Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), ont affirmé avoir “repoussé” l’offensive turque.

L’opération était imminente. Des militaires turcs et leurs supplétifs syriens ont pénétré mercredi 9 octobre dans le nord-est de la Syrie dans le cadre d’une offensive lancée par Ankara contre une milice kurde soutenue par les pays occidentaux, a indiqué le ministère turc de la Défense. Le porte-parole d’un groupe de rebelles syriens participant à l’offensive a affirmé que cette offensive avait commencé en direction de la ville de Tal Abyad, contrôlée par la milice des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord-est de la Syrie.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes des YPG, ont affirmé avoir “repoussé” cette offensive turque.

Faisant fi des pressions internationales, la Turquie a lancé mercredi une offensive contre les territoires situés à l’est de l’Euphrate des YPG, une milice kurde soutenue par les pays occidentaux contre les jihadistes du groupe Etat islamique mais bête noire d’Ankara, considérée comme une organisation “terroriste”, pour ses liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Selon Ankara, l’objectif de cette nouvelle offensive, la troisième en trois ans, est de créer une “zone de sécurité” pour séparer les positions des YPG de la frontière turque et y reloger certains des près de quatre millions de Syriens réfugiés en Turquie.

L’opération a déjà fait au moins 15 morts dont 8 civils, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ajoutant que des “milliers de déplacés” fuient les zones bombardées. A Ras al-Aïn, un correspondant de l’AFP a entendu une forte explosion et vu s’élever de la fumée tout près de la frontière, ajoutant que des avions survolaient le secteur. 

“Les Etats-Unis ne soutiennent pas cette attaque et ont clairement indiqué à la Turquie que cette opération était une mauvaise idée”, a déclaré Donald Trump dans un bref communiqué. Le président américain avait pourtant semblé donner son feu vert à une telle opération, avant de nuancer ses propos et d’assurer que Washington n’avait “pas abandonné les Kurdes”.

Paris a “très fermement” condamné l’incursion turque. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé l’arrêt de l’offensive. L’Allemagne a estimé que l’opération risquait “de provoquer une résurgence” de l’EI et Londres a dit sa “sérieuse préoccupation”.

Avant le déclenchement de l’offensive, le président russe Vladimir Poutine avait appelé le président Erdogan à “bien réfléchir”. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence jeudi.

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