KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images

Auditionnée une deuxième fois ce jeudi au Parlement européen, Sylvie Goulard n’a pas convaincu les eurodéputés qui l’ont recalée pour le poste de commissaire européenne.

POLITIQUE – C’est bien évidemment un coup très dur pour la principale intéressé. Mais cette décision du Parlement européen est également un camouflet pour Emmanuel Macron. Sylvie Goulard a été recalée, jeudi 10 octobre, pour le poste de commissaire européenne. 

Proposée par le président de la République (malgré les réticences de François Bayrou dont elle a été proche avant de s’éloigner) et adoubée par la présidente de la Commission Ursula van der Layen, elle aurait dû obtenir un vaste portefeuille économique.

Mais l’éphémère ministre de la Défense d’Emmanuel Macron n’a pas obtenu l’aval des eurodéputés qui devaient confirmer sa nomination. Ils ont dit non à 82 voix contre 29, dont seulement une dizaine hors du groupe Renaissance où siègent les eurodéputés LREM. Dans un tweet, elle a pris acte de la sentence. 

C’est la première fois qu’un postulant français est ainsi rejeté; plusieurs membres de l’opposition ont vite accusé Emmanuel Macron d’avoir maintenu une candidate en sursis ce qui affaiblit, selon eux, la position de la France sur la scène européenne.

Sylvie Goulard plombée par les affaires

Elle n’a pas été suffisamment convaincante sur le sujet des affaires qui lui avait déjà coûté en juin 2017 sa place au gouvernement. A l’issue d’une première audition il y a une semaine, les parlementaires lui avaient demandé des précisions par écrit avant de l’auditionner une seconde fois ce jeudi. Dans les trois cas, elle a répondu qu’elle ne démissionnerait pas automatiquement en cas de mise en examen dans l’affaire dite des emplois fictifs du Modem au Parlement européen.

Sylvie Goulard n’a pas non plus donné suffisamment de détails sur son travail fourni entre 2013 et 2016 (alors qu’elle était eurodéputée) pour l’institut Berggruen, un think-thank fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen. Dans les deux cas, l’Olaf ( l’office anti-fraude de l’UE) est saisi pour enquêter. 

Emmanuel Macron va désormais devoir proposer un autre nom, de préférence féminin pour ce poste. Cela fera l’objet d’échanges à venir avec la présidente de la Commission.

En attendant, l’Elysée prend acte de la décision mais des proches du chef de l’État accuse les formations politiques européennes. Stéphane Séjourné qui a dirigé la campagne LREM des européennes et qui préside désormais la délégation macroniste à Bruxelles estime que Sylvie Goulard “a été très clairement otage de jeux politiques nationaux et européens”. “Cela montre que depuis le début, il n’a jamais été question de ses compétences. Les ressentiments ne doivent pas écrire la politique européenne”, déplore l’ancien conseiller du président de la République.

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