Tchad : à l’origine de la mort du président Idriss Déby, les rebelles du FACT venaient de Libye – Franceinfo

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Le président tchadien Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans, est mort le 20 avril 2021 des suites de blessures reçues alors qu’il commandait son armée dans des combats contre des rebelles dans le nord du pays, a annoncé la télévision d’Etat. Un premier affrontement au sol a eu lieu, samedi 17 avril, entre les forces gouvernementales et les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact). Les combats se sont déroulés, dans la province du Kanem, à plus de 300 km de la capitale N’Djamena.

Le FACT avait lancé son offensive depuis ses bases arrière en Libye le 11 avril, jour de l’élection présidentielle au Tchad. L’armée tchadienne a précisé avoir tué plus de 300 rebelles qui menaient une incursion depuis huit jours dans le nord du pays, fait 150 prisonniers et perdu cinq militaires dans des combats.

Même si les autorités tchadiennes affirment avoir mis en fuite une colonne de ses rebelles, le FACT, estimé à environ 1 500 hommes, dispose encore d’une forte capacité de nuisance. Selon des sources sécuritaires citées par la Deutsche Welle, ces combats ont d’ailleurs été “très durs et âpres, avec des pertes des deux côtés”. Selon ces mêmes sources, les insurgés se seraient scindés en plusieurs colonnes pour attaquer sur plusieurs fronts.

Seule une partie des FACT aurait pris part aux combats, à savoir une colonne de plusieurs centaines d’hommes, à bord de dizaines de véhicules. L’incertitude demeure quant aux mouvements du reste des rebelles.

Le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad est un groupe politico-militaire tchadien, composé majoritairement de membres de l’ethnie gorane, à laquelle appartient l’ancien président tchadien Hissène Habré. Créé en avril 2016 par Mahamat Mahdi Ali, le FACT s’est installé dans le sud de la Libye et s’est militairement engagé aux côtés des forces de Misrata, à la fois contre l’Etat islamique et l’Armée nationale Libyenne (ANL) du général Khalifa Haftar.

En mars 2017, le groupe rebelle va prêter main-forte aux Brigades de défense de Benghazi. Mais la décision de revenir au Tchad est récente, elle pourrait faire suite à une pression de la communauté internationale, qui a demandé au gouvernement de Tripoli de faire partir toutes les groupes armés étrangers du pays. En plus de combattants très aguerris, le FACT est puissant grâce à tout l’armement qu’ils ont apporté de Libye.

Des mouvements rebelles – et ethniques – ont toujours existé dans le massif du Tibesti, frontalier avec la Libye, mais aussi dans le nord-est du pays, qui borde le Soudan. Les rebelles tchadiens affrontent régulièrement l’armée depuis leurs bases arrière dans ces pays.

En 2008, une offensive avait échoué in extremis aux portes du palais présidentiel de N’Djamena grâce à l’appui de l’armée française. En 2019, une colonne rebelle avait tenté une nouvelle incursion depuis la Libye, mais avait été stoppée loin de la capitale par des frappes de mirages français. Cette fois encore, Idriss Déby pensait sans doute pouvoir repousser ces rebelles.

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