Apple continue d’améliorer graduellement l’iPad d’entrée de gamme. Après un iPad 6 doté d’un nouveau processeur et de la compatibilité avec l’Apple Pencil, voici un an et demi plus tard l’iPad 7, à l’écran un peu élargi et au Smart Connector en plus. De petits ajouts qui se répercutent sur la facture, qui passe de 359 à 389 €.

L’iPad 7 accompagné de ses deux accessoires phares.

L’iPad de base n’a jamais été aussi complet, mais est-il pour autant une bonne affaire ? Réponse dans notre test.

Les différents modèles et accessoires

L’iPad 7 est commercialisé dans les couleurs gris sidéral, argent et or.

  • 32 Go Wi-Fi : 389 €
  • 128 Go Wi-Fi : 489 €
  • 32 Go Wi-Fi + Cellular : 529 €
  • 128 Go Wi-Fi + Cellular : 629 €

Les accessoires Apple en option :

  • Apple Pencil 1re génération : 99 €
  • Smart Keyboard : 179 €

Un écran qui remplit son Office

L’iPad 7 abandonne la diagonale historique de 9,7“ au profit d’une de 10,2”. Ce demi-pouce (1,27 cm) supplémentaire ne bouleverse pas l’utilisation ni le positionnement de l’iPad 7 dans la gamme. La définition de l’écran augmente légèrement (2 160 x 1 620 pixels) afin de conserver la résolution de 264 pp commune à toutes les tablettes, à l’exception de l’iPad mini.

L’iPad 6 par-dessus l’iPad 7.

Qui dit écran un peu plus grand, dit appareil un peu plus grand. L’iPad 7 fait 250,6 x 174,1 mm au lieu de 240 x 169,5 pour son prédécesseur. Le poids augmente d’un poil (483 g au lieu de 469 g et ajoutez 10 g pour la version cellulaire), tandis que l’épaisseur reste à 7,5 mm, ce qui est bien suffisant comme ça.

Si on compare l’iPad 7 à d’autres modèles actuellement en vente, on se rend compte que l’iPad Air 3 fait la même hauteur et la même largeur, mais qu’il est plus fin (6,1 mm), plus léger (456 g) et qu’il a un écran un chouia plus large (10,5″).

L’écran de l’iPad 7 n’est toujours pas laminé (collé à la façade en verre), ce qui signifie que les reflets sont un peu plus visibles et qu’iOS affleure moins à la surface. On le remarque quand on est habitué à un écran laminé, et c’est moins plaisant, mais ce n’est pas rédhibitoire non plus. Ça a même un avantage : en cas d’écran brisé, la réparation hors garantie est moins chère (281 € contre 331 € minimum).

iPad 7

Comme l’iPad 6, le nouvel iPad est compatible avec l’Apple Pencil de 1re génération, vendu séparement 99 €, ainsi qu’avec le Crayon de Logitech à 69 €.

Par contre, la dalle de l’iPad 7 ne prend plus en charge l’intégralité de l’espace colorimétrique sRVB. La différence est invisible à l’œil nu. On regrette toutefois ce pas en arrière, alors qu’on était plutôt en droit d’attendre des améliorations, comme un écran laminé ou l’option True Tone.

Le changement de taille d’écran est-il seulement symbolique ? Pas tant que ça. 10,2″, c’est juste au-dessus de la limite au-delà de laquelle on ne peut plus utiliser gratuitement les fonctions de base des applications Office sur tablette.

Jusqu’à 10,1″, on peut en effet profiter sans frais des fonctions essentielles de Word, Excel et PowerPoint en se connectant simplement avec un compte Microsoft. Pour débloquer les fonctions avancées (suivi et révision des modifications, ajout d’ombres et de styles de reflet à des images…), il faut souscrire un abonnement Office 365.

Les fonctions de base d’Office sont utilisables gratuitement sur iPad 7, alors qu’elles ne devraient pas.
Pour débloquer l’intégralité des fonctions, il faut s’abonner à Office 365.

À partir de 10,2″, on n’a pas le choix, pour faire quoi que ce soit, il faut un abonnement Office 365 (à partir de 69 €/an)… en théorie. Car en pratique, on a eu la surprise de pouvoir utiliser sur l’iPad 7 les fonctions de base des apps Office sans abonnement payant. Nous avons testé avec trois comptes Microsoft gratuits différents, cela fonctionne pour chacun d’entre eux.

On ne se réjouira pas trop vite, on suppose que cette largesse de la part de Microsoft est involontaire. Il n’y a eu aucun changement de politique tarifaire annoncé. Les applications Office ne reconnaissent peut-être pas encore la diagonale de 10,2″ de ce nouvel iPad. Il faudra surveiller les mises à jour. En bref, partez du principe que sur iPad 7 l’utilisation de Word, Excel et PowerPoint est soumise à un abonnement Office 365.

Un Smart Keyboard vraiment optionnel

La seconde nouveauté de l’iPad 7, c’est la présence du Smart Connector. Ces trois petits points sur la tranche permettent de connecter le Smart Keyboard, de recharger la tablette en la posant sur le Logitech Base (vous l’aviez oublié ?), et c’est tout, puisqu’Apple ne permet malheureusement pas aux autres fabricants de tirer parti de ce connecteur.

Smart Connector de l’iPad 7.

Le support de charge sans fil de Logitech a toute sa place dans la cuisine ou sur un bureau pour recharger de manière pratique, bien que lente, l’iPad. Mais à 99 €, il n’est pas donné. En outre, si vous utilisez une Smart Cover, il faudra retirer celle-ci pour poser la tablette.

Le véritable intérêt du Smart Connector se trouve dans la compatibilité du Smart Keyboard, ce clavier externe qui fait aussi office de protection pour l’écran. Il y a des raisons d’adorer le Smart Keyboard, et il y a des raisons de le détester.

Par rapport aux autres claviers qui couvrent l’iPad, l’accessoire d’Apple a l’avantage d’être plus léger et de se retirer plus facilement. La connexion est également simplifiée : on aimante l’iPad et ça fonctionne, il n’y a pas de Bluetooth à gérer. Et puisque le clavier tire son énergie de la tablette, on n’a pas non plus à se soucier d’une batterie supplémentaire.

Du fait de son revêtement en tissu, le Smart Keyboard ne craint ni l’eau ni la poussière — on ne peut pas en dire autant des autres claviers de Cupertino. Cependant cette conception originale a aussi ses revers.

La frappe n’a rien à voir avec celle d’un clavier classique. La course des touches est courte, mais on a l’habitude avec les claviers papillon. La frappe est surtout assez molle, comme si l’on tapait sur du carton, diront certains. Ajoutez à cela le fait que les touches sont petites, et vous avez l’assurance de multiplier les fautes de frappe au début.

Pourtant très rebuté au premier contact, je dois dire que j’ai fini par me faire à cette frappe en me forçant pendant plusieurs heures — mais je préfère toujours largement un clavier classique.

Le problème, c’est que quand bien même on parvient à s’habituer aux touches du Smart Keyboard, il a des défauts qui ne s’oublient pas. Il n’a ni rétroéclairage ni touches de fonctions, ce qui serait pourtant fort pratique. Sur le plan ergonomique, l’inclinaison de l’iPad est fixe. L’angle est le bon quand le clavier est posé sur un bureau ou sur les cuisses, mais pas si on veut travailler allongé dans son lit — ben oui, pourquoi pas ?

Par ailleurs, le Smart Keyboard a un problème latent de fiabilité qui a poussé Apple à prendre en charge automatiquement son remplacement à ses frais en cas de panne. Pour couronner le tout, le Smart Keyboard coûte 179 €, pas loin de la moitié du prix de l’iPad 7 !

Pour le dire autrement, en dépit de l’avantage que lui procure le Smart Connector qu’Apple garde jalousement pour lui, le Smart Keyboard n’est pas un accessoire incontournable. Un clavier Bluetooth reste un choix judicieux aujourd’hui.

Quel que soit le clavier externe que vous choisirez, il y a malheureusement un obstacle qui risque de se mettre en travers de votre route : iPadOS. La prise en charge des claviers externes est calamiteuse quand on utilise deux apps en Split View, une configuration logicielle pourtant pas nouvelle. On a beau avoir sélectionné avec son doigt l’app B, le focus peut rester sur l’app A, ce qui fait qu’on tape son texte dans la mauvaise fenêtre. Il en va de même pour les copier-coller au clavier qui ne sont pas pris en compte d’une app à une autre en Split View.

Avant de généraliser le Smart Keyboard à quasiment tous les iPad (il ne manque que l’iPad mini), Apple aurait dû apporter une compatibilité digne de ce nom avec les claviers externes.

Des performances qui font du surplace

À l’intérieur, rien ne change ou presque. Fait rare, mais pas inédit, souvenez-vous de l’iPad mini 3, le système sur puce n’évolue pas. L’iPad 7 a le même A10 Fusion que l’iPad 6 (ou que l’iPhone 7). Le CPU est constitué de deux cœurs hautes performances cadencés à 2,34 GHz et deux cœurs économes tournant à 1,05 GHz. Le GPU, le dernier de l’ère Imagination Technologies, a quant à lui six cœurs.

Bien que cette puce ne soit plus de première jeunesse, iPadOS 13 tourne comme un charme, y compris quand on additionne Split View, vidéo en picture in picture et app en Slide Over par-dessus tout ça. Aucun souci non plus avec les gros jeux, comme PUBG ou Call of Duty, qui sont fluides même en poussant les graphismes quasiment à fond.

Sur le test synthétique de performances Geekbench 4, le Go de RAM supplémentaire de l’iPad 7 lui permet de se distancer un tout petit peu de l’iPad 6, mais il ne soutient pas la comparaison avec les autres iPad de dernière génération.

Il faut noter qu’Apple a accordé un petit cadeau à l’iPad 7 : il a 1 Go de RAM de plus que son prédécesseur, soit 3 Go au total. C’est toujours bon à prendre pour s’éviter quelques rechargements d’apps ou d’onglets.

Le seule chose que l’on perd avec un processeur A10 à l’heure actuelle, c’est la compatibilité avec ARKit 3, qui demande au minimum un A12. Mais je doute qu’ARKit 3 fasse partie de vos critères d’achat…

Bien que l’iPad 7 soit très en retrait de l’iPad Air 3 sur le benchmark GPU de Geekbench 4, sa puce graphique convient encore tout à fait pour les jeux actuels. Mais cet écart montre qu’un iPad va mieux encaisser les futurs gros jeux que l’autre…

Non, ce qui fait un vrai pincement au cœur, c’est que l’arrêt du support de cet iPad 7, équipé d’une puce de 2016, va fatalement arriver plus vite que celui des iPad dotés d’un processeur plus récent. Un iPad qui n’a pas la dernière version d’iOS en date ne cesse pas de fonctionner, bien entendu, mais il peut y avoir des incompatibilités logicielles problématiques à la longue.

Dommage, également, que le stockage de base ne progresse pas lui non plus. 32 Go peuvent suffire pour un usage léger et très orienté streaming, sauf qu’Apple vient d’ouvrir un coffre aux trésors nommé Apple Arcade. Le nouveau service de jeu par abonnement est un pousse-au-crime en matière de stockage. Oh, un jeu qui a l’air bien, et si je le téléchargeais ? Oh, un autre ! Et encore un autre ! Et enco… « Impossible d’installer X. L’espace de stockage libre est insuffisant. » 

En comparant les fiches techniques des iPad 6 et 7, on croit même déceler un recul concernant Touch ID. Pour l’iPad 6, Apple parle d’un « capteur d’empreinte digitale de 2e génération », tandis que pour l’iPad 7, il est simplement question d’un « capteur d’empreinte digitale », sans précision quant à sa génération. Est-ce que cela veut dire en creux qu’il s’agit d’un Touch ID de 1re génération ? Après de nombreux essais, je n’en mettrai pas mes doigts à couper. Il s’agit peut-être d’un changement de formulation malencontreux sur le site.

En confrontant côte à côte l’iPad 6 et l’iPad 7, le capteur Touch ID apparaît aussi rapide sur l’un que sur l’autre. Il y a bien des écarts de déverrouillages parfois, mais ils tiennent au (mauvais) placement du doigt sur le capteur, et sont donc quelquefois à l’avantage de l’iPad 7. Les démontages ne permettent pas d’attester qu’il s’agit d’un capteur de 2e génération, mais je n’ai pas noté non plus de ralentissement par rapport à mon iPad mini 5. En bref, pas d’inquiétude à avoir sur le Touch ID de l’iPad 7, il n’est pas plus lent.

À l’heure des Memoji et des slofies sur iPhone, Apple n’a pas honte de réutiliser une caméra avant de 1,2 Mpx sur l’iPad d’entrée de gamme. La qualité est sans surprise médiocre au vu des standards actuels. Les photos et vidéos sont peu définies (respectivement 1 280 x 960 et 1 280 x 720 pixels), sombres, très peu contrastées, bruitées… Dommage de négliger ce point alors que l’iPad est un appareil que l’on prend aisément pour faire un FaceTime en famille ou un Skype.

Caméra FaceTime 1 MP : la soupe à la grimace.

Quant à la caméra arrière de 8 MP, là aussi identique à celle de l’iPad 6, elle convient pour scanner des documents ou prendre des photos occasionnellement, mais on sortira son iPhone pour de meilleurs résultats.

L’autonomie aussi fait du surplace, mais c’est moins gênant. Apple annonce « jusqu’à 10 heures pour naviguer sur le Web en Wi‑Fi, regarder des vidéos ou écouter de la musique » et la promesse est respectée.

En utilisation mixte, avec du jeu, du web, de la bureautique et de la vidéo, je tourne bien autour de 10 heures en moyenne. C’est bien dans l’absolu, mais la déception pointe là aussi, car l’iPad 7 aurait pu faire encore mieux grâce à un processeur plus récent et une batterie plus grosse (il y a la place). La recharge avec le chargeur USB-A 10 W inclus est quant à elle toujours aussi interminable : comptez à peu près 4 h 30 pour remplir l’intégralité de la batterie.

Pour être complet, le Wi-Fi 5 (802.11ac) jusqu’à 866 Mbit/s et le Bluetooth 4.2 sont eux aussi hérités de l’iPad 6. La bonne surprise vient de la version cellulaire, qui coûte encore 140 € de plus. Le modem 4G 300 Mbit/s laisse place à un modem Gigabit plus performant. Le nombre de bandes de fréquences prises en charge passe de 22 à 27, rendant l’iPad 7 Wi-Fi + Cellulaire encore plus à l’aise à l’international. En parlant de voyages, cet iPad gagne aussi une eSIM en plus du tiroir nano-SIM.

Pour conclure

L’iPad 7, c’est l’iPad que l’on paye plus cher pour pouvoir payer encore plus cher ensuite. L’écran de 10,2“ au lieu de 9,7” ? Il vous obligera à prendre un abonnement Office 365 si vous voulez utiliser les apps de bureautique de Microsoft. Le Smart Connector ? Il ne sert à rien sans le dispendieux et dispensable Smart Keyboard.

iPad 7

Si encore l’iPad 7 bénéficiait d’améliorations, mais non, Apple a pris soin de ne pas faire d’ombre à l’iPad Air 3, qui garde des avantages (64 Go de stockage, écran perfectionné, puce A12, légèreté et finesse, meilleurs appareils photo) qui font la différence pour les utilisateurs exigeants.

Entendons-nous bien, l’iPad 7 n’est pas un mauvais iPad, loin de là. Il comblera très bien les attentes du plus grand nombre. Personnellement, même si je reste cramponné à l’iPad mini qui a pour moi un format idéal, je trouve cette tablette 10,2″ très agréable à utiliser. Et autant iOS était étriqué il n’y a pas si longtemps sur tablette, autant iPadOS change la donne et montre que l’iPad fait bien partie des priorités d’Apple.

Au bout du compte, l’iPad 7 n’a pas de défaut majeur, si ce n’est d’être moins compétitif que son prédécesseur sur le plan tarifaire. Jusqu’à 90 € moins cher, l’iPad 6 a encore de beaux jours devant lui sur le refurb et chez les revendeurs tiers.

Advertisements

Leave a Reply