Test Canon PowerShot V10 : une caméra pour les enflammés du vlogging

Cette caméra Canon PowerShot V10 est donc destinée au vlogging ! Un appareil pour YouTubeur ou autre « créateur de contenu » qui filme son quotidien (ou presque), son environnement, voire ses périples et découvertes. Au prix affiché, est-ce que ce PowerShot V10 surpasse un smartphone ou un APN de bonne qualité dans la production de vlogs ?

Trois points à retenir de la caméra Canon PowerShot V10

  • La qualité de ses vidéos 4K est au-dessus du lot pour un appareil avec ces dimensions.
  • Écran inclinable, béquille, bouton d’enregistrement à l’avant lui garantissent un usage souple.
  • L’absence de certains mode et surtout une limitation en 4K sont parmi ses défauts.
La caméra de vlogging Canon PowerShot V10, 2024, Ph. Moctar KANE.

crédit photo : 390214 La caméra de vlogging Canon PowerShot V10, 2024, Ph. Moctar KANE.

Avant d’aborder vraiment le test, voici un petit rappel concernant Canon, histoire de vous montrer que ce petit PowerShot V10 ne débarque pas de n’importe où. Cela expliquera aussi certaines de nos remarques et de nos surprises plus bas.

Le vloggeur de New York

En 2008, Canon sort l’EOS 5D Mark II, c’était le premier appareil photo reflex à capteur plein format (de taille 24 mm x 36 mm) capable d’enregistrer une vidéo Full HD (1080 p). Cette innovation va révolutionner le travail des professionnels de la vidéo et du cinéma : l’appareil, avec sa très large gamme d’optiques que quasiment seul Canon (avec Nikon) disposait à l’époque, permettait ainsi de réaliser des productions de qualité, légères et bien moins onéreuses qu’en employant les caméras Full HD de l’époque.

Le youtubeur Casey Neistat durant son dernier vlog quotidien en 2016 lâche son fameux outil d'enregistrement, un appareil reflex Canon monté du trépied.flexible de Joby.

crédit photo : 390216 Le youtubeur Casey Neistat durant son dernier vlog quotidien en 2016 lâche son fameux outil d’enregistrement, un appareil reflex Canon monté du trépied flexible de Joby.

Plusieurs années plus tard, le mode vidéo FHD s’est généralisé dans les reflex et autres APN à objectifs interchangeables pour expert et grand public. En 2015, le youtubeur new-yorkais Casey Neistat va, lui, propulser la pratique du vlog : pendant environ 18 mois il poste quasiment tous les jours une vidéo sur YouTube. Au menu, des cadrages et des angles de vue audacieux, des timelapses, des captures au drone (en plein New York!), des montages dynamiques, … et souvent des plans de lui-même s’adressant face caméra à son public, et ce qu’il soit assis à son bureau, en train de faire du skate à travers les rues de Big Apple ou installé confortablement dans le siège première classe d’une prestigieuse compagnie aérienne.

12 millions sur YouTube

Rapidement, Casey Neistat compte plusieurs millions d’abonnés (il en est actuellement à plus de 12 millions sur YouTube) et influence beaucoup de personnes qui se mettent au vlogging. Et sachez que c’est à l’aide de diverses APN de marque Canon que Casey Neistat (tout comme Peter MacKinnon, une autr qui s’était lancé aussi dans le vlogging sur YouTube) a fait des vlogs : il en particulier beaucoup employé un reflex monté sur un trépied flexible GorillaPod (de Joby).

Tenu à bout de bras en skatant, en courant, posé sur une table ou au bord d’une route, ce dispositif, certes lourd (mais Casey est musclé), lui a permis de varier ses images lors dans son quotidien fait de mouvements et de voyages : c’est devenu une sorte d’icône du vloggeur.

Un écran et une béquille pour se jouer des angles

Le Canon PowerShot V10, 207 g sur notre balance, est plus léger que le reflex. En effet, toutes les demoiselles et damoiseaux ne sont pas aussi forts que Sir Neistat. Mais pour autant, les vloggeurs de la nouvelle génération pourront comme lui tenir à bout de bras et poser cette caméra V10 un peu partout : l’appareil intègre une béquille très pratique. Il permet d’abord de poser et d’incliner l’appareil selon divers angles.

Il améliore aussi la prise en main de la caméra en mobilité. Heureusement, car autrement, à notre avis, le corps de l’appareil aurait été trop petit. Avec seulement environ 4 cm sous l’anneau cerclant l’objectif, la caméra est vraiment pas trop petite pour assurer une prise en main suffisante et ferme.

La caméra de vlogging Canon PowerShot V10, 2024, Ph. Moctar KANE.

crédit photo : 390215 La caméra de vlogging Canon PowerShot V10, 2024, Ph. Moctar KANE.

Évidemment, l’un des points forts du Canon PowerShot V10, c’est son écran inclinable (à un peu plus de 180°). Tout en profitant de l’unique objectif de l’appareil, vous pouvez donc vous filmer en vous regardant, en mode selfie (vidéo). Cette combinaison écran inclinable et objectif (l’unique optique) est un atout de ce type d’appareil par rapport au smartphone. Car sur ces mobiles-là, l’objectif frontal (avec son capteur) est souvent celui qui a la qualité la plus basse ! Cette optique est souvent marquée aussi par une autre caractéristique dont on parlera plus tard.

Plus de lumière, deux micros mais des absences inattendues

La capteur associé à l’objectif grand angle du V10 (un 6,6 mm mais équivalent 19 mm dans le système classique) a une ouverture f/2,8 et surtout une taille 1’’. C’est du haut de gamme. Sa plus grande surface lui permet de bien mieux profiter de la lumière que les capteurs de la quasi-totalité des smartphones, flagships compris. Dans des environnements plus sombres, c’est un gros avantage.

La caméra de vlogging Canon PowerShot V10, avec ses accessoires, bonnettes anti-vent et dragonne, 2024, Ph. Moctar KANE.

crédit photo : 390217 La caméra de vlogging Canon PowerShot V10, avec ses accessoires, bonnettes anti-vent et dragonne, 2024, Ph. Moctar KANE.

Pour naviguer dans le menu, permuter entre les modes de prise de vue photo (20 MP au maximum) et vidéo (4K à 25 ou 30 images/sec selon le standard européen PAL ou américain NTSC), faire d’autres réglages (rajouter un filtre « peau lisse »!), vous pouvez passer par l’interface tactile de l’écran ou bien manipuler les divers boutons. La bonne trouvaille est ce bouton situé non pas à l’arrière mais à l’avant de l’appareil, sous l’objectif, il déclenche la prise d’images.

Très pratique. Mais sachez qu’il reste possible aussi de prendre photos et vidéo via l’écran tactile.

Pas de mode manuel pour la photo !

Au-dessus de l’appareil, il y a deux micros, l’un à gauche, l’autre à droite. Autre avantage par rapport à un smartphone, il y a une prise micro de type Jack. Vous pouvez donc y branchez un micro cravate, par exemple pour isoler votre voix.

Nous avons cherché, nous n’en n’avons pas trouvé. Il a fallu que Canon nous confirme cela. Pour la vidéo, le fabricant a bien prévu un mode expert où il est possible de choisir les paramètres de vitesse d’obturation, d’ouverture du diaphragme et de sensibilité ISO. Mais pour la photo, il n’existe pas de mode manuel sur cet appareil ! Pour qui veut peaufiner ses photos, cela ne sera pas possible : il n’y a que le mode automatique. Dommage de la part de Canon. Le PowerShot V10 est vlog surtout.

Mais même avec cette logique de priorité donnée au vlogging, Canon raté quelque chose : il n’y a pas non plus de mode timelapse…. C’est quand même une technique prisée par les vloggeurs, très pratique pour accélérer le temps, synthétiser les étapes d’un parcours ou d’une procédure. Vous avez certainement déjà vu des vloggeurs montrer en timelapse comment ils bricolent, montent un meuble, aménagent une pièce, … Souvent, ils leur suffit de poser la caméra quelque part et de la laisser tourner. Cette technique est disponible sur quasiment tous les smartphones, mais elle est donc absente sur le V10. Étonnant.

Suprême 4K

C’est quand nous avons regardé les vidéo 4K produites par ce Canon PowerShot V10 que nous nous sommes dits que là il y a de la qualité, de la très grande qualité ! Son capteur de taille 1’’ n’est pas là par hasard. Tout comme, visiblement, l’objectif : ce n’est pas, comme le disent les photographes, un « cul de bouteille ». Les détails que vous pouvez voir sur ces images 4K sont proprement impressionnants. Attention donc si vous rapprochez votre tête de la caméra. Car votre visage, avec ses crevasses et ses sillons, sera révélé plus précisément que la meilleure des cartes topographiques de l’IGN ! Bravo aussi pour le suivi du focus sur le visage en mouvement.

Dans la plupart des cas, la mise au point sur votre visage sera bonne quand vous poserez et discuterez devant l’objectif. C’est ici un très grand avantage sur les smartphones utilisés pour faire du vlogging en mode selfie vidéo. Car, dans ces cas, vous allez utiliser l’objectif grand angle frontale. Les constructeurs ne vous le disent pas, mais sachez que souvent il n’y a pas d’autofocus fait avec ces objectifs grand angle : ils profitent de la grande profondeur de champs pour miser sur une netteté suffisante.

Le V10, comme d’autre APN, va faire le point sur votre visage qui s’avance ou recule. Et il exécute cette tâche vraiment bien. Dommage cependant qu’il soit impossible de zoomer une fois l’enregistrement débuté. Ce qui est possible avec les smartphones en général… A noter, le zoom sur le V10 n’est que numérique (x3 au maximum).

Nous avons également testé la prise de vidéo (en 4K à 30 ips) la nuit, dans une rue animée et colorée, entre commerces de bouche et terrasses de café et de restos. Le résultat était vivifiant, en couleurs et en luminosité. L’audio était également convaincant, même très bon. Les deux micros restituent un son très riche, clair. Une véritable plongée dans l’ambiance sonore de cette scène urbaine, entre conversation des passants, des convives des restaurants et bruits de la circulation.

Coup de chaud

Nombre d’appareils, y compris les smartphones, chauffent quand ils enregistrent une vidéo en 4K. Cette caméra Canon PowerShot V10, elle, exagère, en montant trop vite en température. Ainsi, après le clignotement d’un voyant, elle s’est éteinte au bout de 21 minutes seulement d’enregistrement d’une vidéo en 4K ! Aucune des sept autres vidéos enregistrées successivement (avec une courte pause entre les séquences) n’a pu durer plus de 9 minutes ; l’appareil s’éteignait.

On comprend mieux l’avertissement affiché à l’écran à allumage du V10 : « Sous ces réglages, l’appareil peut s’éteindre brusquement si hausse de température interne. »

Sachez que vos séquences vidéo ne devront pas durer en longueur si vous voulez profiter de la qualité 4K (la durée est plus grande si vous vous contentez de la Full HD). Alors, certes 21 minutes, c’est largement suffisant en général pour un plan séquence. Mais si le tournage se déroule à l’extérieur, durant une balade un jour de chaleur (ce qui n’était le cas lors du test), peut-être que cette limite de temps serait plus réduite encore. Et, franchement, devoir faire une pause pour laisser refroidir l’appareil est chronophage et peut potentiellement vous faire louper des moments intéressants.

La caméra de vlogging Canon PowerShot V10 en surchauffe durant un enregistrement en vidéo en 4K, 2024, Ph. Moctar KANE.

crédit photo : 390211 La caméra de vlogging Canon PowerShot V10 en surchauffe durant un enregistrement en vidéo en 4K, 2024, Ph. Moctar KANE.

En conclusion sur le Canon PowerShot V10

La qualité des vidéos 4K du Canon PowerShot V10 est sublime. Avec une mise au point précise qui permet de décoller et donc de mettre en relief votre visage vis-à-vis de l’arrière plan, vous n’aurez pas l’équivalent optique (sans manipulation numérique) avec un smartphone. La qualité audio est également au rendez-vous pour le vloggeur qui veut discourir devant l’écran et se faire entendre distinctement par son public. Ce V10 dispose d’autres fonctionnalités, comme la diffusion en live (YouTube, Facebook, Twitch) en utilisant une appli dédiée.

La caméra de vlogging Canon PowerShot V10 face à un smartphone, le Honor Magic6 Lite, monté sur un trépied, 2024, Ph. Moctar KANE.

crédit photo : 390213

Mais quelques manques sont gênants, comme le mode timelapse, une technique intéressante en narration vidéo. Le principal défaut du Canon PowerShot V10 reste la surchauffe lors d’un enregistrement en 4K. Cela ne devrait tout de même pas être un problème pour les vloggeurs / réalisateurs adeptes de séquences courtes et de montages dynamiques.

Par contre, pour ceux qui dirigent rarement l’objectif vers eux et qui préfèrent capter ce qui est devant eux, le choix serait différent : au prix actuel de 380 € du V10 (vendu au départ 480 €), il est peut être préférable de se tourner vers une action cam (GoPro Hero12 Black ou DJI Osmo Action 4) ou vers un smartphone, par exemple le Honor Magic6 Lite dont vous utiliserez la caméra principale pour filmer en 4K sans risque de surchauffe rapide.

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