Tempête Ciara : des « vents violents » soufflent sur la Corse, 12 départements en vigilance – Le Monde

Des pompiers combattent un incendie à Pietracorbara, en Corse, le 10 février.

Des pompiers combattent un incendie à Pietracorbara, en Corse, le 10 février. PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

C’est au tour de la Corse d’être touchée par des « vents violents » liés à la tempête Ciara, qui traverse la France depuis dimanche. Après avoir balayé le nord et l’est du pays, la tempête frappe l’île, placée en vigilance orange avec des rafales mesurées à 219 km/h sur le cap Corse – le record est de 225 km/h en janvier 2018. L’alerte aux vents forts concerne les Alpes-Maritimes, la Corse-du-Sud et la Haute-Corse.

L’alerte « vague-submersion » est maintenue, mardi 11 février, pour huit autres départements : Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Manche, Morbihan, Pas-de-Calais, Seine-Maritime et Somme. Le département de l’Eure est quant à lui en vigilance « inondation ».

Bulletin Météo-France de 6 heures, mardi 11 février.

Bulletin Météo-France de 6 heures, mardi 11 février.

Plusieurs incendies en Corse

Plusieurs incendies se sont déclenchés en Haute-Corse dans la nuit de lundi à mardi, dont un de 250 hectares (ha) à Olmeta-di-Tuda, au sud de Bastia. Cet incendie suscite « une vigilance très particulière », a déclaré la préfecture de Haute-Corse qui n’a dénombré aucun blessé. « Une bergerie et des hameaux ont été placés sous vigilance » parce qu’ils pourraient être menacés par cet incendie qui mobilisait mardi matin 120 pompiers, a précisé la préfecture.

Près de 2 000 foyers étaient privés d’électricité au petit matin dans le département, a fait savoir la même source. « Les inquiétudes ont été fortes cette nuit mais sont retombées même si la plus grande vigilance est de mise », a précisé le préfet François Ravier. Aucun moyen aérien ne pouvait être engagé du fait des conditions météorologiques, selon les pompiers.

Un autre incendie, qui s’était déclaré lundi à Pietracorbara, dans le cap Corse, n’a pas évolué dans la nuit et a ravagé 70 hectares de végétation. Il était toujours sous surveillance mardi matin. Quelque 200 pompiers sont également restés mobilisés toute la nuit « en surveillance active » sur l’incendie de Quenza, qui a débuté mardi dernier et a ravagé 1 500 ha.

Dans la région bastiaise, le vent continuait de se renforcer et les rafales ponctuelles devaient atteindre en cours de matinée 130 à 160 km/h avant de faiblir progressivement mardi en cours d’après-midi.

Côté aérien, plusieurs vols des compagnies Air Corsica et Air France ont été annulés à Bastia, Calvi et Figari. L’activité portuaire au départ de Bastia et L’Ile-Rousse était également suspendue mardi matin. L’université de Corse, à Corte, est fermée.

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Accalmie sur le front des transports

Alors que Ciara sévissait en direction de la mer de Norvège, la Seine-Maritime et l’Eure restaient en vigilance orange en raison de crues de la Seine. De même, sur la façade ouest, les départements du Pas-de-Calais et de la Somme restaient en vigilance orange pour la nuit à cause des risques de « vagues-submersion » jusqu’à mardi 16 heures. Selon la préfecture, « l’intensité du phénomène sera plus marquée au moment des pleines mers », soit mardi autour de 1 heure du matin, puis vers 13 heures.

Dans les transports, le pire semble passé. Sur le réseau ferroviaire, « il n’y a plus de perturbations à attendre, il reste quelques difficultés isolées », a déclaré la SNCF peu avant 19 heures. « En Ile-de-France, le trafic est normal. En Normandie, le trafic reste interrompu entre Argentan et Granville » a-t-elle détaillé. De même, « le trafic est interrompu entre Lille et Douai, et la reprise est prévue pour demain [mardi] matin ». Seules subsistaient quelques difficultés dans l’est.

Enfin, même accalmie sur le front aérien : « Il n’y a pas eu de retard significatif par rapport à une journée normale », selon une source aéroportuaire. Une cinquantaine de vols avaient dû être annulés ou retardés à Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly, ainsi que plusieurs vols en province affectant des milliers de passagers.

La situation s’améliorait également pour les usagers d’électricité : environ 15 000 foyers restaient privés d’électricité lundi soir, principalement en Normandie, dans les Hauts-de-France et dans le Grand-Est, un chiffre en recul par rapport au pic de 130 000 foyers touchés par des coupures en début de matinée, selon Enedis. « Près de 4 000 salariés Enedis et d’entreprises partenaires restent mobilisés », a assuré le distributeur.

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Plusieurs blessés, des centaines d’intervention

A Louvroil, près de Maubeuge, un piéton a été percuté par un panneau publicitaire. Il a été transporté à l’hôpital dans un état grave, selon les sapeurs-pompiers. Dans le Grand-Est, outre le dégagement de nombreux arbres couchés sur les chaussées, les pompiers ont reçu des milliers d’appels et sont intervenus des centaines de fois pour des toitures envolées et des lignes électriques tombées à terre.

Dans le Bas-Rhin, six personnes ont été légèrement blessées, dont deux femmes de 45 et 57 ans quand un arbre est tombé à Strasbourg. Dans le Haut-Rhin, la préfecture a rapporté également « trois blessés » pris en charge par les pompiers. Deux personnes ont également été légèrement blessées en Meurthe-et-Moselle, selon la préfecture, qui a suspendu les transports scolaires toute la matinée.

A Paris et dans les départements de la petite couronne, les pompiers ont effectué plus de 300 interventions depuis les premières rafales de vent dimanche matin, pour des chutes d’objets ou de branchages pour l’essentiel. A Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), 150 m2 d’une toiture d’école ont été soufflés, et à Vogelsheim (Haut-Rhin), une centaine de pompiers ont été mobilisés par l’incendie d’une scierie.

Dans le Nord, les sapeurs-pompiers sont notamment intervenus sur la façade d’un hôtel situé près de la gare de Lille-Europe, qui « menaçait de s’effondrer sur la voie publique depuis une hauteur de plus de 50 m ».

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