SNCF : un « droit de retrait » qui laisse des traces – Le Monde

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Le trafic des trains régionaux restait perturbé, lundi, en particulier dans la région Grand-Est, après un conflit social surprise en début de période de vacances.

Par Publié aujourd’hui à 10h26, mis à jour à 11h03

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De gauche à droite, Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat aux transports, Edouard Philippe, premier ministre, et Guillaume Pepy, président de la SNCF, le 19 octobre, à la gare de l’Est, à Paris.

Après trois jours d’un arrêt de travail surprise des cheminots, le trafic SNCF était en phase de reprise à l’échelle nationale, lundi 21 octobre. Les TGV à bas prix Ouigo, dont le trafic avait été très perturbé pendant le week-end du samedi 19 et dimanche 20 octobre, circulaient tous de nouveau, de même que les TGV classiques. La circulation s’était également normalisée sur l’ensemble des lignes du réseau Transilien des RER et trains de banlieue d’Ile-de-France.

Mais des perturbations parfois très gênantes pour les voyageurs perduraient lundi matin. Dans les trains régionaux TER, trois trains sur quatre circulaient en début de journée, lundi, avec de fortes disparités. Les difficultés se concentrant dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val de Loire et, surtout, Grand-Est. Dans les départements de l’ancienne région Champagne-Ardennes, aucun train ne circulait lundi. Du côté des trains Intercités, les perturbations étaient moins fortes (quatre trains sur cinq), même si aucun train de nuit n’était prévu entre lundi et mardi 22 octobre.

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a annoncé, dimanche soir, sur Franceinfo, que les billets seraient remboursés « à 100 % », y compris ceux normalement non remboursables. Un fonds d’indemnisation de 1 million d’euros pour les voyageurs va être mis en place. Il est destiné aux personnes ayant subi « des dommages exceptionnels », notamment ceux qui ont dû acheter d’autres billets de transport ou se loger à l’hôtel.

Cette bataille sociale devrait laisser des traces. D’abord, parce qu’elle a généré de fortes tensions entre la direction, soutenue par le gouvernement, et les syndicats, sur la question du « droit de retrait » invoqué par les salariés pour cesser le travail après un accident de TER survenu le 16 octobre dans les Ardennes (la grave collision d’un autorail TER avec un convoi routier à un passage à niveau a fait douze blessés et a endommagé des organes d’alerte essentiels de l’engin). Le premier ministre, Edouard Philippe, a dénoncé, samedi, un « détournement du droit de retrait, qui s’est transformé en grève sauvage » et a « demandé à la SNCF d’examiner toutes les suites qui pouvaient être données, et notamment judiciaires ».

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