Selon l’OMS, le bilan du Covid-19 est largement sous-estimé et l’épidémie a fait plus de six millions de morts dans le monde – Le Monde

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Au cimetière Sao Francisco Xavier à Rio de Janeiro au Brésil, le 30 avril 2021.

Le bilan officiel mondial des dégâts sanitaires du Covid-19 sous-estime fortement la mortalité liée à la pandémie. C’est l’un des messages-clés du rapport publié, vendredi 21 mai, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : selon le service statistique de l’institution onusienne, la surmortalité réelle liée au nouveau coronavirus serait deux à trois fois supérieure aux chiffres agrégés fournis par ses Etats membres.

Début mai, le bilan officiel de la pandémie s’élevait à un peu plus de trois millions de morts dans le monde : ce sont donc en réalité, selon Samira Asma, sous-directrice générale chargée des données à l’OMS, « environ six millions à huit millions » de personnes qui ont déjà succombé au Covid-19 ou à ses effets collatéraux. Le choc sanitaire est plus fort qu’escompté. Dans certains pays parmi les moins avancés, l’espérance de vie pourrait perdre deux à trois ans, estime l’OMS.

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Frappants, ces chiffres confortent d’autres analyses rendues publiques au cours des dernières semaines, à l’instar de celle de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’université de Washington. Au 13 mai, l’IHME estimait à environ 7,1 millions de morts le bilan réel de la pandémie, depuis l’apparition du premier foyer de Covid-19, en décembre 2019 à Wuhan (Chine). De son côté, l’hebdomadaire britannique The Economist a conduit sa propre évaluation et estime qu’au 15 mai, la pandémie avait provoqué entre 7 millions et 13 millions de morts au niveau mondial.

La sous-estimation est massive

Toutes ces estimations reposent sur l’analyse de la mortalité en excès relevée depuis début 2020, par rapport aux niveaux moyens historiques récents, et non sur les seules notifications officielles de décès dus au Covid-19. Dans de nombreux pays, le système de santé n’est en effet pas suffisamment performant pour pouvoir attribuer une cause précise à chaque mort ; parfois les statistiques nationales sont simplement trop défaillantes pour discriminer les causes de décès.

« Il existe un manque important de données en Afrique, en Méditerranée orientale, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, régions pour lesquelles un peu plus de 360 000 décès totaux par Covid-19 ont été signalés [pour l’année 2020], lit-on dans le rapport de l’OMS. Seuls seize des 106 Etats membres qui composent ces régions disposent de données suffisantes pour calculer empiriquement la surmortalité. » La sous-estimation est massive.

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