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Seine-Saint-Denis: le lycée sous le choc après le deuxième meurtre d’un élève en moins de deux mois – Le Parisien

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Un établissement sous le choc. En quelques semaines, le lycée technologique d’Alembert, à Aubervilliers, a perdu deux de ses élèves. D’abord Kewi, ce jeune de 15 ans poignardé à mort le 4 octobre aux Lilas. Puis Djadje, 19 ans, qui a succombé ce week-end à ses blessures, après avoir reçu un coup de couteau mortel dans la nuit du 17 au 18 novembre à Saint-Ouen. Une enquête pour homicide a été confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis.

Dès lundi après-midi, des enseignants du lycée ainsi que les deux conseillers principaux d’éducation (CPE) ont indiqué qu’ils « exerçaient leur droit de retrait. » Ce mardi, des cours ont de nouveau été annulés.

Ils évoquent leur «détresse psychologique»

« On veut que l’institution reconnaisse la détresse psychologique dans laquelle on est lorsqu’on reçoit des informations comme celles-là. Pour un enseignant, un surveillant ou un personnel de loge, ce n’est pas rien d’apprendre qu’un deuxième élève a été assassiné », explique l’une des enseignantes en grève.

Elle évoque aussi « ces autres situations de violence » auxquelles ont dû faire face d’autres élèves récemment. « C’est nous qui devons recueillir leur parole et c’est très compliqué à gérer. On n’a pas les moyens humains, professionnels et psychologiques, pour cela. »

Djadje Traoré, 19 ans, a été tué à Saint-Ouen. DR
Djadje Traoré, 19 ans, a été tué à Saint-Ouen. DR  

Depuis lundi, certains enseignants n’ont pas fait cours du tout, d’autres ont simplement accueilli les élèves et échangé avec eux au sujet de ces deux décès — aucun lien n’a été fait à ce stade par les enquêteurs entre les deux affaires.

«Pour l’amour de Djadje»

« Hier (NDLR : lundi), ils nous ont dit qu’ils ne feraient pas cours, pour l’amour de Djadje et pour marquer le coup », témoigne un élève de terminale.

« Je comprends les profs. Il y a trop de morts, souffle également Rayan, 15 ans, en seconde. On se dit que ça peut nous arriver aussi. Ces histoires de quartier, ça va trop loin… » L’un de ses camarades, Louis, connaissait notamment Kewi. « Il était gentil, on n’a pas compris ce qui s’était passé. Tout ça, c’est grave. »

Kewi Yikilmaz, 15 ans, a été tué aux Lilas. DR
Kewi Yikilmaz, 15 ans, a été tué aux Lilas. DR  

«Des collègues émus et dépassés»

« Nos collègues sont émus et dépassés. Deux décès dans le même établissement en deux mois. C’est délirant… » réagit Gabriel Lattanzio, professeur au lycée Paul-Robert des Lilas et délégué Snes-FSU.

« Il faut s’interroger sur les raisons qui poussent de plus en plus de jeunes de 15 ans à se mettre des coups de couteau », poursuit celui qui est à la tête d’une mobilisation qui a duré plus de six semaines dans son établissement.

Depuis la mort de Kewi, une cellule d’écoute est toujours mise en place à l’intérieur de l’établissement d’après le rectorat de Créteil.

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