Troisième trimestre 2018 difficile pour les opérateurs télécoms sur le marché français. Selon les dernières données du baromètre trimestriel du marché des communications électronique en France publié aujourd’hui par l’Arcep, le revenu des acteurs du marché recule pour la première fois en 2018, avec une chute de 1,3 % du revenu global réalisé par le secteur, qui génère 8,9 milliards d’euros HT sur la période.

En cause selon l’Autorité présidée par Sébastien Soriano, une baisse plus intense du revenu des services fixes ce trimestre (en baisse de 1,7% sur un an contre -1,2% environ les deux trimestres précédents), qui constitue au troisième trimestre 48% de l’ensemble des revenus générés par le secteur.

A cela s’ajoute une diminution du chiffre d’affaires issu de la vente de terminaux mobiles, qui s’est élevé à 814 millions d’euros au cours de la période, un montant en baisse de 3,3 % sur un an, ainsi qu’un recul continu depuis six ans des services à valeur ajoutée, dont le chiffre d’affaires ressort à 239 millions d’euros, en baisse de 16,4 % sur un an.

SMS et téléphonie fixe continuent à décliner

Seul motif d’espoir pour le secteur, les services mobiles qui continuent à tirer leur épingle du jeu, avec une hausse du chiffre d’affaires généré de 1,1 % sur un an, à 3,319 milliards d’euros tiré par la vente de forfait, dont les revenus augmentent de 2,3 % sur un an.

Pour autant, la proportion d’utilisateurs de smartphones s’accroît : huit détenteurs de téléphones mobiles sur 10 en sont détenteurs, ainsi que le relève l’Arcep, qui constate par ailleurs une augmentation du nombre de clients actifs sur les réseaux 4G, ces derniers se chiffrant au troisième trimestre 2018 à 46,4 millions.

L’Arcep note toutefois un fléchissement de l’engouement pour la 4G, le nombre d’abonnés ayant recours à ce réseau n’ayant augmenté que de 7,5 millions d’usagers sur un an, contre une hausse de 9,4 millions d’usagers au cours de l’année précédente.

A noter que le déclin du SMS se confirme encore ce trimestre. Le nombre de textos envoyés ce trimestre a ainsi chuté de 5 % sur un an, pour atteindre le nombre de 42,6 milliards. Une tendance que rencontre également le trafic fixe, qui continue à décliner au même rythme que les années précédentes d’environ 10 %, pour atteindre une consommation mensuelle moyenne de 1h59 par ligne, en baisse de 16 minutes sur un an.

La fibre optique concerne 15 % des accès internet

En ce qui concerne les abonnements à internet, l’Autorité relève que trois abonnements internet à très haut débit sur quatre souscrits ce trimestre le sont désormais en fibre optique de bout en bout.

A contrario, le nombre d’accès internet à haut débit (20,6 millions au troisième trimestre 2018), composé essentiellement d’abonnements DSL, diminue depuis plus de trois ans et à un rythme de plus en plus soutenu (-1,2 million en un an contre près de deux fois moins au troisième trimestre 2017). S’y substituent progressivement des abonnements à très haut débit, qui représentent aujourd’hui 8,4 millions d’abonnements souscrits en France, un montant en hausse de 1,9 million sur un an.

Fait notable, les accès en très haut débit via la fibre optique de bout en bout voient leur nombre s’accroître de manière significative pour atteindre un parc de 4,3 millions d’abonnements, une hausse de 1,4 million sur un an alors qu’elle plafonnait jusqu’alors à 1 million d’accès supplémentaires par année. Ceux-ci représentent aujourd’hui 15% des accès internet, et une majorité (52%) des accès à très haut débit. A noter que les abonnements dont le débit est compris entre 30 et 100 Mbit/s augmentent de 475 000 accès supplémentaires sur un an.

Comme s’en félicite l’Arcep, le nombre d’abonnements à très haut débit représente au troisième trimestre 2018 près d’un abonnement à internet sur trois sur un total de 28,9 millions, tandis que 44% des logements éligibles au très haut débit bénéficient désormais d’un abonnement actif (+6 points en un an).

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