracle. Attention donc de ne pas trop lui en demander au risque de le voir étaler la tache avec sa serpillière et ses roues. Pour notre test, nous avons déposé deux cuillères de yaourt au sol : il reste quelques infimes traces en mode de frottement Moyen et plus aucun en mode Intense. C’est plutôt satisfaisant.

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Par défaut, le S8 Pro Ultra retourne nettoyer le pad serpillière toutes les 20 minutes d’utilisation. C’est en tout le réglage par défaut, mais l’utilisateur a la main pour ajuster ce délai à sa guise.

Une station de lavage automatique

Il est temps d’aller observer ce qui se passe justement sur cette fameuse station. Lors de son retour, le robot se positionne dans un sens pour précéder au nettoyage de la serpillière, un nettoyage combinant l’action de la brosse qui se déplace longitudinalement pour agir sur toute la largeur et de l’eau qui est injectée puis récupérée dans le réservoir d’eau sale. Le nettoyage prend un certain temps pour une efficacité correcte, mais ne pensez pas pouvoir vous affranchir d’un nettoyage manuel au savon de Marseille ou en machine de temps en temps. En une grosse semaine d’utilisation quotidienne, des marques de saleté incrustée apparaissent en bordure du pad. En revanche, rien à dire sur la fonction séchage qui suit le lavage. Elle semble plus efficace que celle du Dyad Pro de la marque puisqu’en 3 heures la microfibre est sèche au toucher. Voici qui devrait permettre d’éviter les mauvaises odeurs. Ce sera d’autant plus vrai que le plateau sur lequel le robot vient se positionner demeure plutôt propre.

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Une fois tout ceci effectué, un petit tour par le bac d’eau sale permet d’apprécier l’efficacité du système. L’eau se vide sans problème et un rinçage permet de venir à bout de la plupart des particules… mais pas de toutes. Il faut pour en venir à bout frotter avec un écouvillon ou une éponge. La consommation d’eau pour un cycle de lavage est relativement importante. On dépasse l’équivalent d’un grand verre, ce qui peut sembler beaucoup.

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Des poussières viennent logiquement s’accumuler au fond du bac d’eau sale. Un rinçage voire le passage d’une éponge ou d’un écouvillon s’avère nécessaire pour les enlever.

Une autonomie suffisante

Concernant l’autonomie, elle sera variable en fonction de l’intensité de l’intervention du robot et de la surface à traiter. Dans notre cas, les 38 m2 de surface aspirée et lavée sont venus ponctionner en moyenne 20 % de la batterie avec la puissance maximale tant en aspiration qu’en lavage. Un pourcentage fortement variable puisque dans les mêmes conditions, la perte de batterie peut descendre à seulement 14 % ou au contraire grimper jusqu’à 34 %. En faisant une règle de trois et en se basant sur la consommation moyenne, le S8 Pro Ultra peut donc affronter en théorie l’équivalent de quasiment 200 m2. Un chiffre qui est satisfaisant à notre sens. Sachez par ailleurs que pour nettoyer notre pièce test, le robot réclame entre 41 et 49 minutes. Il pourrait donc en théorie fonctionner plus de 4 heures non-stop. Là aussi nous avons un peu de mal à vous donner une explication de cette différence de temps de passage. Mais ces chiffres sont à pondérer, car le robot-aspirateur retourne à sa station lorsqu’il tombe à 20 % de charge.

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