Télécoms : Tout comprendre à l’empreinte environnementale qui figure désormais sur nos factures

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Télécoms : Tout comprendre à l'empreinte environnementale qui figure désormais sur nos factures

L’année 2022 devrait être cruciale pour les acteurs du numérique, sommés par les autorités de réduire une empreinte carbone actuellement chiffrée à 2 % des émissions de gaz à effet de serre en France par l’Arcep. En première ligne, les opérateurs et FAI ont depuis le 1er janvier 2022 l’obligation d’afficher l’équivalent en CO2 de la consommation de données de leurs abonnés.

Un nouveau dispositif destiné à rendre plus lisible auprès du grand public l’empreinte environnementale du numérique en traduisant en émissions de gaz à effet de serre (exprimé en dioxyde de carbone équivalent) la quantité de données consommées par chaque abonné.

Mais comment cela devrait-il se traduire pour chacun d’entre nous ? Comme le résume l’Agence de la transition écologique (Ademe), cette nouvelle mesure devrait prendre la forme d’une nouvelle ligne inscrite sur votre facture de téléphone ou d’internet. Y figurera l’équivalent en kilogrammes ou en tonnes en marge de la quantité de données transférées, exprimée en gigaoctets.

Au 1er janvier 2022, l’Ademe a chiffré à l’empreinte carbone d’un Go de données mobiles à 49,4 gCO2e tandis que celle d’un Go de données téléchargée via un réseau fixe est estimée à 4.1 kgCO2e. “Ces valeurs ont été calculée suivant une approche cycle de vie, multicritère dans le cadre d’une étude menée sur l’évaluation de l’impact environnemental du numérique à l’échelle de la France. Elles peuvent être amenées à être mises à jour”, précise l’Agence, qui entend avec cette mesure inciter les consommateurs à privilégier le Wifi aux réseaux mobiles (3G, 4G ou 5G), réputé moins énergivores.

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Une mesure critiquée

Si la mesure est essentiellement incitative, elle fait pourtant l’objet de critiques de la part de personnalités du numériques. Ces derniers déplorent qu’elle fait l’impasse sur les externalités positives qu’offre le numérique, qui permet bien souvent d’éviter d’émettre plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’il n’en produit lui-même.

“Est ce que les opérateurs me donnent le crédit des émissions que j’évite en faisant une visioconférence plutôt que d’y aller en avion ? En réduisant ma consommation de gaz avec des e-robinet thermostatiques ? En utilisant BlaBlaCar plutôt que ma voiture ?”, s’interroge ainsi sur Twitter Gilles Babinet, le co-président du Conseil national du numérique.

Pour rappel, l’adoption récente de la loi destinée à réduire l’empreinte environnementale du numérique (REEN) place les opérateurs en première ligne dans le combat pour réduire la facture écologique du numérique. Ces derniers seront désormais tenus de publier « des indicateurs clés sur leurs politiques de réduction de leur empreinte environnementale, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de renouvellement et de collecte des terminaux […] d’écoconception des produits et des services numériques qu’ils proposent, de recyclage et de réemploi des boîtiers de connexion internet et des décodeurs, ainsi que de sensibilisation aux usages responsables du numérique », indique le texte.

Si le numérique représente aujourd’hui 2 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau national, cette proportion devrait continuer d’augmenter de l’ordre de 60 % d’ici à 2040, pour atteindre 6,7 % de ces mêmes émissions.

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