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StopCovid : l’application n’est pas disponible à l’heure prévue en France – JDN

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StopCovid : l'application n'est pas disponible à l'heure prévue en France [STOPCOVID] L’application de contact tracing devait être publiée à midi sur les Google Play Store et AppStore.

[Mise à jour du 2 juin 2020 à 12h45]  Petit couac au démarrage pour StopCovid, l’application de contact tracing lancée par le gouvernement. Contrairement à ce qui était annoncé, l’application n’est toujours pas disponible au sein de l’AppStore ou du Google Play Store. Ce plus de 45 minutes après la date butoir de midi. Un simple retard à l’allumage ou un problème plus profond ? Le gouvernement, qui avait annoncé que l’application serait disponible au téléchargement ce 2 juin à midi, ne s’est pas exprimé pour le moment. Mais il ne serait pas le premier à rencontrer un tel désagrément. Le lancement de l’application Disney+, annoncé pour minuit , avait lui été décalé de quelques heures. L’application n’était pas tout de suite disponible sur les stores d’application. L’Inria, qui est en charge du projet, vient de confirmer à un journaliste de RTL que la mise à disposition de l’application StopCovid était bien confirmée ce jour. “Elle est en cours d’implémentation sur les stores, ce qui nécessite encore quelques manipulations techniques”, justifie-t-on.

StopCovid est un projet qui s’inscrit dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire lié à l’épidémie du coronavirus et, plus particulièrement, de la stratégie de déconfinement que le gouvernement français veut mettre en place à partir du 11 mai. Ce projet, à l’étude, consisterait en une application pour smartphone destinée à “limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission”, selon les propos du secrétaire d’Etat au numérique Cédric O, interrogé par Le Monde. En clair, d’être en capacité de prévenir les personnes qui ont été en contact avec une personne testée positive, de façon à ce que ces personnes puissent être elles-mêmes testées et qu’elles se confinent le plus rapidement possible, si besoin, voire qu’elles soient prises en charge. 

Les premières captures d’écran de l’application StopCovid. © S. de P. Ministère de l’Economie et des Finances

On parle ici de contact tracing, soit la recherche de toutes les rencontres faites par une personne contaminée. Le projet, avalisé sous conditions par la Cnil, doit être voté par l’Assemblée nationale ce 28 avril. A noter que le gouvernement réfléchit à une alternative pour les 13 millions de Français qui n’ont pas de smartphone. “Nous travaillons sur diverses possibilités d’aide à l’équipement, ou à des alternatives aux smartphones pour ceux qui n’en disposent pas”, a précisé Cédric O. L’installation de StopCovid ne sera pas obligatoire.

L’application StopCovid s’inscrit dans la stratégie plus globale de déconfinement que le gouvernement français a mis en place à partir du 11 mai. Elle serait donc disponible dans les stores d’application, Apple Store et Google Play Store, dans les jours à venir. Edouard Philippe a annoncé qu’elle serait disponible dès le 2 juin. 

Proposé par le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, StopCovid est au centre d’un projet européen mené par 130 institutions, laboratoires de recherches et entreprises travaillant dessus, pour développer ce qui s’appelle le PEEP PT (pan europen privacy preserving proximity tracing). A noter que l’Allemagne et la Suisse, initialement moteur du projet, se sont retirés, préférant opter par la solution proposée par Apple et Google. Le gouvernement allemand a dénoncé le fait que l’application de traçage envisagée avait recours à un serveur qui centralise toutes les données. En France, c’est l’Inria qui pilote, sous la supervision du gouvernement, la task force française composée de chercheurs et développeurs issus du public comme du privé. Dans le lot, l’Anssi, Capgemini, Dassault Systèmes, l’Inserm, l’Institut Pasteur, Orange et Santé Publique France. Mais aussi 16 entreprises dont Withings, Lunabee Studio et des start-up issues de la french tech comme BoforCure, C4Diagnostic, Enalees, Lifen, NamR ou encore Semeia. A noter qu’une application complètement indépendante de ce projet mais à la visée identique, Coalition, a déjà été publiée en anglais le 14 avril sur le Play Store (Android) et peut déjà être téléchargée en France. Ses concepteurs pourraient contribuer aux développements en cours chez les autorités françaises et européennes.

L’installation de l’application ne sera pas obligatoire, elle doit se faire volontairement. “Lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique”, a expliqué Cédric O. L’application Stop Covid fonctionnerait grâce au bluetooth. Il ne s’agit donc pas de géolocaliser les personnes mais de retracer l’historique de leurs interactions sociales les jours précédents une contagion. “Ce n’est pas une application qui trace vos déplacements”, a tenu à rassurer Cédric O. Et de préciser qu’il n’y aurait “aucune consultation extérieure ni transmission de données”. “Un certain nombre de paramètres sont pris en compte sur l’ergonomie pour que l’application soit simple à utiliser et accessible aux personnes en situation de handicap”, a tenu à rassurer Cédric O.

Le 10 avril, Apple et Google ont annoncé travailler ensemble à une évolution de leurs systèmes d’exploitation (OS) afin d’insérer le suivi de contact numérisé dans tous leurs téléphones et permettre, par la suite, à diverses applications de tracing de fonctionner. Une annonce qui n’a franchement pas réjoui Cédric O, lequel a expliqué au JDD préférer que l’Etat français se charge de tout. Le problème c’est que la solution française se heurte aux limites d’IOS et d’Android. Ces deux systèmes d’exploitation ne permettent en effet pas aux applications tierces d’utiliser le bluetooth (indispensable au contact tracing) de manière permanente quand l’application est en tâche de fond. Si Cédric O a indiqué avoir sollicité une dérogation, auprès d’Apple notamment, sa demande est pour l’instant restée lettre morte. Et il y a de fortes chances que les choses n’évoluent pas positivement, vu qu’Apple et Google veulent désormais pousser pour leur propre solution. Une solution qui a l’avantage de ne stocker les informations que dans les téléphones eux-mêmes, et non pas dans un serveur centralisé, comme l’ont souligné les Allemands et les Suisses.

L’instance de défense de la vie privée des Français, la Cnil, a été saisie d’une demande d’avis par le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O, quant à ce projet d’application StopCovid. Les membres du collège de la Cnil se sont prononcés le 24 avril dernier et ont estimé, que dans le contexte exceptionnel de gestion de crise, “le dispositif était conforme au Règlement général sur la protection des données (RGPD) si certaines conditions sont respectées”.  La Cnil précise toutefois qu’il est indispensable que la non-utilisation de l’application n’ait pas de conséquences négatives, notamment en ce qui concerne l’accès aux tests et aux soins. L’installation de l’application ne doit pas non plus conditionner l’accès à certains services, comme les transports en commun. La CNIL souligne également que l’application ne peut être déployée que si son utilité est suffisamment avérée et qu’elle est intégrée dans une stratégie sanitaire globale. Elle insiste sur la nécessaire sécurité du dispositif et fait des préconisations techniques. 

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