Syrie : au moins 29 soldats turcs tués dans des frappes aériennes – Le Monde

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La ville de Saraqeb, dans la province d’Idlib, le 27 février.

La ville de Saraqeb, dans la province d’Idlib, le 27 février. OMAR HAJ KADOUR / AFP

Au moins vingt-neuf soldats turcs ont été tués en Syrie, jeudi 27 février, au cours d’attaques aériennes menées par le régime de Damas et ses alliés dans la région d’Idlib. Ankara a riposté en visant des positions tenues par les troupes de Bachar Al-Assad. L’OTAN, dont la Turquie est membre, a condamné « les frappes aveugles du régime syrien et de son allié russe ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est entretenu avec le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu. Il a appelé Damas et Moscou à « cesser leur offensive », et « exhorté toutes les parties à une désescalade de cette situation dangereuse, et à éviter que ne s’aggrave davantage la situation humanitaire épouvantable dans la région ».

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Trente-six militaires turcs ont par ailleurs été blessés dans des frappes aériennes – attribuées au régime de Damas –, qui ont visé cette région du nord-ouest de la Syrie. Les blessés ont été rapatriés dans leur pays pour y être hospitalisés, a déclaré Rahmi Dogan, le gouverneur de la province turque de Hatay, frontalière de la Syrie.

La présidence a annoncé que l’armée turque bombardait dans la nuit de jeudi à vendredi des positions du régime de Bachar Al-Assad en représailles à la mort de ses soldats. « Toutes les positions connues du régime [syrien] ont été prises sous le feu de nos unités terrestres et aériennes », a affirmé le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun dans un communiqué. Il a par ailleurs exhorté la communauté internationale, y compris la Russie et l’Iran, parrains de Damas, à « prendre leurs responsabilités » pour « faire cesser les crimes contre l’humanité que commet le régime ».

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Fossé entre Ankara et Moscou

Un nouveau round de pourparlers entre Russes et Turcs visant à trouver une issue à la crise d’Idlib s’est achevé jeudi à Ankara, sans annonce d’un résultat concluant.

Les lourdes pertes essuyées par Ankara jeudi interviennent après des semaines d’escalade à Idlib entre les forces turques et celles du régime de Bachar Al-Assad, qui se sont affrontées à plusieurs reprises. Ces bombardements meurtriers, qui portent à au moins 49 le nombre de militaires turcs tués à Idlib en février, risquent en outre de creuser un fossé entre Ankara et Moscou, principal soutien du régime syrien.

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Avec le soutien de l’aviation russe, Damas a déclenché en décembre 2019 une offensive pour reprendre Idlib, dernier bastion rebelle et djihadiste de Syrie. Ces dernières semaines, le régime et son allié russe ont repris plusieurs localités dans cette province frontalière de la Turquie.

Cependant, les groupes rebelles, dont certains sont appuyés par Ankara, ont contre-attaqué et repris jeudi la ville stratégique de Saraqeb, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Ils coupent ainsi de nouveau l’autoroute M5 reliant la capitale Damas à la métropole d’Alep (Nord).

« Cessez-le-feu humanitaire » resté lettre morte

Les membres occidentaux du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) ont réclamé un « cessez-le-feu humanitaire », resté lettre morte face au refus de Moscou. Sept civils, dont trois enfants, ont péri jeudi dans des bombardements syriens et russes sur la province d’Idlib, selon l’OSDH.

Depuis décembre 2019, plus de 400 civils ont été tués dans l’assaut, selon l’OSDH, et plus de 948 000 personnes, dont plus d’un demi-million d’enfants, ont été déplacées d’après l’ONU.

Si la Turquie s’intéresse d’aussi près à Idlib, c’est notamment parce qu’elle redoute un nouvel afflux de réfugiés sur son sol, où quelque 3,6 millions de Syriens vivent déjà. Dans le cadre d’un accord conclu en 2016 avec l’Union européenne, le pays s’est engagé à empêcher les passages de migrants vers l’Europe, notamment via la Grèce.

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Mais jeudi, le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir), Omer Celik, a affirmé que la Turquie n’était « plus en mesure de retenir » les migrants qui voudraient se rendre en Europe, tout en soulignant que la politique migratoire d’Ankara n’avait « pas changé ».

Le Monde avec AFP

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