Test de l’iPad Pro (2021) Mini LED sous iPadOS 14, entre passion et frustration – FREDZONE

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L’iPad Pro (2021) de 12,9 pouces m’accompagne depuis le jour de sa sortie. Des semaines de passion ponctuées de quelques moments de frustration. Car comme nous allons le voir dans ce test, si ce nouvel iPad Pro est clairement l’une des meilleures tablettes tactiles du marché, il reste malheureusement limité… par sa plateforme.

Comme les années précédentes, Apple a choisi de scinder sa gamme en deux modèles différents. D’un côté, vous avez l’iPad Pro de 11 pouces, petit et compact. De l’autre, l’iPad Pro de 12,9 pouces, plus imposant et plus confortable. 

L'iPad Pro 2021, en version 12,9 pouces
L’iPad Pro 2021, en version 12,9 pouces

Pour cette nouvelle génération, j’ai fait le choix de me tourner vers la version la plus imposante, une version qui correspondait davantage à mes usages et à mes besoins.

Comme on va le voir, cette tablette m’a totalement conquis. Cela étant, elle m’a aussi fait prendre conscience des limitations de sa plateforme, une plateforme qui n’est désormais plus à la hauteur de ses ambitions.

Et avant de me sauter à la gorge, je tiens à préciser que j’ai sciemment choisi de tester l’iPad Pro 2021 sous iPadOS 14. Je sais qu’une nouvelle version est disponible, j’en ai même parlé dans un article. Le truc, c’est qu’on est actuellement sur la première bêta  et je ne me voyais pas vous proposer un test portant sur une plateforme en cours de développement.

J’ai donc pris la décision de vous proposer deux tests sur l’iPad Pro 2021.

Le premier, c’est celui que vous allez découvrir tout de suite. L’iPad tourne sous iPadOS 14, qui est la version que vous aurez si vous décidez d’acheter la tablette demain. Le second test sera mis en ligne à la rentrée, après la sortie de la version finale d’iPadOS 15 et il sera justement l’occasion de voir si cette nouvelle version change réellement la donne.

La vidéo qui accompagne cet article est sponsorisée. Ce n’est en revanche pas le cas de l’article lui-même.

L'iPad Pro 2021 n'a aucun mal à faire tourner Genshin Impact avec toutes les options à fond
L’iPad Pro 2021 n’a aucun mal à faire tourner Genshin Impact avec toutes les options à fond

Design & Ergonomie

La première chose qui frappe avec l’iPad Pro 2021, c’est que rien ne frappe justement. Contrairement à la démarche entreprise sur le denier iMac, Apple a choisi de ne pas changer le design de sa tablette. Elle hérite donc d’un châssis identique en tout point à celui du modèle précédent.

Du moins à une exception près : les dimensions. Cette nouvelle génération est en effet un peu plus épaisse que la précédente en raison de la présence d’une dalle Mini LED. Une différence qui ne se fait cependant pas sentir lorsqu’on tient l’ardoise en main.

Ce qui nous amène à toutes les questions relatives à la préhension de la tablette. Venant d’un modèle de 11 pouces, ce nouvel iPad Pro m’a semblé tout bonnement immense durant les premières heures passées en sa compagnie. Il est d’ailleurs amusant de constater à quel point ces 1,9 pouce de différence changent radicalement la donne.

Je ne m’attendais pas à une telle différence et on comprend donc pourquoi Apple continue de proposer deux tailles pour sa tablette.

En dépit de ses dimensions, l’iPad Pro 2021 s’avère assez confortable en main. J’ai eu l’occasion de l’utiliser dans plein de cas de figure différents, que ce soit à mon bureau ou dans le fond du canapé et il m’est apparu que ses dimensions généreuses étaient finalement plus un atout qu’un défaut à mes yeux.

Ce qui nous amène à un point très important. La notion de subjectivité.

Notes sur iPad Pro
Notes sur iPad Pro

Je l’ai expliqué juste avant, mais si j’ai choisi la version 12,9 pouces de l’iPad Pro, ce n’est pas par hasard et ce n’est pas non plus en raison de sa dalle Mini LED. C’est tout simplement parce que son format répondait mieux à mes besoins. 

Pour vous aider à choisir le modèle le plus adapté à vos attentes à vous, vous pouvez d’ailleurs vous référer au guide que j’ai mis en ligne il y a quelques semaines.

Peu de choses à dire sur le reste du look de la tablette. L’écran est toujours encadré par de larges bordures, et ces dernières favorisent bien entendu la bonne préhension de la tablette. Face ID répond bien entendu présent et il fonctionne dans tous les sens, que la tablette soit debout ou couchée.

Il faudra en revanche vous assurer de bien vous placer dans le champ de vision de la caméra. Ce qui est un peu agaçant lorsque la tablette est posée sur une table ou un bureau.

On appréciera également les quatre haut-parleurs situés sur les tranches de la tablette, des haut-parleurs capables de restituer un son profond, bien équilibré et surtout très englobant. Regarder des films ou des séries sur la tablette est un véritable régal pour les yeux, bien sûr, mais aussi pour les oreilles.

Il y a également du neuf au niveau du connecteur. S’il mise toujours sur l’USB Type-C, il prend aussi en charge le Thunderbolt pour rapprocher encore un peu plus l’iPad Pro de nos Mac.

Et cette particularité n’est pas un détail. Le Thunderbolt a de nombreux avantages. Outre le fait de pouvoir supporter de grosses définitions en sortie, il permet aussi de donner un beau coup de fouet aux transferts de données.

Par extension, cela veut aussi dire que vous pourrez parfaitement travailler sur des rushes ou des photos à partir d’un SSD portable. Ce qui peut s’avérer très pratique lorsqu’on a opté pour l’un des premiers modèles d’iPad et que l’on doit se contenter de 128 Go de stockage.

L'iPad Pro a encore du boulot sur la gestion des écrans externes
L’iPad Pro a encore du boulot sur la gestion des écrans externes

Mais surtout, sur le papier, on pouvait penser que l’iPad Pro allait pouvoir trouver sa place sur nos bureaux grâce aux docks Thunderbolt.

Sauf que dans les faits, ce n’est pas vraiment le cas.

S’il est tout à fait possible de connecter l’iPad Pro à un dock Thunderbolt, tout ne fonctionnera pas exactement… disons… comme prévu.

Premier point qui déçoit, l’absence d’un mode étendu. Lorsque vous branchez votre iPad Pro à un écran, ce dernier se contentera de répliquer ce qui est affiché sur la tablette. 

Mais ce n’est pas le pire. Si l’iPad Pro peut parfaitement prendre en charge un affichage en 4K, il s’en tient à un format en 4:3. Concrètement, donc, si vous avez un écran en 16:9 ou même 16:10 (voire plus), alors vous vous retrouverez avec deux bandes noires sur les côtés.

Et ça, pour moi, c’est impardonnable. L’iPad Pro, comme son nom l’indique, se destine normalement aux professionnels. Il aurait donc été logique que la tablette aille un peu plus loin au niveau des affichages externes.

L'iPad Pro 2021 est un peu plus épais que son prédécesseur mais !a se joue à 5 mm
L’iPad Pro 2021 est un peu plus épais que son prédécesseur mais ça se joue à 5 mm

Ecran, Processeur & Autonomie

L’une des grandes nouveautés de l’iPad Pro 2021 de 12,9 pouces, c’est bien entendu son écran. Un écran de type Mini LED, là où les autres modèles se cantonnent au traditionnel LCD. 

Le truc à savoir, c’est que ces deux technologies ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. Le Mini LED n’a rien à voir avec l’OLED. Concrètement, donc, le panneau du nouvel iPad Pro se compose toujours d’une dalle LCD et d’un système de rétro-éclairage. Exactement comme une dalle LCD traditionnelle, en somme.

La seule différence se situe donc au niveau des LED composant le rétro-éclairage. Apple a utilisé des Mini LED, qui sont physiquement plus petites que les LED présentes sur les dalles LCD standard.

Concrètement, les écrans Mini LED se composent de plus de zones et ils sont généralement plus lumineux que les écrans LCD classiques. Ils sont aussi capables de produire des noirs vraiment noirs et des images un peu plus contrastées.

Sauf que dans la pratique, cela ne change pas tant de choses que ça. Et c’est surtout de la faute d’Apple.

L'iPad Pro envoie du lourd au niveau du son
L’iPad Pro envoie du lourd au niveau du son

C’est de la faute d’Apple parce que les écrans LCD des iPad Pro étaient déjà exceptionnels. Et forcément, quand vous avez déjà l’habitude d’un écran exceptionnel, vous avez peu de chances de ressentir le fameux effet Whaou.

Toutefois, cela ne veut pas dire que le Mini LED est bon à jeter aux orties. En réalité, lorsqu’on met un iPad Pro de 11 pouces et un iPad Pro de 12,9 pouces côte à côte, il y a clairement des différences visibles. Notamment au niveau des noirs.

Cela étant, le seul avantage de l’iPad Pro Mini LED ne se résume pas aux très beaux contrastes de son écran. La luminosité est aussi en hausse et elle peut atteindre les 1 600 nits en HDR. Et là, pour le coup, lorsqu’on regarde des contenus adaptés, on ressent vraiment une différence. Et ce pour des photos comme pour des vidéos.

Plus globalement, j’ai également trouvé l’iPad Pro Mini LED plus confortable à utiliser en plein soleil. Maintenant, mon ancien iPad Pro n’était déjà pas mauvais.

Ensuite, il y a le SoC. Pour la première fois dans l’histoire de l’iPad Pro, Apple n’a pas opté pour une puce Ax, mais pour une puce M1. Ce qui veut également dire que le nouvel iPad Pro est aussi puissant que le MacBook Pro ou même que l’iMac.

C’est dingue. Sauf que dans les faits, on ne sait pas quoi faire de toute cette puissance.

A moins de passer la plupart de votre temps libre à faire des benchs, vous ne verrez en effet aucune différence entre un iPad Pro 2021 et un iPad Pro de 2020 ou même de 2018. Dans tous les cas, vous avez une tablette qui restera constamment fluide et qui ne montrera jamais aucun signe de faiblesse. Du moins pas avant plusieurs années.

Ce qui nous amène finalement au principal problème de cet iPad Pro : il est surdimensionné. 

A terme, on verra peut-être des différences sur de grosses applications comme LumaFusion mais actuellement et avec mes outils que j’utilise au quotidien, je n’ai constaté aucune différence flagrante avec mon iPad Pro de 2018. Lightroom tourne toujours aussi bien. 

Et la seule fois où j’ai vraiment eu l’impression que le M1 faisait la différence, finalement, c’est sur Genshin Impact. Avec toutes les options au maximum, la tablette n’a pas montré le moindre signe de faiblesse alors que j’avais ponctuellement quelques lags sur mon ancien iPad Pro.

Quatre haut-parleurs sont placés sur les tranches
Quatre haut-parleurs sont placés sur les tranches

Mais est-ce vraiment la faute de l’iPad Pro ? Je n’en suis pas sûr. Pour moi, Apple avait clairement une carte à jouer à l’occasion de la WWDC 2021 et il aurait été logique que la firme profite de l’occasion pour dévoiler une version iPad de Final Cut ou même de Logic Pro.

Pour moi, c’était logique et c’était clairement la marche à adopter pour accompagner le lancement de l’iPad Pro M1.

Et au final, rien. Franchement, c’est à se demander ce qui prend autant de temps à Apple. 

L’autonomie de l’iPad Pro est correcte, sans être folle. Avec une utilisation normale type consultation de sites, prises de notes et bureautique, vous pourrez tenir une grosse journée de travail. Il faudra en revanche penser à le recharger le soir. Et si vous jouez ou si vous faites appel à des applications plus gourmandes, alors vous risquez fort de vous retrouver à sec avant de revenir chez vous.

Le souci, justement, c’est que l’iPad Pro ne propose pas la charge rapide. Il faut donc près de 4 heures pour le charger.

Et ça, aujourd’hui, ce n’est plus possible. Encore moins sur un appareil haut de gamme qui est proposé à plus de 1 000 €. Surtout que là, en l’occurrence, on est quand même sur le produit nomade par excellence. 

L'iPad Pro peut aussi être utilisé comme deuxième moniteur
L’iPad Pro peut aussi être utilisé comme deuxième moniteur

Fonctions & Usages

Ce qui nous amène à la dernière partie de ce test : les usages.

Quand vous achetez un iPad Pro, vous n’achetez pas seulement une tablette. Et ce pour une raison assez simple : personne ne mettrait 1200 € dans une simple tablette.

L’iPad Pro est avant tout un appareil flexible, pensé pour répondre à de multiples usages. Vous pourrez bien entendu l’utiliser pour regarder des films et des séries, pour jouer ou encore pour surfer sur Internet, mais pas seulement. Parce que s’il se limitait à ces seuls usages, personne ne l’achèterait.

L’iPad Pro va donc plus loin. Il s’adressera par exemple aux illustrateurs qui sont à la recherche d’une tablette graphique polyvalente pour donner vie à leurs projets. S’ils pourront parfaitement l’utiliser en solo avec l’Apple Pencil et des applications professionnelles comme ProCreate, ils pourront aussi le coupler à un Mac et s’appuyer sur Sidecar pour étendre leur espace de travail et piloter à distance Photoshop, Illustrator et toutes les autres applications du même type.

Il est aussi pensé pour les amoureux de l’image et donc pour les photographes ou les vidéastes. Retoucher ses photos sur l’iPad Pro est un véritable plaisir, encore plus avec son écran Mini LED et cette généreuse surface de travail. Côté montage, si Final Cut se fait toujours désirer, il sera toujours possible de se rabattre sur Lumia Fusion.

Le multitâche sur iPadOS 14 n'est pas mauvais, mais celui d'iPadOS 15 est bien meilleur
Le multitâche sur iPadOS 14 n’est pas mauvais, mais celui d’iPadOS 15 est bien meilleur

Attention en revanche, car monter une vidéo complète sur un écran aussi petit ne sera pas une partie de plaisir. Encore moins si vous avez tous vos presets sur Final Cut ou Premiere Pro puisque vous ne pourrez pas les importer.

 L’iPad Pro saura également contenter les journalistes, les étudiants ou encore les créateurs de tout poil. Il leur permettra d’écrire des papiers, de prendre des notes pendant leurs cours et de travailler tranquillement sur leurs scripts de n’importe où dans le monde et avec un minimum d’encombrement. Et si en plus vous investissez dans un Magic Keyboard ou dans un Apple Pencil, alors vous pourrez même le transformer en netbook ou en carnet de notes.

Côté photo, il faut reconnaître que la tablette s’en sort bien. A l’arrière, on va en effet retrouver un module performant. Composé d’un grand angle et d’un ultra grand angle, mais aussi d’un capteur LiDAR taillé pour la réalité augmentée. La caméra frontale n’est pas mauvaise non plus et elle a finalement deux atouts : un champ de vision de 122° et un système de cracking bien pensé qui permet de nous assurer que l’on reste bien dans le cadre. Et forcément, quand on fait beaucoup de visios, c’est un avantage à ne pas négliger.

Il faut reconnaître que l’iPad Pro n’est pas forcément l’appareil auquel on pense le premier lorsqu’on a envie de prendre des photos. Maintenant, l’avantage d’avoir un bon module photo sur la tablette, c’est que l’on pourra numériser plus facilement ses documents pour les retravailler ensuite.

L'iPad Pro s'impose très vite comme un outil de prise de notes idéal
L’iPad Pro s’impose très vite comme un outil de prise de notes idéal

En Conclusion

Vous l’aurez compris, l’iPad Pro est un véritable couteau suisse.

Le seul problème, c’est que tous les usages que je viens de vous décrire sont déjà possibles avec un iPad Pro de 2018 ou de 2020, et même avec le dernier iPad Air.

Et on en vient finalement au coeur du problème : le positionnement.

Sur le papier, vous avez une tablette qui est techniquement capable de rivaliser avec un MacBook Pro ou même un iMac. Il y a exactement le même processeur à l’intérieur.

Mais voilà, l’iPad Pro 2021 ne tourne pas sous macOS. Il fonctionne sous iPadOS. Et après toutes ces semaines passées en sa compagnie, j’ai réalisé que c’était là son seul et unique défaut.

Entendons-nous bien. iPadOS, même dans sa version 14, est vraiment génial. On peut faire plein de choses avec et il fait de la tablette un produit qui complète à merveille un Mac. Et dans certains cas, pour certains usages, il pourra même le remplacer, en partie ou totalement.

Et c’est vraiment là-dessus qu’il faut insister. Dans certains cas. Pour certains usages. Pas tout le temps, donc, et pour moi c’est vraiment son plus gros défaut. Proposer un produit aussi puissant sans permettre aux utilisateurs de profiter pleinement de cette puissance est un non-sens complet. 

L'iPad Pro dans sa housse
L’iPad Pro dans sa housse

L’iPad Pro 2021 est très clairement la meilleure tablette du marché. Ce n’est cependant pas ce qu’on lui demandait. On en voulait plus. On voulait de vrais logiciels. On voulait une offre capable de rivaliser avec celle de nos Mac. Mais en fin de compte, Apple nous offre un produit certes exceptionnel, mais terriblement bridé. Ce qui provoque une intense frustration.

iPadOS 15, de son côté, améliorera certaines choses, sans pour autant régler totalement le problème.

Ce qui nous amène finalement à la question que vous vous posez sans doute : faut-il craquer pour l’iPad Pro 2021.

Je ne vais évidemment pas dire ce que vous avez à faire, mais sachez juste qu’en l’état actuel des choses, vous n’aurez pas besoin d’autant de puissance. Cela changera peut-être dans les mois et années à venir, si Apple se décide enfin à considérer sa tablette comme un produit professionnel. Mais maintenant, à l’instant T, un iPad Pro de 2018 ou de 2020 suffira amplement. 

Cela étant, l’iPad Pro 2021 a tout de même un avantage : avec lui, vous savez que vous êtes armés pour les années à venir. Et si vous n’êtes pas du genre à renouveler vos produits fréquemment, alors cela peut être un atout.


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