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Ségolène Royal : ses «désirs d’avenir» pour la présidentielle 2022 – Le Parisien

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Il n’est pas rare de l’apercevoir en intenses cogitations avec sa petite équipe d’élus dans un restaurant en vogue du XVe arrondissement de Paris. Quand elle ne les convie pas chez elle, comme elle l’a fait ce dimanche, pour partager une galette des rois et deviser politique. Voilà Ségolène Royal repartie en campagne, comme aux plus belles heures de sa vie politique.

Cap sur la présidentielle? L’actuelle ambassadrice des Pôles — le temps que l’exécutif mette officiellement fin à ses fonctions, d’ici quelques jours — dissimule à peine son ambition. « Je regarde ce qu’il se passe. Ma parole politique pèse, j’assume cette responsabilité. La France mérite mieux que ce qu’elle vit aujourd’hui », nous confiait-elle il y a peu, convaincue que Marine Le Pen peut l’emporter en 2022 si elle affronte de nouveau Emmanuel Macron au second tour.

« Il faut sortir de ce duel mortifère », plaide le « royaliste » Luc Carvounas, ancien soutien de Manuel Valls qui épaule désormais l’ancienne ministre de l’Ecologie. Et le même d’appeler le PS à ne pas tergiverser : « Quand on est à 6 %, on arrête de se tirer la bourre et on prend les meilleurs ! »

Le remake de 2007 ? En animal politique, Royal reproduit la méthode qui lui avait réussi en 2006, lorsqu’elle avait pris de vitesse les « éléphants » du PS, dont François Hollande, alors son compagnon, pour s’imposer comme la candidate de son camp.

«Elle sera incontournable, ils ne pourront pas l’éviter»

Cette fois, c’est Bernard Cazeneuve qu’elle tente de coiffer au poteau. Après avoir fait son retour en septembre avec le « serment de Maurassan » depuis l’Hérault, l’ancien Premier ministre s’est montré fort silencieux durant la secousse sociale des retraites. Une discrétion qui n’a pas échappé à Royal. « Une faute politique », juge même l’un de ses soutiens.

Pour s’échauffer, l’ancienne ministre de l’Environnement s’est lancée dans une tournée de soutien aux candidats aux municipales. Après Toulouse (Haute-Garonne) le week-end dernier, elle sera ce vendredi à Ris-Orangis (Essonne), puis à Marseille (Bouches-du-Rhône) auprès de la sénatrice Samia Ghali jeudi 23 janvier, avant sans doute Montpellier. « Elle est candidate et elle a raison!, lance un député de la majorité, qui ne l’apprécie pourtant guère. Il n’y a personne à gauche, même Cazeneuve n’occupe pas l’espace, il a laissé la place. Elle sera incontournable, ils ne pourront pas l’éviter. »

Les observateurs avisés ont aussi relevé qu’elle avait gauchi son discours depuis peu, empruntant volontiers au vocabulaire mélenchoniste sur « l’élite financière mondialisée ». Comme si elle cherchait à préempter un électorat de gauche en jachère. Jusqu’alors, Royal était plutôt considérée comme le vilain petit canard droitier du PS… « On s’est recentrés », confesse l’un des proches.

Elle répond point par point à l’enquête qui la vise

Ce mercredi, le parquet national financier a toutefois annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire sur l’usage qu’elle a fait de l’enveloppe qui lui était allouée dans le cadre de sa mission d’ambassadrice — bénévole — des pôles. La justice cherche à savoir si ces moyens auraient pu être utilisés à des fins de promotion personnelle.

Ce à quoi elle a répondu point par point sur Facebook, jugeant cette enquête « parfaitement légitime dans une démocratie où la transparence sur l’utilisation des fonds publics est de rigueur ». Ajoutant aussitôt : « Les règles de rigueur qui s’imposent ont été parfaitement respectées. »

Pas de quoi freiner ses ambitions, bien au contraire. Chez ses fidèles, on répète qu’on « cherche à la faire taire » au moment où elle hausse le ton contre Emmanuel Macron. Car ce rebondissement judiciaire intervient au lendemain des révélations sur son prochain limogeage de ses fonctions d’ambassadrice par le gouvernement. De quoi alimenter les pires thèses complotistes. « Il n’y a pas chez nous de cabinet noir! » rétorquent avec force les soutiens du chef de l’Etat.

Au sein de la macronie, on regarde avec une pointe de sarcasme les ambitions de Royal. Un conseiller ministériel ricane : « Elle s’est branchée elle-même sur la machine à oxygène ! »

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