“Tenue décente exigée”: les propos de Macron sur le crop top à l’école font polémique – BFMTV

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Interrogé par Elle, le chef de l’État a estimé que “tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école”.

En septembre dernier, c’était le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer qui appelait à revêtir une “tenue républicaine” au sein des établissements scolaires. Emmanuel Macron s’était à l’époque borné à prôner le “bon sens”. “Je ne suis pas sûr que j’ai à me mêler de tout”, avait-il déclaré, au sujet du mouvement #lundi14septembre, qui avait pour but de lutter contre les injonctions faites aux adolescentes dans leurs tenues.

Une position que le chef de l’État a semble-t-il réexaminée. Interrogé sur le port d’un crop top, un tee-shirt court, dans la rue ou à l’école, à l’occasion d’un entretien accordé à Elle mis en ligne jeudi, le président s’est prononcé pour une “tenue décente exigée”:

“À la maison ou chez des amis, c’est une chose. À l’école, je suis plutôt ‘tenue décente exigée’, aussi bien pour les filles que pour les garçons. Je ne suis pas un défenseur de l’uniforme, mais tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école”, a-t-il déclaré.

Schiappa ne veut pas de “clash” avec Macron

Des propos abondamment commentés sur les réseaux sociaux, qui ont fait réagir plusieurs personnalités politiques. Au sein du gouvernement, Marlène Schiappa a botté en touche, déclarant ce vendredi au micro de RMC ne pas vouloir “rentrer dans un clash avec le président de la République sur pour ou contre le crop top”.

“C’est une réponse du Président à une question dans un magazine qui s’appelle Elle, c’est pas une loi. Est-ce que moi je porte un crop top? Est-ce que j’irais travailler au ministère de l’Iintérieur avec un crop top? Non, il ne vaut mieux pas”, a opposé la ministre déléguée à la Citoyenneté.

Une position délicate pour l’ancienne secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les Femmes et les Hommes, qui en septembre dernier, avait soutenu sans ambiguïté le mouvement #lundi14septembre.

“Des jeunes filles ont décidé spontanément partout en France de porter jupes décolletés crop top ou maquillage pour affirmer leur liberté face aux jugements & actes sexistes. En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration”, avait-elle tweeté.

Mélenchon compare Macron à l’ayatollah Khomeini

À gauche, plusieurs personnalités ont critiqué la réponse formulée par Emmanuel Macron. En conférence de presse jeudi, Jean-Luc Mélenchon a dressé un parallèle entre l’ayatollah Khomeini et le dirigeant français:

“Nous avons deux penseurs de l’habillement féminin, l’ayatollah Khomeini suivi de l’ayatollah Khameini, et M. Macron, qui décide quelle longueur, à partir de laquelle une jeune femme ou une jeune fille ou une fillette se comporte de manière décente ou non. C’est tellement incroyable que je pense que la plupart d’entre nous en restons sidérés et qu’on se demande même si on a envie de polémiquer sur un sujet pareil”, a tancé le leader insoumis, candidat à la présidentielle.

“Le problème c’est le regard des hommes”, pour Piolle

Pour le maire de Grenoble Éric Piolle, également officiellement candidat à la présidentielle depuis peu, via la primaire écologiste, Emmanuel Macron est rentré dans une “polémique stérile”.

“Ce n’est pas son rôle. Je le redis: le problème c’est le regard des hommes, pas le nombril des filles. Certains sont obsédés par le corps des femmes. Ce qui m’importe, c’est le droit des femmes”, a-t-il tweeté jeudi, réitérant la position qu’il avait affichée en septembre.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV

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