Tariq Ramadan mis en examen pour le viol de deux autres femmes – Le Monde

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Tariq Ramadan, le 13 février 2020.

Tariq Ramadan, le 13 février 2020. THOMAS SAMSON / AFP

L’enquête du parquet de Paris concernant l’islamologue suisse Tariq Ramadan, déjà mis en examen en février 2018 pour les viols de deux femmes entre 2009 et 2012, a abouti jeudi 13 février à une nouvelle mise en examen pour les viols de deux autres femmes, a fait savoir son avocat.

Ces deux femmes, interrogées en tant que témoins par les policiers en février 2019, ont été identifiées sur des photos retrouvées dans l’ordinateur de l’islamologue suisse de 57 ans, qui conteste toutes les accusations. Ces deux femmes, qui n’ont pas porté plainte, assurent avoir été entraînées dans une relation sexuelle brutale par l’intellectuel musulman, l’une en novembre et décembre 2015, l’autre en mars 2016. Toutes deux ont évoqué une « emprise ».

Il me disait : « C’est de ta faute, tu le mérites »

Aux enquêteurs, les deux femmes ont raconté en février 2019 comment ce « manipulateur » les avait entraînées chacune dans une relation « dominant-dominé » virtuelle avant un rendez-vous brutal. « Je lui demandais d’être plus doux, mais il me disait : “C’est de ta faute, tu le mérites” (…) et qu’il fallait obéir, ce que j’ai fait », a rapporté l’une de ces femmes.

« C’est d’un autre ordre qu’un viol physique, cela va au-delà, (…) il y a un viol moral », a expliqué la seconde au sujet de deux rencontres en mars 2016 à Paris. « Il a une telle emprise sur vous qu’on fait tout ce qu’il nous demande (…). Mais cette relation a été consentie, oui. Il faudrait une autre infraction pour ce genre de personnes », a-t-elle précisé. Cette dernière, âgée de 37 ans, a fini par se porter partie civile récemment, devenant la cinquième femme en France à porter plainte contre l’islamologue.

« Il y a une volonté de poursuivre Tariq Ramadan coûte que coûte et ce contre les évidences », a réagi son avocat, Emmanuel Marsigny. « Alors que les mensonges des premières accusatrices sont désormais clairement établis, il vient d’être de nouveau mis en examen alors que la première femme visée a elle-même déclaré que les relations avaient été “consenties” et que l’autre femme ne s’est jamais plainte de leurs deux rencontres », a-t-il ajouté.

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Viol sur personne vulnérable

Figure longtemps influente, mais controversée, de l’islam européen, Tariq Ramadan est mis en examen depuis février 2018 pour « viol » et « viol sur personne vulnérable », pour les faits dénoncés par Henda Ayari et « Christelle », respectivement en 2012 à Paris et en 2009 à Lyon.

Une troisième femme, Mounia Rabbouj, l’a ensuite accusé de neuf viols sur la période 2013-2014. Pour ces faits, il n’est pas poursuivi. Une quatrième plainte a été déposée l’été dernier par une femme surnommée « Elvira », mais son récit n’est pas corroboré par les vérifications de la brigade criminelle et elle ne s’est pas rendue aux convocations de la justice.

Remis en liberté en novembre après dix mois de détention provisoire, M. Ramadan a d’abord nié tout rapport sexuel avec ces femmes avant d’évoquer des « relations consenties ».

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