La France est «inquiète» après la fuite annoncée de 800 proches de djihadistes étrangers du groupe État islamique (EI) d’un camp en Syrie et appelle une nouvelle fois Ankara à mettre fin «au plus vite» à son offensive contre les Kurdes, a déclaré dimanche la porte-parole du gouvernement français.

«Evidemment que nous sommes inquiets par rapport à ce qui pourrait se passer et c’est la raison pour laquelle nous souhaitons que la Turquie […] termine au plus vite l’intervention qu’elle a commencée, que nous avons évidemment condamnée», a déclaré Sibeth Ndiaye dans l’émission «Dimanche en Politique» sur France 3.

Les autorités kurdes ont annoncé dimanche la fuite de près de 800 proches de djihadistes étrangers de l’EI d’un camp de déplacés du nord de la Syrie, à proximité de combats opposant forces kurdes et proturques.

«Je ne sais pas, aujourd’hui, qui sont exactement les personnalités qui se sont enfuies du camp, c’était depuis le début de cette intervention armée une préoccupation pour la France», a insisté la porte-parole, mentionnant les «djihadistes français dont nous avons toujours considéré qu’ils devaient être jugés sur place».

«Nous avons une diplomatie qui est extrêmement active», a affirmé Mme Ndiaye, soulignant que le président français Emmanuel Macron «a eu l’occasion d’échanger avec Donald Trump pour lui rappeler ce qu’étaient les préoccupations françaises», «la condamnation unanime de l’Union européenne vis-à-vis de cette offensive unilatérale sur le sol syrien».

La France a d’abord demandé une réunion du Conseil de sécurité à l’ONU puis une des membres de la coalition internationale qui agit actuellement en Syrie et «nous avons également annoncé que nous ne fournirions plus d’armes à la Turquie», a-t-elle ajouté. «Il y a déjà des populations qui sont déplacées, on peut craindre une grave crise humanitaire sur place», a aussi relevé la porte-parole.

Les combats font rage au cinquième jour d’une offensive turque qui a provoqué un tollé international et fait plus de 150 morts, dont une cinquantaine de civils, et provoqué l’exode de plus de 130.000 personnes.

Avec cet assaut, la Turquie cherche à contrôler des secteurs du nord de la Syrie et à y établir une «zone de sécurité» de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires aux mains des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de «terroriste» par Ankara.

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