Téléphonie sur PC portable : Comment prioriser le vocal

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Téléphonie sur PC portable : Comment prioriser le vocal

En quelques années, la téléphonie d’entreprise s’est profondément transformée, du fait de la généralisation de la VoIP, ou voix sur IP, aiguillonnée par des services comme Skype, puis WhatsApp ou encore Zoom, et par le développement de la téléphonie mobile. Les utilisateurs ont pris l’habitude soit d’utiliser leur smartphone, soit de connecter un kit micro/oreillettes, ou casque “softphone”, à leur PC portable : c’est la solution universelle pour les visioconférences, depuis la généralisation du télétravail.

En parallèle, chacun sait que la téléphonie de réseau commuté (RTC) des années 70 – dite “analogique” (non numérique) – est appelée à disparaître définitivement d’ici 2 à 3 ans. Ce qui précipite les choix à faire.

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Box, routeur 4G ou cloud

Pour les TPE, l’alternative la plus courante consiste à basculer sur une “box” ADSL, si possible avec un service “pro” : on ajoute une deuxième ligne ADSL en secours, ou on installe un canal de débordement et backup par radiocommunication mobile 4G (“boîtier routeur 4G fixe”, et bientôt 5G). Et le réseau local est remplacé par une connexion radio Wi-Fi, y compris pour l’imprimante.

Certaines petites organisations choisissent de se passer totalement de la téléphonie fixe en passant toutes leurs communications via un réseau mobile, avec des forfaits bien négociés.

La fibre optique n’est pas indispensable pour la téléphonie, car un débit de 1 Mb/s peut véhiculer jusqu’à 10 conversations simultanées.

Téléphonie sur le cloud

Pour une PME dépassant une dizaine de postes, la solution d’une téléphonie fixe peut consister à se tourner vers une offre d’opérateur qui supprime l’autocommutateur : l’entreprise est connectée en permanence, via une double connexion ADSL ou fibre à un serveur téléphonique chez son opérateur, qui assure tous les services, y compris la possibilité de récupérer les appels avec numéro fixe sur son smartphone (l’appelant ne sait pas que vous êtes à l’extérieur sur un mobile ; et inversement, vous appelez avec votre smartphone et c’est votre numéro fixe qui s’affiche). C’est l’option dite “centrex” ou, selon la tendance actuelle, de “téléphonie sur le cloud”.

Ici, outre l’intérêt de déporter l’administration et la maintenance chez un prestataire opérateur, on bénéficie d’une large offre de forfaits intégrant mobile et fixe, notamment intéressants à l’international. Le serveur de téléphonie – IPBX ou PBX – est généralement invisible : il fait partie du service loué par l’opérateur.

IPBX ou PBX géré en interne

Beaucoup de PME d’une certaine taille (plus de 50 postes) n’ont pas encore pris la mesure de ces offres externalisées. Sans trop se poser de questions, elles continuent de confier la téléphonie à leur service informatique, après avoir acheté et amorti un serveur IPBX (autocommutateur IP). Elles ont donc remplacé leur autocommutateur téléphonique – dit PABX, central ou standard téléphonique RTC – par un serveur dédié, connecté au réseau de l’entreprise doté de prises universelles voix/données et d’un ou plusieurs commutateurs/routeurs Wi-Fi.

Prioriser la voix sur un “VLAN” vocal

Depuis quelques mois, dans le contexte de télétravail généralisé dû à la pandémie de Covid-19, la question s’est posée à nouveau. La généralisation des visioconférences peut mettre à mal le réseau d’entreprise, où la bande passante n’est pas infinie.

Si l’on veut continuer à gérer en interne sa téléphonie et ses services de communications unifiées, il faut alors se souvenir que tout réseau local peut être segmenté en sous-réseaux virtuels ou VLAN. Ce qui, outre la priorisation possible de la bande passante (voix ou données), permet de limiter les cyberattaques, car ces sous-réseaux peuvent être étanches et bloquer ainsi la transmission de virus ou autres malwares. Autre avantage : l’ajout de postes VoIP sur le réseau se fait sans configuration, ou très peu.

En effet, il est tout à fait possible de configurer un ou plusieurs réseaux “VLAN vocal” (voice VLAN) à partir des commutateurs réseaux (ou “switchs”) de l’entreprise. Il s’agit donc de prioriser des flux de VoIP sur certains segments et postes du réseau.

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Priorisation d’un VLAN vocal par adresses MAC sources. Source : FS Community.

L’identification des flux peut être effectuée de façon simple au niveau du paramétrage OUI (Organizationally unique identifier) du commutateur de deux façons : soit par la liste des adresses MAC des équipements “sources” connectés ; soit par le relevé de “tags”, ou marqueurs des paquets reçus sur le VLAN (cf. priorisation 802.1p ou DSCP – déterminant la “CoS”, class of services – et priorisation 802.1Q).

Généralement, par défaut, le vocal est configuré en CoS 6, l’avant-dernier niveau de priorisation (7 étant réservé aux flux de contrôle). Et la qualité de service DSCP (Differentiated Services Code Point) est a priori paramétrée au niveau 46 (transfert accéléré).

A noter que tous les commutateurs réseau ne prennent pas en charge la technologie “voice VLAN”. Ceux qui supportent le PoE (power over Ethernet : ports alimentant en énergie électrique de 24 ou 48 V ou plus), comme les PowerConnect 5500 de Dell, sont généralement configurables VoIP et capables d’alimenter des téléphones IP.

Le paramétrage d’un VLAN vocal sécurisé n’est pas activé pas défaut. Il faut le configurer. A ce stade, il faut vérifier que le serveur IPBX (ou PBX) ou le commutateur VoIP soient compatibles VLAN, (c’est-à-dire qu’ils prennent en charge le balisage).

En résumé, mieux vaut s’en assurer auprès d’un spécialiste.

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